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Mécanisme d’action des acides aminés dans les différentes variétés d’anémie
La théorie de l’aminothérapie anti-anémique, est basée sur l’apport à l’organisme des matériaux de synthèse de l’hémoglobine.
Dans sa thèse, Pierre Sassard, qui rappelle les travaux de Fontès et Thivolle, montre que le tryptophane est la base de l’hématine, et l’histidine la base de la globine. La carence en hémoglobine se ramènerait donc pour ces auteurs à une carence en tryptophane, en histidine, ou à une double carence en ces deux acides aminés.
Une telle conception semble exacte, mais incomplète. La molécule d’hémoglobine est complexe et constituée par un grand nombre d’acides aminés. Il ne semble pas logique de faire un choix parmi ceux-ci et d'apporter à l’organisme des acides dits nobles, à l’exclusion des autres composants de l’hémoglobine.
D’après les recherches modernes, la composition en acides aminés de l’hémoglobine serait la suivante :
Leucine et Isoleucine .......... ï.at@die % Lysine et Histidine ...........:. 16 % Acide: Aspartique.... issus: 44 % DHÉASEAMAMIRE Lin es rire. 4,2 D LÉ NE RE 3,2 % AFAnMenEETEN. 5.1 AREA SOIR: 3,1 % Ibn Ref, CR Lt RO: 4,92 % ERTRIONRAUE PAIE! DUR, EU 1,3 % DrOIMETRIeNON IDC HO 2 70 Pivaroeyprohne”, /Y.5, A0. : rP0 AGE EutaMiqUe UNSS. Tes:
SÉFINO Sr MON 2e 2 0,6 FRS TS TON ARR 0,3 %
(Schmidt, C.L. A. Chemistry of the aminoacids and protéins. Springfield, Illinois, Charles C. Thomas, 1938).
Lcrsqu’on désintègre par des ferments protéolytiques les globules rouges d’un animal, on obtient entre autres produits ces acides aminés. Parmi ceux-ci l’histidine et le tryptophane sont indispensables à la synthèse de l’hémoglobine, mais les autres acides ne doivent pas être négligés.
Dans les conditions ordinaires, ces différents acides aminés nous sont fournis par l’alimentation, mais cet apport peut être insuffisant dans trois cas :
1° Les aliments ingérés sont pauvres en acides aminés.
2° Les aliments sont ingérés en quantité insuffisante.
3° Les sucs digestifs sont impuissants à les dégager des molécules complexes qui les renferment.
Ce dernier cas répond schématiquement à l’anémie pernicieuse, ou maladie de Biermer; les deux premiers cas répondent surtout aux anémies d’origine alimen- ‘taire, qui nous intéressent tout particulièrement en ce moment.
L'administration d'acides aminés hématogènes à des sujets en état d’anémie latente ou fruste, par suite de leur alimentation défectueuse, a une double action :
a) Elle facilite la régénération globulaire, augmentant le nombre des hématies et la richesse de celles-ci en hémoglobine.
b) Elle compense les effets organiques généraux de la carence en acides aminés. En effet on a constaté, chez des sujets jeunes, que cette carence entraîne des troubles du développement; à ce point de vue, les acides aminés apparaissent comme aussi utiles que les vitamines.
Üne troisième action resterait à envisager, d’un intérêt pratique secondaire, mais d’un intérêt théorique assez grand. Depuis que l’alimentation est pauvre en acides aminés, non seulement on constate des anémies plus fréquentes, mais l’on a vu dans les consultations hospitalières de gastro-entérologie, augmenter la fréquence des ulcères de l’estomac.
Nous ne ferons que rappeler ici les travaux de l’école de Strasbourg (Blum, Aron et leurs collabora-teurs), sur le traitement des ulcères de l’estomac par
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les acides aminés. Cette augmentation de fréquence de Janémie et de l’ulcus gastrique, n’en reste pas moins intéressante et apporte une preuve nouvelle des rapports qui existent entre l’équilibre de la formule sanguine et le fonctionnement de l’appareil digestif,
En conclusion de ce qui précède, nous croyons donc que l’on peut considérer l’administration de la totalité des acides aminés hématogènes, comme une thérapeutique véritablement physiologique des anémies dues à la carence en acides aminés. On pourrait presque dire que ces acides administrés par voie buccale constituent un véritable aliment de remplacement. Des travaux d'auteurs anglais semblent confirmer ces vues. Davidson, Fullerton et Campbell ont étudié la teneur en hémoglobine du sang de 3.500 individus de tous les âges et des deux sexes; ils ont constaté que l’anémie est plus fréquente chez le jeune enfant et chez la femme que chez l’homme et, surtout, dans la classe pauvre. Helen M.-M. Mackay étudiant dans le milieu hospitalier la teneur en hémogiobine du sang de la femme enceinte ou de la femme ayant un nourrisson, montre qu’il y a une relation très nette entre la teneur en hémoglobine et le niveau social, l’anémie paraissant liée à la mauvaise alimentation des classes pauvres. Il ne semble donc pas douteux qu’il soit justifié d'appeler un grand nombre d’anémies : anémies d'origine alimentaire.
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Les anémies peuvent être classées de différentes facons, en se basant soit sur leurs symptômes cliniques, soit sur leur. étiologie ou leur pathogénie, soit encore sur leur formule hématologique. Il nous semble, dans ce qui va suivre, plus clair de les diviser un peu schématiquement en :
1° Anémies-maladies.
2° Anémies-symptômes.
Cette division, peut-être moins scientifique en apparence, répond de plus près à la pratique courante.
Les premières sont les anémies qui amènent les malades à consulter.
Les secondes sont des découvertes d'examen, examen clinique ou même hématologique.
Cette division coïncide d’ailleurs avec les données hématologiques :
Les anémies-maladies sont pour la plupart des anémies hyperchromes, et les anémies-symptômes des anémies hypochromes. Nous retrouvons donc à peu près la classification adoptée par Jean Cheymol dans son travail consacré aux « Médicaments antianémiques et anémies expérimentales ».