‹ Étude clinique de la chute du cordon ombilicalChapitre 6 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Voici la méthode que nous avons suivie dans nos recherches :

Nous sommes parti de l’inconnu, n’admettant, par principe, aucune assertion antérieure comme exacte ; restant en particulier dans le doute au sujet des diverses influences que peuvent avoir sur l’évolution et la chute du cordon le poids de l’enfant à la naissance et sa progression dans les premiers jours, le volume du cordon, l’état général et la nutrition de l'enfant.

Nous avons pensé d’ailleurs que, pour une étude de ce genre, il suffisait de réunir des éléments comparables entre eux, et qu'il n’était pas nécessaire pour cela de limiter nos observations à une catégorie spéciale d'enfants : sans doute, et nos chiffres sont là pour le prouver, la majorité des nouveau-nés pèsent de 3 à 4 kilogr. mais il y en a, et le nombre n’en est pas négligeable, qui, bien constitués et vigoureux, pèsent moins de 3 kilogr.Rien ne nous autorise à les éliminer de nos observations.

Parmi ces enfants petits, quelques-uns peuvent être exceptionnellement considérés comme prématurés bien que nés très près du terme : 5 ou 6 sont dans ce cas parmi ceux que nous avons observés; ce n’est pas une négligence de notre part; il se trouve parmi les enfants de petite espèce, des poids inférieurs à ceux de certains enfants nettement prématurés, et nous avons pensé que quelques cas d'enfants nés près du terme, choisis dans ces conditions favorables :

poids égal au moins à celui d'enfants de petite espèce, et apparence vigoureuse, pourraient se prêter à quelques considérations intéressantes.

Mais nous avons éliminé de parti pris tous les enfants dont la santé était d’avance compromise, même légèrement, soit par un accouchement artificiel ou simplement difficile, soit par une maladie de la mère, soit enfin par une tare congénitale : c’est ainsi que se trouvent éliminés, en particulier, les gros enfants sortis de gros œufs, et le nombre de nos observations d'enfants pesant plus de 4 kilogr. se trouve de ce fait réduit à 7.

Au cours de nos observations, il est survenu parfois une complication ou un accident soit à l’enfant, soit à la mère. Quand cette indisposition a été sans gravité et de courte durée, nous en avons soigneusement noté les différentes phases, recherchant ensuite sa trace possible dans la courbe des poids et jusque dans l’évolution du cordon. Mais quand une indisposition sérieuse a nécessité l'abandon de notre expérimentation, nous avons éliminé l'observation comme non comparable à une autre. |

Est-il besoin d'affirmer enfin que nous n’avons jamais supprimé aucune observation dans laquelle l’évolution du cordon eût été la seule cause de l'accident et que nous publierons dans leurs moindres détails les rares observations où l’évolution pathologique du cordon a nécessité une modification de la méthode employée jusque-là: suppression momentanée du bain, lavage répété, pansement humide.

Dans tous les cas, nous avons suivi nos observations chaque jour, pendant toute la durée du séjour de l'enfant à la Clinique, notant l’élat de la région et tous les renseigne-

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ments utiles sur l’état général de l'enfant et de la mère. Au moment où nous notions l’état actuel, nous n'avions jamais sous les yeux la relation de l’état de la veille, afin de ne pas nous laisser influencer par une impression antérieure.

Pendant le premier mois de nos observations (décembre 1899), nous ne nous sommes occupé que d’une trentaine d'enfants, limitant chaque jour le nombre de nos sujets d’élude afin d’être assuré de les voir en détail tous chaque jour. Si nous avons élé plus vite dans la suite, c’est que l'expérience nous a démontré quels étaient les points essentiels à noter, et nous avons pu ainsi suivre environ 80 enfants par mois. Nos observations ont donc duré en tout 3 mois (décembre 1899, février et mars 1900).

Comme ces observations constituent un document et non le sujet même de notre thèse,et que, par suite, elles sont destinées à être consultées plutôt que lues, nous les avons rejetées à la fin de cet ouvrage, jugeant inutile d’encombrer les premières pages d'objets que l’on passe tout d’abord, sauf à y revenir dans la suite. Mais c’est sur ces observations seules que nous nous appuierons dans tout le cours de notre travail.

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