‹ Étude clinique de la gynécomastieChapitre 10 sur 24 · SAR DER · texte numérisé non relu

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folliculine non seulement dans les testicules, mais aussi dans le sérum et l’urine de l’homme et même dans les plantes.

On peut donc se demander, si la gynécomastie n’est pas provoquée par une forte hyperfolliculinémie ?

“Enfin, il faut noter qu’il n’est pas rare de trouver la gynekhormone dans l’urine des gynécomastes atteints des tumeurs génitales (JORDAN).

Mais, hormis les testicules, les autres glandes endocrines interviennent aussi dans la genèse de la gynécomastie. L’étude des corrélations endocrino-mammaires nous semble très intéressante à retenir à ce point de vue.

C’est surtout avec l’hypophyse, pour laquelle, en dehors des ovaires, les corrélations de la glande mammaire semblent les plus évidentes.

Cette dernière glande s’atrophie rapidement lorsqu'on extirpe l’hypophyse chez une femelle qui vient de mettre bas (ALLAN, 1932, Corrre, THomson, 1933).

On a vu plusieurs fois (BAELIF, CoRaMou) des femmes acromégaliques ou atteintes d’autres tumeurs hypophysaires, présenter la sécrétion lactée en dehors de la grossesse et de la lactation. LAIGNEL-LAVASTINE avait observé ce phénomène chez une acromégalique après la ménopause.

D’autre part, CORNER est d’avis que l’hypophyse sécrète une hormone qui stimule le développement de la glande mammaire, même après castration ovarienne.

La thyroïde contracte des rapports évidents avec la glande mammaire. Cette dernière est en général peu développée au: cours du syndrôme de: Basedow chez les

ES, Poe

femmes. Par contre, son développement se trouve exagéré chez les hommes basedowiens (TROUSSEAU, VON Mixuxzicz). Mais cette hypertrophie des glandes mammaires chez les hommes basedowiens semble s’exercer par l'intermédiaire des altérations testiculaires. D’ailleurs, on a aussi observé l’hypertrophie mammaire chez l’homme au cours de l’insuffisance thyroïdienne (SAINTON et FORNET).

PENDE est d’avis que les surrénales (corticale) favorisent le développement des glandes mammaires.. Ces dernières sont hypertrophiées, non seulement chez les femmes, mais aussi chez les hommes, atteints du syndrôme hypercorticosurrénal.

La récente découverte de la prolactine par RIDDLE, BATES, GARDNER, etc., pouvait contribuer à expliquer l'apparition de la gynécomastie. Mais le rôle de la prolactine dans le développement de la glande mammaire et de la sécrétion lactée n’est pas encore süffisamment éclairé. On ne peut pas affirmer jusqu’à présent que cette hormone agit d’une facun exelusive sur la sécrétion lactée, sans influencer la croissance des glandes mammaires.

Les cas de gynécomastie en rapport avec les tumeurs chorio-épithéliomateuses génitales ou extragénitales, peuvent être expliqués par une « réaction gravidique » de la glande mammaire. La bilatéralité de l’hypertrophie, les modifications histologiques caractéristiques pour l’état de la gestation et la formation typique de colostrum, qui ont été constatées dans ces cas, semblent le prouver (Observation VIIT).

Il s'agirait donc ici, d’une action endocrine de la

CT ee

tumeur, dont la nature spéciale, permet de faire un rapprochement entre ces faits et l’action physiologique du placenta sur le développement des glandes mammaires.

Il est plus difficile d'expliquer le rapport de la gynécomastie avec d’autres tumeurs.

D’après BREDT, il se forme dans l’organisme par le développement de la tumeur et la désagrégation des cellules néoplasiques, des substances, encore mal définies, qui arrivent par une action stimulante à provoquer l’hypertrophie de la glande mammaire,

L’hypertrophie des glandes mammaires en rapport avec la cirrhose du foie semble, pour certains auteurs, s’exercer par l’intermédiaire des altérations testiculaires, si fréquentes dans cette affection. D’autres, nient l’action testiculaire (dans les quatre cas observés par PauLaA les testicules étaient normaux), et admettent que, dans cette affection, il se forme dans les humeurs des substancés stimulantes qui agissent sur d’autres organes, notamment sur la glande mammaire, qui réagit en s’hypertrophiant.

La gynécomastie des lépreux semble être due à la déficience fonctionnelle et lésionnelle des testicules, ainsi qu'aux autres troubles endocriniens en rapport avec la lèpre.

Certaines recherches ont autorisé LEVI à considérer la gynécomastie comme la manifestation d’une potentialité hétéro-sexuelle du mâle. Cette tendance hétérosexuelle resterait longtemps latente pour apparaître à un certain moment, dont le déterminisme nous échappe encore. Cette vue se base sur la coexistence de cas de

synécomastie avec un pseudo- ow véritable hermaphrodisme (UREGHIA-TEPOSU) et des malformations génitales.

MARANON considère aussi la gynécomastie au moins comme un signe d’intersexualité, sinon d’hermaphrodisme, mais il en arrive pourtant à conclure que ces troubles n’ont pas une pathogénie unique. On peut, d’après MARANON, incriminer l’hypogénitalisme, l’hyperthyroïdie ou les altérations hypophysaires, mais il reste beaucoup de cas encore inexpliqués.

Il semble que la glande mammaire a une prédisposition congénitale pour l’hypertrophie qui se produira sous l’influence d’excitations différentes, hormonales (même si elles ne sont pas spécifiques), mécaniques ou réflexes.

Ayant exposé les faits et les explications proposées, nous en voyons toute la complexité de la pathogénie de la gynécomastie, qui n’en reste pas moins obscure.

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