PAPA
Cette adénopathie nous fait rechercher s’il n’y a pas d’autres ganglions externes ou profonds qui seraient aussi augmentés de volume et en effet nous allons trouver successivement : une polyadénopathie cervicale gauche, le long de la chaîne jugulaire, avec ganglions un peu plus petits que des noisettes et un, sus-claviculaire, nettement plus gros, une adénopathie axillaire bilatérale, et une inguinale, bilatérale aussi; tous ces ganglions présentent à peu près les mêmes caractères : ils sont durs, mobiles, indolores. Il n’y a pas de ganglions abdominaux décelables.
Les ganglions trachéo-bronchiques seront recherchés par l’examen et la radio des poumons.
La rate, non palpable, est percutable sur quatre travers de doigt. Le foie est normal ainsi que le cœur.
L'examen pulmonaire va nous donner des signes très importants; à la percussion en avant il n’y a rien à signaler, mais en arrière nous trouvons une matité para-vertébrale gauche, occupant toute la hauteur des poumons; à ce niveau, à l’auscultation, nous trouvons un soufle; en dehors de cette zône la respiration est un peu rude avec quelques râles discrets de bronchite, en avant l’auscultation ne révèle absolument rien.
Le malade se plaint d’une grande gêne dans la respiration; bien souvent il est obligé de se mettre dans la position assise pour faciliter cette respiration, en particulier la nuit il dort ainsi. Il n'existe pas de de tirage sus ou sous sternal, il n’y a ni crachats, ni toux.
On note en outre des signes nerveux consistant en diplégie faciale totale, strabisme externe apparu en même temps que l’adénopathie cervicale, signe de Charles Bell.
La déglutition est difficile ainsi que la parole.
Les réflexes tendineux et cutanés sont normaux; les pupilles réagissent normalement à la lumière, il n’y a ni Babinski ni troubles de la marche,
Le malade se plaint aussi d’une céphalée frontale continue, de somnolence et présente des vomissements sans effort, en fusée, survenant aussitôt après l’absorption des aliments.
Il a maigri de 4 à 5 kgs en l’espace de trois semaines, il n’a pas d’appétit et ressent une fatigue générale.
Il n’y a pas de température; pas de prurit; ni sucre hi albumine dans les urines. |
ES
L'examen radiographique montra de face une ombre verticale occupant toute la hauteur et la moitié du poumon gauche, débordant légèrement à droite. Pas de lésions parenchymateuses. En oblique, l'espace clair postérieur est remplacé par une ombre discontinue, ganglionnaire, accentuée dans la partie supérieure.
L'examen du sang donna le résultat suivant :
Hématies .... 3.620.000 Polynucléaires neutrophiles .... 72 %
Leucocytes ... 6.000 — eosinophiles .... 2%
Hémoglobine . 80 % Mononucléaires ...........,.. 11 Éymphocytes REC: 15
Le B. W. était négatif.
Une biopsie fut pratiquée et l'examen histologique montra un infiltrat lymphoïde considérable, des couronnes de cellules épithélioïdes et géantes avec nodules de caséification centraux, revêtant la forme de tuberculose folliculaire typique.
Le bacille de Koch a été trouvé en abondance.
On n’a pas pu déceler des cellules de STERNBERG ni aucune réaction tissulaire pouvant évoquer la lymphogranulomatose maligne. L'évolution s’est faite très rapidement; le malade décédait le 1° juillet, un mois après sa sortie de l'hôpital, présentant des étouffements et une dyspnée intense.
Dans cette observation nous relevons quelques symptômes sur lesquels nous insisterons tout particulièrement en faisant le diagnostic positif de la lymphadénie tuberculeuse ce sont : l'association adénopathie cervicale, adénopathie médiastinale; l’atteinte profonde de l’état général, l’évolution rapide.
Malheureusement nous n’avons pu préciser exactement les circonstances dans lesquelles la mort est survenue; le malade avait encore nettement maigri, les étouffements étaient devenus de plus en plus fréquents, la dyspnée continuelle, et ce serait au cours d’une crise de dyspnée intense qu'il serait mort. Il ne paraît pas y avoir eu généralisation
tuberculeuse,