OBSERVATION IT
M. O.., âgé de 36 ans, vient consulter le 29 juin 1932 pour une volumineuse tumeur de la région cervicale gauche ne s’accompagnant pas de troubles fonctionnels.
Ce malade ne présente aucun antécédent héréditaire, collatéral ou personnel. :
Le début de cette tumeur paraît remonter à deux mois; à ce moment, le malade constata la présence d’une petite boule de la grosseur d’une noisette qui très rapidement augmenta de volume, cette évolution s’est faite, accompagnée d’une température qui, parfois oscillait entre 38° et 39°, parfois aussi n'était que vespérale, atteignant 38°.
Cependant l’état général était excellent, le malade avait bon appétit, ne se sentait pas fatigué, n'avait pas maigri; c’est uniquement parce que cette tumeur avait atteint un volume considérable qu'il se décida à venir consulter.
A l'examen, il présente une très volumineuse adénopathie dans les régions sous-maxillaire et cervicale gauches, adénopathie de la grosseur de deux poings, mobile sur les plans profonds, indolore et d’une dureté ligneuse; la peau à son niveau est tout à fait normale, sans rougeur ni augmentation de la chaleur locale.
Il n’y a pas d’adénopathie cervicale droite, pas d’adénopathie axillaire gauche, discrète adénopathie axillaire droite.
Dans les régions superficielles inguinale, et profonde abdominale, il n'y a rien à signaler.
L'examen pulmonaire révèle à la percussion une matité postérieure para-vertébrale s'étendant sur une assez grande hauteur avec à ce niveau et à l’auscultation un souffle; en dehors de cette région, la respiration est normale en avant comme en arrière.
L'appareil cardiovasculaire ne présente aucun trouble.
Le foie ne déborde pas les fausses côtes et n’est pas douloureux.
La rate est augmentée de volume; elle est percutable sur 4 travers
(1) Cette observation nous a été communiquée par M. le Docteur MaLieT, Electro-radiologiste des Hôpitaux, Chef du Service de Curiethérapie, à Tenon. Nous tenons à le remercier de sa grande obligeance.
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de doigt mais surtout elle est très nettement sentie au cours de l’inspiration et facilement palpable.
Sur la peau, dans la région dorsale, en particulier, on voit des lésions de grattage et le malade se plaint d’avoir de fréquentes démangeaisons,
Il n’y a aucun trouble nerveux ou fonctionnel.
La radio montre de face une ombre verticale qui déborde à droite la ligne médiane; en oblique, le médiastin est occupé par une ombre importante, discontinue. Il n’y a aucune lésion parenchymateuse. En outre, sur la radio on voit une augmentation du volume de la rate,
La formule sanguine est la suivante :
GR: 5.300.000 Polynucléaires neutrophiles ........... 54 GR : RS LORD Ae ea SH es oveue 2 ÉyRDhOCy tes an M dr ie 8 Hémoglobine 80 % Moyens mononucléaires ..........:,... 16 Grands mononucléaires ............... 18 Évrmes de HHansihon 622 ce 2
Le diagnostic clinique de cette adénopathie accompagnée de température, splénomégalie et prurit fut celui de lymphogranulomatose maligne.
On pratiqua une biopsie et l'examen histologique décela la nature de cette hypertrophie ganglionnaire : « aspect de tuberculose folliculaire qui paraît typique de tuberculose bien que l’on n’ait pas trouvé
de B. K. »
Dans cette observation nous trouvons encore l’association ganglionnaire cervico-médiastinale, mais en plus un signe que l’on ne rencontre pas d’habitude dans la lymphadénie tuberculeuse et dont l'existence permettait d'orienter le diagnostic vers la maladie de PALTAUF et STERNBERG, c'est le prurit.
Enfin, nous insisterons sur la présence simultanée d'adénopathie, de température, de splénomégalie et de prurit.