RON ET
ensuite nous citerons les diverses formes cliniques sous l'aspect desquelles peut se présenter une lymphadénie tuberculeuse; enfin dans un dernier chapitre nous montrerons avec quelles maladies elles peut être confondue, plus spécialement nous rechercherons s’il existe des signes permettant de différencier cette maladie de la lympho-granulomatose maligne.
Nous prendrons comme type de description la lymphadénie ganglionnaire qui de loin est la plus fréquente des formes de lymphadénie tuberculeuse.
Les antécédents personnels ne nous apprennent rien, car il est très rare de trouver dans le passé pathologique du malade des traces de bacillose.
Le début est insidieux et il est toujours difficile de faire préciser au malade à quel moment ont commencé les troubles.
Depuis quelques semaines il est fatigué par le moindre travail, il a perdu un peu l’appétit, bien souvent même il: a maigri mais surtout il a remarqué la présence d’une petite grosseur non douloureuse dans la région cervicale et généralement ce n’est que lorsque cette grosseur aura déjà acquis un volume important que le malade viendra consulter.
Il peut arriver aussi que cette grosseur, ce petit ganglion, tantôt sous-maxillaire, tantôt sus-claviculaire, donnant une certaine impression de dureté, reste stationnaire pendant un temps plus ou moins long puis assez rapidement augmente de volume, soit spontanément, soit à l’occasion d’une maladie.
— À la période d'état ces hypertrophies ganglion-
LE" Mens
naires vont dominer le tableau clinique autant par les déformations qu’elles provoquent que par les troubles. fonctionnels qu’elles entraînent. En effet, ce petit ganglion qui siège généralement dans la région cervicale, exceptionnellement dans les régions axillaires ou inguinales va s’hypertrophier, en même temps d’autres ganglions voisins subissant le même processus, s’accolent au ganglion primitif tout en restant assez bien délimités entre eux et forment ainsi une masse unique, polylobée, parfois énorme.
Mais ce caractère extensif ne va pas rester localisé seulement à un groupe ganglionnaire; très souvent d’autres groupes vont être atteints à leur tour, tout particulièrement le groupe médiastinal et la fréquence de l’association de lésions médiastinales et de lésions cervicales est telle qu’on ne peut dire alors être en présence d’une forme clinique mais bien plutôt en présence d’un symptôme faisant partie du tableau clinique de la maladie.
C'est pour cette raison que devant une adénopathie cervicale volumineuse, on fera systématiquement une radiographie, même en l'absence de tout trouble fonctionnel, radio qui montrera dans la grande majorité des cas une adénopathie médiastinale qui sera passée inaperçue au cours de l’examen clinique.
Ces ganglions présentent un certain nombre de caractères : d'emblée, à la simple inspection, on est frappé par leur volume qui peut être considérable, par leur unilatéralité provoquant une asymétrie très prononcée; à la palpation, ces ganglions sont uniformément durs, parfois tels des ganglions cancéreux, d’une: dureté ligneuse, sans au-
AG 0e 0 Ne
cun point de ramollissement, siégeant dans la région cervicale; lorsqu'ils sont moins volumineux, on peut mieux définir leur localisation soit sous-maxillaire, soit juxtaparotidienne, soit sus-claviculaire.
Leur surface est régulière, lisse; à leur niveau la peau est normale ne présentant ni rougeur, ni augmentation de chaleur et glisse facilement sur les ganglions sous-jacents, ceux-ci sont parfois adhérents aux plans profonds: ils sont parfaitement indolores à la palpation et ne déterminent aucune douleur spontanée.
Tels sont les caractères prédominants de ces adénopathies. Signalons que quelquefois elles siègent dans les régions axillaires, inguinales ou même adominale atteignant alors le groupe rétropéritonéal, lombaire ou iliaque.
Ces ganglions évoluent d’une façon constante et par définition même de la lymphadénie tuberculeuse vers la sclérose. |
Les ganglions superficiels, par compression vasculaire ou nerveuse, n'entraînent que rarement des troubles; ceuxci consistent alors et surtout en céphalée, diplégie faciale, strabisme par paralysie des muscles droits.
Par contre, les adénopathies profondes et en particu-
lier les adénopathies médiastinales ne donnent aucune complication pendant tout le début de la maladie, mais, dès qu’elles ont atteint un certain volume, elles font apparaître les signes de la série médiastinale.
Les troubles fonctionnels sont des phénomènes de compressions et consistent en oppression, dyspnée, par compression de l’arbre trachéo-bronchique avec toux sèche, irritative, sans expectoration, en dysphagie qui peut être
D ee
douloureuse par compression œsophagienne, en tachycardie par compression du pneumogastrique, en paralysie des membres supérieurs par compression du plexus brachial.
Les ganglions médiastinaux seront découverts soit fortuitement, soit par les troubles fonctionnels qu'ils provoquent, soit au cours de l’examen général d’un lymphadénique. |
Cette découverte sera faite par l’examen radiologique qui va montrer de face une ombre verticale plus ou moins volumineuse, débordant très souvent à gauche l’ombre cardio-vasculaire: en oblique, l’espace clair prévertébral sera occupé dans une grande partie de sa hauteur par l’ombre ganglionnaire. |
Cliniquement, ces ganglions se révèlent par une zone de matité para-vertébrale s'étendant plus ou moins en hauteur et entraînant à ce niveau l'apparition d’un souffle qui est le souffle trachéal anormalement transmis par l’adénopathie.
— Tous ces symptômes s’accompagneront parfois de température; celle-ci loin d'être constante existe cependant dans un bon nombre de cas.
Réalisant des types variés elle est : soit intermittente et légère, soit continue et élevée avec de larges oscillations, soit inverse, forme décrite par COLRAT qui a tout particulièrement insisté sur sa fréquence dans la lymphadénie tuberculeuse, soit ondulante, type qui entre dans une forme clinique décrite par SABRAZÈS « évoquant par sa courbe thermique l’idée de fièvre de Malte ou de lymphogranulomatose ». |