DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Une méningite survenant au cours d’une rougeole pose un
problème diagnostique.
S'agit-il, en effet, d’une méningite morbilleuse proprement dite, telle que nous venons de la décrire, ou bien, au con-
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traire, d’une méningite otitique, d’une méningite cérébrospinale, d’une méningité tuberculeuse ?
1° Les méningites otitiques. L’otite moyenne est une complication fréquente de la rougeole. Lorsqu'une méningite survient chez un malade porteur d’une otite, au cours d’une rougeole, on, pense, bien entendu, à la possibilité d’une méningite otitique. Mais il est des cas, et cela spécialement chez l'enfant, où l’otite est absolument latente, rien n’attire Pattention du côté de l’oreille. L’enfant n’accuse pas de douleurs d'oreille, il n’y a pas d'écoulement de pus par le conduit auditif, c’est dire la nécessité d’examiner systématiquement les oreilles de tout enfant or la température est anormalement élevée. |
A plus forte raison, en présence d’un tableau de méningite, conviendra-t-il toujours de s’assurer de l’intégrité des tympans. | ë
D'ailleurs, l’évolution d’une méningite otitique est bien. différente. Elle est, le plus souvent, très rapidement fatale. L'étude du liquide céphalo-rachidien est alors particulièrement intéressante. IL s’agit d’un liquide purulent, avec énormes modifications cytologiques, on note la présence de polynucléaires, et surtout lexamen bactériologique révèlera le germe en cause.
2° Les méningites cérébro-spinales. Exceptionnels sont les cas de méningite cérébro-spinale survenant au cours d’une rougeole ; cependant, de rares cas ont été publiés.
C’est le laboratoire qui permettra de faire un tel diagnostic.
Déjà l'aspect trouble du liquide aura attiré l'attention ; on y trouvera des polynucléaires, et l'élément important du diagnostic sera fourni par la présence du méningocoque.
3° La méningite tuberculeuse. I est, en éffet, classique de considérer la rougeole comme une maladie anergisante ; on sait, de même, que pendant la période d’éruption, la cutiréaction à la tuberculine se montre négative.
Cependant, en pratique, l’évolution d’une tuberculose après
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la rougeole est un fait plutôt rare. Le professeur Nobécourt (Arch. de Médecine des enfants (1930), Rougeole et Tuberculose) a donné les chiffres suivants : 459 cas de rougeole, 15 tuberculoses consécutives.
La tuberculose après la rougeole existerait donc dans la proportion de 3,60 % des cas.
Dans le cas de méningite tuberculeuse post-morbilleuse, on trouverait le plus généralement dans les antécédents du malade, une tuberculose personnelle collatérale ou héréditaire. Cependant l’existence de ces antécédents n’est pas absolue.
En tout cas, il est un fait qui semble constant, c’est que la méningite tuberculeuse post-morbilleuse apparaît tardivement, dans un délai de quinze jours en général, parfois cinq semaines et même jusqu’à deux mois.
Au point de vue symptomatologique, lallure est moins bruyante, les symptômes bacillaires sont plus nets ; il n’est pas rare de constater une atteinte pulmonaire, et surtout, l’évolution est toujours mortelle. Ici encore, l’étude du liquide céphalo-rachidien est instructive. Si l’on pratique une recherche longue et patiente, on arrive presque toujours à trouver du bacille de Koch dans le liquide céphalo-rachidien.
4° Enfin, il convient de distinguer les méningites morbilleuses de l’encéphalite morbilleuse. :
Nous avons bien vu, en effet, qu’il existait des méningoencéphalites où, d’ailleurs, la méningite domine le tableau clinique. Dans certains cas, il s’agit d’encéphalite proprement dite. En général, cette complication apparaît de trois à six semaines plus tard. Si, parfois, dès le début, on note quelques signes méningés, ils régressent très rapidement. Ce sont les symptômes encéphalitiques qui dominent avant tout le tableau clinique : épilepsie, paralysie d’un nerf cranien, amaurose subite.
Rapidement, d’autres manifestations apparaissent : paraplégie flasque, hémiplégie, parésie des quatre membres. Le pronostic est alors différent, l’évolution est très longue, les troubles ne régressent que très lentement.
Conclusions
I. — Sous le nom de méningites morbilleuses, il faut désigner les méningites aiguës survenant au décours d’une rou-
geole, en les distinguant nettement des méningites .compli-
cations — en premier lieu les méningites otitiques. \
II. — Les méningites morbilleuses apparaissent vers le quatrième ou cinquième jour de léruption, ont un début brutal, une symptomatologie bruyante et, après une période d'état de courte durée, guérissent en cinq à six jours pour aboutir à une convalescence brève et favorable, sans séquelles.
II. — Pour poser le diagnostic de méningite morbilleuse, il semble qu’on puisse attacher une certaine importance à la ponction lombaire (au moins pour éliminer la méningite complication d’ordre local).
On peut ainsi en énumérer les données :
— liquide le plus généralement clair ;
— réaction du type lymphocytaire ;
— négativité de la recherche des B. K. ;
— pas de microbes pathogènes ;
— réaction de Bordet-Wassermann négative.
au point de vue chimique :
— légère hyperalbuminose ; — taux des chlorures plutôt abaïssé ;
LR PARUS
— quantité de glucose normale ; — négativité de la réaction au benjoin colloïdal.
En pratique, le diagnostic de méningite morbilleuse est surtout un diagnostic d'évolution.
IV. — Il est permis de penser qu’il existe vraisemblablement des cas de méningite morbilleuse consécutive à une rougeole fruste, rougeole dont la forme discrète a échappé
- au diagnostic ; il nous semble qu’il conviendrait de faire une place à la méningite morbilleuse dans les réactions méningées à lymphocytes évoluant vers la guérison.
Vu : le Président de la thèse,