MORE
acides de sulfate de quinine et c’est à ces solutions que Fochier s’adressa au début. Dans une de ses publications, il relate les observations du docteur Aribaud, de Condrieu, qui obtint grâce à ces abcès quiniques d’excellents résultats au cours d’une grave épidémie. Bien avant Fochier, et dès 1888, le docteur Thierry (de Rouen) employait déjà ce moyen pour obtenir des abcès au cours d'infections graves. Les solutions de quinine n'ont pas une action pyogène constante et ne donnent qu’une faible quantité de pus; elles sont donc bien inférieures à l'essence de térébenthine.
Le nitrate d'argent, utilisé par Fochier en solution au cinquième, mérite les mêmes reproches; il ne fournit qu'un pus peu abondant, qui se forme assez lentement. Beaucoup d’autres substances pyogènes ont été essayées; quelques-unes ne sont pas sans danger, telles, par exemple, l'acide lactique, l’acide sulfurique dilué, l'huile de Croton tiglium et, en particulier, les toxines streptococciques, staphylococciques et la cadavérine.
La térébenthine reste donc l’agent pyogène de choix, d'action rapide et constante, dépourvue de toxicité et ne présentant aucun danger.
Pour en obtenir l'effet attendu, il est cependant indispensable d'observer quelques principes édictés par Fochier lui-même et dont l'oubli exposerait à un échec. La dose d’essence de térébenthine doit être proportionnée à l’âge du malade, elle ne peut être Ia même pour l’enfant que pour l'adulte, et elle doit varier avec la gravité de l'infection. L’injection doit, d'autre part, être répétée tant que les symptômes toxi-infectieux n’ont pas complètement cédé.
loger
De l'avis de tous les expérimentateurs, une dose de 1 cc. suffit pour une première injection chez un adulte. A ce taux, l'essence de térébenthine provoque un abcès contenant assez de pus pour produire une action thérapeutique énergique dans la plupart des pyrexies. Mais si le malade n’a pas réagi à une première injection, ou si la réaction est inférieure au résultat désiré, il ne faut pas hésiter à en pousser une seconde et, au besoin, à la faire suivre de plusieurs autres. Suivant le précepte de Fochier, « il faudra provoquer plusieurs abcès à la fois, si l'infection s'annonce menaçante à brève échéance». La technique préconisée par Carles, qui consiste à répéter de douze en douze heures les injections d'essence de térébenthine jusqu’à obtention de l'effet attendu, est certainement la meilleure.
Vincent a relaté un cas désespéré de septicémie puerpérale où il alla d'emblée jusqu'à trente piqûres et sauva la malade. En dehors de circonstances tout à fait exceptionnelles, il est préférable de ne pas recourir à cette méthode, qui expose le patient à des délabrements considérables. La tendance générale paraît cependant être de pécher par défaut plutôt que par excès, et il semble que bien souvent les insuccès ne tiennent qu’à une trop grande réserve.
Chez l'enfant, qui réagit très énergiquement et dont les tissus délicats et friables offrent une sensibilité excessive à l’action de la térébenthine, une technique toute particulière s'impose si l'on ne veut pas s’exposer à des désastres. Montagnon a noté cette susceptibilité des enfants et a montré, d’autre part, qu’à doses mo-