POELE
son aspect normal; le derme n'est pas modifié dans ses couches superficielles, mais dans la profondeur il présente des lésions de nécrose très nettes : ses éléments sont divisés, disposés en tourbillons. Le tissu cellulaire sous cutané montre ses vastes alvéoles les unes remplies de graisse, les autres bourrées de leucocytes. Il y a quelques foyers hémorrhagiques disséminés. Une coupe d’artère montre une vaso-dilatation intense et présente un véritable thrombus de globules blancs ; les gaines de ce vaisseau sont dissociées par une infiltration leucocytaire abondante. Tout autour de cette artère, se sont formés des nodules inflammatoires, constitués par des amas de leucocytes pressés les uns contre les autres.
Ce sont là les phénomènes qui se produisent au cours des premières phases de la réaction. Celle-ci aurait vraisemblablement abouti à la formation d’un abcès, si la survie de la malade avait été assez prolongée et si la région avait été plus richement vascularisée.
4° Observations cliniques
Nous avons négligé les observations se rapportant à des malades chez qui nous avons tenté de provoquer des abcès de fixation et qui ont succombé quelques heures après l'injection d'essence de térébenthine. Parmi ces malades se trouvait une fillette de cinq ans et demi, atteinté dé pneumonie avec septicémie pneumococcique et localisations méningées, à qui nous avons fait deux injections d'essence de térébenthine.
Après la mort de l'enfant, survenue douze heures plus tard, l'examen de la région où avaient été pratiquées les piqûres, ne montra pas trace de réaction.
OBSERVATION I Asile de Maréville. — Service d'admission Observation due à M. le Professeur PARIS
Grippe Réaction. — Guérison
Gr. L.., 32 ans, célibataire, à l’asile depuis six ans, est atteinte de dégénérescence. Elle s’alite dans les premiers jours de mars 1912, par suite de grippe : température à grandes oscillations quotidiennes, 38° à 40°, céphalée, douleurs dans les membres, trachéo-bronchite, troubles gastro-intestinaux, vomissements, diarrhée. Constitution très débilitée.
Le 15 mars,-une pneumonie du lobe supérieur droit vient aggraver le pronostic.
Le 25 mars, la température tombe, mais la toux est encore fréquente, maigré une amélioration locale très sensible. La malade est très affaiblie, elle a des vomissements et de la diarrhée. Son état mental s’est très sensiblement amélioré depuis le début de la pneumonie.
A ce moment, apparaît une phlébite du membre inférieur gauche. La malade est cachectique, a les extrémités infiltrées. Elle fait une nouvelle poussée fébrile à grandes oscillations accusant la persistance de Pinfection grippale.
Au début d'avril, à la suite d’une injection au niveau du tiers supérieur de l’avant-bras droit, un abcès phlegmoneux se forme ; la région est extrêmement douloureuse, le simple effleurement provoque des cris.
À dater de ce jour, tous les troubles, la phlébite même, s’améliorent très manifestement et avec une rapidité surprenante. La malade que l’on ne soutenait plus guère que par des injections de sérum, réclame des aliments, les supporte, n’a
plus de diarrhée, plus de grandes variations de température, son teint change pour ainsi dire du jour au lendemain; l’état général s'améliore. La malade accuse une sensation de bienêtre qu'elle n’avait plus éprouvé depuis de longues années. L'état physique et l’état mental s’améliorent progressivement.
Le 20 avril, les mouvements de la jambe gauche n'étaient plus douloureux, il ne restait plus qu’un léger œdème du pied.
A la fin d'avril, Gr... rentrait dans sa famille, convalescente de sa maladie physique et avec une mentalité très améliorée, qui se maintient encore satisfaisante quatre mois après.
OBSERVATION II Service de M. ie Professeur SPILLMANN. — Salle XIV
Broncho-Pneumonie Réaction. — Mort
D.., charretier, 45 ans, a ressenti le 8 novembre, à midi, un grand malaise, de violents frissons En même temps il est pris de dyspnée et s’alite. Il est envoyé à l'hôpital par son médecin.
A son entrée, on constate de la cyanose, une respiration très accélérée, des crachats muco-purulents, visqueux, adhérents; langue et lèvres fuligineuses. L’examen direct permet de reconnaître plusieurs foyers de broncho-pneumonie.
Le pouls est faible, rapide, dépressible.
Les urines sont foncées, albumineuses.
Le 22 novembre. au matin, injection de 1 cc. de térébenthine dans le tissu cellulaire sous cutané de chaque flanc, après badigeonnage de la région à la teinture d’iode.
Le samedi, 23, on perçoit déjà une forte réaction inflammatoire, sous forme d’un large placard rougeâtre, au niveau de chaque injection. Il y a un certain degré d’empatement, la douleur est vive à la pression.
Le lendemain et le surlendemain la réaction s’accentue ;
mais le malade succombe aux progrès de l’asphyxie, Le 26 no- vembre.
OBSERVATION II Service de M. le Professeur SPILLMANN. — Salle X. — Lit 1
Pneumonie Réaction. — Guérison
W... L.., 43 ans, valet de chambre, a ressenti, le 17 novembre, au cours de son travail, un violent frisson, puis il a été pris d’un malaise général qui l’a obligé à s’aliter. Il a consulté un médecin qui lui a conseillé de venir à l’hôpital.
Le 20 novembre, à son entrée, le malade est très cyanosé et souffre d’un point de côté au niveau du mamelon. Il présente un facies angoissé, du battement desailes du nez et de la tachypnée.
L'examen révèle une pneumonie du lobeinférieurgauche. 7° “°° En présence de Ia co 80 389 gravité des symptômes, nous faisons, sur les conseils de M. le ‘“* M = professeur Spillmann % 6035) une injection de 1 cc.
d’essence de térébenthine dans le flanc gauche, après asepsie de la région.
Le 21 novembre, la réaction est peu nette.
Le samedi, 23 novembre, l’état du malade restant très précaire, nouvelle injection de térébenthine dans le flanc droit.
Les jours suivants, se dessine une vive réaction, avec douleur, rougeur, tuméfaction. La température baisse rapidement.
‘Le malade se sent mieux et se plaint de la douleur occasionnée par son abcès. |
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Nous l’incisons le septième jour : il s’en écoule environ un litre de pus, épais, grumeleux, strié de sang et présentant une forte odeur d’essence de térébenthine. Le malade est bien, il a
de l’appétit et demande à sortir, ce qui lui est accordé ; l’abcès s'étant, en quelques jours, complètement cicatrisé.
OBSERVATION IV Service de M. le Professeur SPILLMANN. — Salle XIV
Pneumonie du sommet droit Absence de réaction. — Mort
Mme S.., 53 ans, journalière, mère de dix enfants ; sans antécédents morbides.
Le jeudi, 31 octobre, a ressenti tout à coup un fort point de côté au mamelon droit et a eu de violents frissons.
Elle entre le 7 novembre à l'hôpital. La malade est une obèse. Sa température est de 400, son pouls est à 120. Elle a le facies vultueux, cyanosé, une dyspnée accentuée, et un fort tirage sus-sternal. Elle présente en outre des crachats rouillés, couleur jus de pruneaux.
A la palpation, on perçoit une augmentation très nette des vibrations vocales, en avant et à droite. La percussion montre une matité de tout le sommet droit.
A l’auscultation, souffle tubaire, résonnance de la voix, râles crépitants. |
La pointe du cœur bat dans le 5e espace intercostal, en dedans de la ligne mamilaire. Pas de bruit anormal.
Les urines sont rares, foncées, sans albumine.
La malade a une soif vive.
Le 8 novembre, devant la gravité des symptômes, nous pratiquons dans chaque flanc, une injection de 1 cc. d'essence de térébenthine dans le tissu cellulaire sous cutané. Le pennicule adipeux est très épais (4 à 5 centimètres environ).
Les jours suivants, aucune réaction n'apparaît au niveau des injections.