PONT
Le 23 avril, le malade a bien réagi : une forte tuméfaction se montre au niveau de la piqûre, la région est très douloureuse. Le pouls est mieux frappé, la température a des tendances à baisser, le délire est moins violent.
Le 25 avril, l'état général s’est bien amélioré, l’abcès est fluctuant ; on l’incise. Il s’en écoule 400 gr. environ de pus blanc, très épais et sgrumeleux.
La température est aux environs de 38°. L’expectoration ne présente plus la teinte rouillée.
Le 2? mai, l’état est excellent ; il n’y a plus de délire. L’abcès se cicatrise rapidement.
Le 9 mai, il s’est formé à l’avant-bras droit un abcès au niveau d’une piqûre d’éther, il est incisé, il en sort 50 gr. de pus. Le malade a de violentes douleurs d’oreilles.
Le 10 mai, écoulement abondant de pus par l'oreille droite.
Le 12 mai, paracentèse spontanée de l'oreille gauche.
Le 19 mai, l'écoulement auriculaire est tari, la température est tombée à 37°; le malade se sent bien et commence à s’alimenter.
Le 22 mai, les abcès sont cicatrisés, le malade a repris ses forces et rentre chez lui.
OBSERVATION VI Service de M. le Professeur SPILLMANN
Pneumonie Réaction. — Guérison
M... J..., 40 ans, batelier, entre à l'hôpital le 25 mai 1910. Le 20, dans la journée, il est tombé accidentellement dans le canal, s’est refroidi et a ressenti le soir un violent point de côté au niveau du mamelon droit.
À son arrivée, le malade présente un facies vultueux, le regard brillant, une dyspnée assez prononcée. La température est de 3905, le pouls est à 90. L’expectoration peu abondante est formée de crachats rouillés visqueux et collants. L’auscultation
fait percevoir de nombreux râles dans toute la hauteur du poumon droit. La matité s'étend de l’épine de l’omoplate jusqu’à la base et se prolonge jusqu’à la ligne axillaire antérieure. On perçoit dans l’aisselle un gros souffle et quelques râles crépitants. Les urines sont foncées et albumineuses. Les lèvres sont sèches, la langue recouverte d’un épais enduit saburral. Le malade est très agité, délire, et a de la diarrhée.
Le 26 mai, même état, température à 39, pouls à 100, le malade se cyanose. On fait dans le flanc droit une injection de 2 ce. d'essence de térébenthine.
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Le ?7 mai, la température est à 40°, le malade éprouve une vive douleur au niveau de la piqûre, qui a donné lieu à une forte réaction. On remarque à ce niveau une rougeur très étendue avec empâtement et tendance phlegmoneuse.
Le 29 mai, la température est à 38° le matin, à 38° le soir ; l’état général est meilleur, les urines sont claires et abondantes.
Le 30, la fièvre est tombée, le malade se trouve bien. L’abcès présente de la fluctuation : il est incisé; il s’en écoule un pus - abondant, grumeleux, d’odeur térébenthinée,
Les jours suivants, il se produit une légère ascension de température.
Le 3 juin, le malade est assis sur son lit; la fièvre a dis-
paru ; les signes pulmonaires sont très réduits; l’appétit revient.
Le 8 juin, le malade demande à sortir ; on constate que tout symptôme pulmonaire a disparu. La température est normale, l’abcès de fixation bien cicatrisé.
OBSERVATION VII Service de M. le Professeur SPILLMANN
Pneumonie Réaction. — Guérison
D... R..., 58 ans, bouvier, est brusquement pris, le 14 mai, au soir, de violents frissons et d’un point de côté au mamelon droit. Il entre à l'hôpital Le 16 mai. C’est un malade très débilité qui présente des signes de sénilité précoce très accentués et avoue de nombreux excès éthyliques. La dyspnée est intense; la respiration est superficielle, au rythme de 40 R à la minute; la toux est quinteuse, sans expectoration. La température est à 3908, le pouls à 105, régulier et tendu.
Les vibrations vocales sont augmentées dans tout le sommet droit, diminuées à la base. La percussion donne à droite de la matité dans les fosses sus et sous-épineuses et de la submatité à la base ; en avant, matité sus et sous-claviculaire à droite. Le poumon gauche ne présente pas de modifications de la sonorité. Dans le lobe supérieur droit, l’auscultation révèle un gros souffle tubaire et des râles crépitants fins. À gauche, on percoit quelques rhonchus et sibilances.
Les bruits du cœur sont assourdis. Le malade dort mal et présente de l’agitation, sans délire.
On prescrit la potion de Todd, les expectorants, on fait des injections d'huile camphrée et de spartéine et l’on pratique des enveloppements tièdes.
Le 17 mai, l’état du malade ne s’est pas amélioré, la dyspnée est intense, la toux fréquente, sans expectoration.
Le 18 mai, l’état général s'aggrave ; la température.est à 4006,
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le pouls à 122, dépressible, arythmique. Les signes pulmonaires n'ont pas varié.
Le soir, après badigeonnage de la paroie à la teinture d’iode, on injecte dans le flanc 1 cc. d’essence de térébenthine.
Le 19 mai, la maladie est stationnaire ; la fièvre reste à 409, le pouls est mieux frappé. Le soir, il y a une induration douloureuse au niveau de l’injection.
Le 20 mai, il s’est produit une vive réaction dans la région de la piqûre ; le malade est moins prostré; la température reste élevée, les symptômes pulmonaires n’ont pas varié.
Le 22 mai, le placard inflammatoire dû à l'injection de térébenthine atteint la largeur de deux paumes de main; l’état général s’est très visiblement amélioré. Les urines sont abondantes et claires.
Tes mai, l’abcès est incisé, il s’en écoule environ 400 gr. de pus brunâtre, grumeleux, mal lié.
Le 2%} mai, labcès continue à se déterger. La température est inférieure à la normale: 36/2. L'état général est excellent, le malade demande à manger. Les symptômes pulmonaires ne sont plus que diflicilement perceptibles.
Le 28 mai, l’'abcès ne suppure plus, le malade sent ses forces revenir et retourne chez lui.
OBSERVATION VII Service de M. le Professeur SPILLMANN
Broncho-pneumonie (forme ataxo adynamique) Réaction. — Guérison
IL... M.…., 25 ans, ouvrière en brosses, entre à l'hôpital le 97 avril 1910. Elle n’a aucun antécédent morbide personnel. Le 12 avril elle prit froid, en lavant du linge, ressentit un point de côté à gauche et fut prise de frissons et de fièvre. La malade qui était en pleine période cataméniale vit ses règles cesser brusquement, se mit à tousser et dut garder le lit.
A son arrivée, elle est pâle, amaigrie, abattue ; les pommettes