OBSERVATION XIX
Service de M. le Professeur HERRGOTT
Septicémie puérpérale
Légère réaction. — Amélioration, puis mort.
Mme R.., quarante ans, a eu cinq grossesses, dont il ne survit qu'un seul enfant Le 29 août, elle a quelques pertes rosées et ressent de la fièvre. Le 30, au matin, elle fait appeler son médecin, qui relève une température de 400. Le soir de violentes contractions apparaissent, qui amènent l'expulsion d’un œuf de deux mois environ. Malgré l'évacuation de l’utérus.la fièvre persiste. On pratique une injection qui permet de constater la présence de caillots et de membranes dans la cavité utérine. Un curage est effectué, suivi d’une nouvelle injection. Malgré cette intervention, la température ne cède pas: la femme présente des symptômes graves d'infection généralisée, une fièvre élevée, des frissons qui s’accentuent de plus en plus malgré les injections de sérum antistreptococcique et de collargol.
Elle est envoyée Le 13 septembre à la maternité. L'aspect est celui des grandes infectées: facies hagard, yeux brillants, traits tirés, peau sèche et grisâtre. Les lèvres et la langue sont fuligineuses, rôties; l'excitation est prononcée. La température est à 3902, le pouls, à 100, petit et dépressible.
La malade a le ventre ballonné; il existe de la parésie vésicale et de la constipation. On ne constate aucun signe d’infection locale. Un traitement symptômatique est institué : huile camphrée, électrargol, alcool, café, boissons abondantes.
Le 1% seplembre, on pratique à la face supéro-externe de la cuisse droite une injection sous-cutanée de un cc. d'essence de térébenthine.
Le 16, il s’est produit une légère réaction caractérisée par de la rougeur, de l’induration et un peu d’œdème. Il y a une tendance nette à l’amélioration; les symptômes d'infection semblent s’amender.
Le 17, les phénomènes inflammatoires n’ont pas augmenté; l’état général reste stationnaire.