‹ Étude Clinique des Abcès de Fixation dans les PyrexiesChapitre 4 sur 41 · APERÇU HISTORIQUE SUR LA PYOGÉNESE ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE SUR LA PYOGÉNESE ARTIFICIELLE

L'usage d'établir des exutoires dans le but de modifier, en les dérivant à la surface du corps, certaines phlegmasies splanchniques, remonte à la plus haute antiquité.

Hippocrate, le père de la médecine humoriste, considère que toute maladie est produite par une humeur développée en un point du corps, Il appelle crise (zoist, jugement) l'issue au dehors de l'humeur peccante, parce que c’est par elle que se juge ou se dénoue la maladie. L’humeur morbide se porte-t-elle sur un autre point de l’économie, il y a métastase (peractocs, déplacement).

Le cautère lui est si familier qu’il le propose dans la plupart des maladies. Il traite les affections pulmonaires par le vomitif, les infusions et les fumigations.

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Si la maladie résiste à ces moyens, il cautérise la poitrine et le dos de manière à y exciter des ulcères artificiels qu’il mène à suppuration. Dans les douleurs de tête, lorsque le cautère ne produisait pas d'effet, il pratiquait une incision sur le front et en tenait les bords relevés « par le moyen de charpie qu'il mettait entre les lèvres de la plaie pour donner issue aux humeurs ».

Celse traitait les phtisies, et dans ce mot on englobait autrefois toutes les affections pulmonaires graves, par la création entre les épaules d’ulcères artificiels, dont il entretenait la suppuration jusqu’à ce que la toux fût entièrement dissipée. |

Le moyen-âge raya les métastases de la nosologie, et bannit les cautères de la thérapeutique.

Prosper Alpini (1) rapporte que les Egyptiens appliquaient couramment des cautères dans un grand nombre de maladies. Le procédé qu'ils employaient mérite d’être rapporté: «Ils prennent, dit l'historien, une petite pièce de lin cru, qu'ils roulent en pyramide, et, ayant mis le feu sur le côté pointu de la pyramide, ils appliquent la base sur la partie qu'ils veulent cautériser, appuyant toujours dessus jusqu'à ce que toute la pyramide soit brülée ». Sur quoi, ajoute-t-il, il convient de remarquer que dans cette opération ce n'est

(1) Prosper Alpini, médecin et botaniste, né le 23 octobre 1553, à Marostica (Venise), visita l'Egypte et écrivit, à son retour, un traité « De médicina Ægyptiorum », où il relate le résultat des observations et des recherches qu’il fit au cours de son voyage. :

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