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pas seulement le feu qui brûle; l'huile caustique qui distille le long du linge y contribue beaucoup.
Le xvin siècle revient avec Willis aux doctrines humorales, et l’histoire de la médecine est alors dominée par la lutte entre l’humorisme et le solidisme de Bœrhaave.
Au xix° siècle, le chef de l’école physiologiste, Broussais, reprend la vieille formule hyppocratique : « Duobus laboribus simul obortis, non in eodem loco, vehementior obscurat alterum ». Pour lui, révulsion et métastase sont synonymes. « La métastase une fois accomplie, dit-il, l'inflammation métastatique est une cause de révulsion transpositive pour la fluxion de l'organe primitivement irrité, »
La notion de métastase reléguée au second plan par suite des progrès de la clinique, la notion d'infection générale domine enfin la compréhension de la maladie. La métastase en est une localisation sur un point de moindre résistance. « Elle est, dit Quinquaud, comme une sécrétion interne qui sert d'émonctoire; si elle vient à cesser, il en résultera une dyscrasie plus intense. »
Vers 1850, Chomel et Louis, au cours de leurs études sur la fièvre typhoïde à l'hôpital de la Charité, remarquèrent que la production d’abcès était, dans les formes graves, d’un excellent pronostic. « La formation d’abcès sur les organes extérieurs pendant le cours de la maladie, écrit Chomel, est loin d’être un phénomène aussi défavorable qu'on pourrait le penser. Au contraire, on ne les observe pour ainsi dire que chez les sujets qui guérissent. »
D'autres observateurs font, dans les années suivantes, la même constatation, et Métivier en 1860, Suffermann et Cantel en 1867, Hervieux et Sentex en 1880 confirment cette manière de voir.
A la même époque, Trousseau, dans son Traité de thérapeutique, fait une large place à la « médication irritante spoliative »; et, remettant en honneur cautères et sétons, il affirme «qu’une suppuration constante dans un point du corps... favorise la résolution des produits inflammatoires ».
Quelques années plus tard, Fochier propose sa méthode de traitement des infections générales par la création d’abcès artificiels à l’aide d’injections souscutanées d'essence de térébenthine, qui se rattache, par son principe, à la vieille médecine humorale. L'inventeur revendique lui-même cette parenté: « La fixation relève de la théorie humorale, non pas qu'elle vise les liquides, mais bien parce qu’elle s'applique à des solides (microbes ou globules blancs) en suspension dans les liquides ; elle relève, en somme, de ce que l'on pourrait appeler la théorie humorale solidifiée »
C’est le 23 août 1891 que le professeur lyonnais exposa sa méthode dans un article intitulé «Thérapeutique des infections pyogènes généralisées ». Mais il pratiquait déjà des abcès artificiels depuis une dizaine d'années. Ce fut l'amélioration produite, au cours des infections puérpérales, par une suppuration localisée, qui lui suggéra l’idée de provoquer artificiellement, par l'injection sous-cutanée de substances irritantes, la réaction locale que l'organisme parvenait quelquefois à réaliser spontanément.
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Il n’était pas, sans doute, le premier qui en eût observé l’heureux effet. Bien des siècles avant lui, d’autres observateurs avaient attaché un pronostic favorable à ces phénomènes, qu'ils qualifiaient pour cette raison de critiques. Mais le procédé employé par Fochier, pour en déterminer l'apparition, était réellement nouveau et la paternité ne peut lui en être disputée. Ses premières expériences furent des succès, et sa méthode, à mesure qu’elle fut plus connue, ne fit que mieux montrer toute sa valeur.
Des 1892, Gingeot, Netter, Bard, Siredey signalent les heureux résultats qu’elle donne dans la pneumonie. La même année, Lépine publie l'observation d’un cas désespéré de cette affection, traité et guéri par les abcès de fixation, et, le 25 mars, Dieulafoy communique à la Société médicale des hôpitaux de Paris l'observation d'une pneumonie grippale suppurée terminée favorablement grâce à l'emploi de la méthode de Fochier. Au mois de mai, Chantemesse et René Marie exposent le résultat de leurs recherches sur le mode d'action des injections térébenthinées et font ressortir le rôle de la leucocytose.
Spillmann et Rendu éprouvaient cependant quelques insuccès dans leurs premiers essais; mais Revilliod faisait bientôt oublier ces échecs en faisant connaître tout l'avantage qu’il avait retiré de cette médication au cours d'infections typhoïdes et de rhumatismes infectieux.
En 1893, paraissent la thèse de Berman à Paris sur le «Traitement des pneumonies graves par les injections sous-cutanées d'essence de térébenthine », et
celle de Guillaumont à Nancy sur le «Traitement de quelques maladies infectieuses par les abcès de fixation ». |
Branthomme et Jacques, de Bordeaux, apportent, au cours de l’année 1896, de nouvelles contributions à cette méthode, le premier par la relation de trois cas de pneumonies chez des vieillards, traités avec succès par les abcès de fixation, le second par sa thèse de doctorat sur le traitement des infections pyogènes généralisées par la méthode de Fochier.
A cette époque, la renommée du maître lyonnais a déjà franchi les frontières de la France et Cortiguera, de Santander, met au jour un travail intitulé « Sérothérapia y el flegmon de Fochier ». :
En 1899, paraît à Lyon la thèse de Trifon, sur le traitement des septicémies puerpérales par les abcès de fixation, Bard fait une communication sur un cas de pneumonie et Boule publie une intéressante étude dans les Archives de Virchow.
En 1902, Carles édifie sur ce sujet une thèse qui renferme toutes les notions acquises jusqu'à ce jour et une longue série d'observations très complètes. Elle marque une date décisive dans l’histoire de cette méthode : à partir de ce moment, les expériences et les travaux se multiplient, au point que l'énumération en serait fastidieuse. Qu'il nous suflise de citer les succès multiples de Chéron, qui se déclare partisan convaincu de la méthode, l’audacieuse tentative de Vincent, qui, en 1906, sauve une de ses malades de la mort par trente injections successives d'essence de térébenthine.
À la même époque, Daireaux retire des résultats merveilleux de la médication térébenthinée dans la grippe et note l'apparition constante, sous son influence, de polyurie et d’un véritable consensus de phénomènes critiques.
Morsty, de Constantine, au cours de l’année 1909, à la suite de tentatives heureuses, érige la méthode de Fochier en traitement du typhus exauthématique.
Costes a montré tout le parti que l’on peut en retirer au cours des varioles graves, Lemoine l’a appliqué au traitement du catarrhe suffocant et Cellarier a fixé la technique applicable à la thérapeutique infantile.
En Allemagne, nous relevons, entre autres travaux, un important article de Brôüse sur la méthode de Fochier, publié en 1904, dans la Deutsche médicinische Wochenschrift, et une communication de Opitz, de Magdebourg, reproduite dans la Münschner médicinische Wochenschrift.
A l'heure actuelle, en France comme à l'étranger, la pyogénèse artificielle est employée d’une façon journalière et a pris une place définitive en thérapeutique.
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