‹ Étude Clinique des Hydrorrhées GravidiquesChapitre 13 sur 30 · D LU RIRE · texte numérisé non relu

D LU RIRE

fœtus, étant devenu extra-membraneux, entre directement en contact avec la paroi utérine, et dans cet utérus gravide, dont la muqueuse est congestive et friable, ses moindres mouvements peuvent déterminer une hémorragie. : ÉD

Netzer a publié, en 1926, une observation de grossesse extra-membraneuse dans laquelle il insiste sur la différence entre l’écoulement clair tant que le fœtus est encore dans ses membranes, teinté au contraire dès qu’il les a franchies. Reiïfferscheid et Meyer Ruegg affirment aussi que le liquide n’est jamais sanglant, tant que le fœtus vivant reste à l’intérieur de l'œuf. |

OBSERVATION du Docteur DEVÉ (Soc. d’Obstétrique et de Gynécologie de Paris, 10 janvier 1927)

Il s’agit d’une femme de 27 ans, ayant déjà eu 2 enfants, et qui, jusqu’à 19 ans, s’est bien portée. A cet âge: opérations d’appendicite à froid; l’année suivante elle épouse un spécifique dont la contamination remontait à 12 ans et qui avait été traité régulièrement pendant 3 ans (mercure). Au bout d’un an de mariage, elle accoucha spontanément d’une fille vivante, de 3 kgs 200, eut des suites de couches fébriles du troisième au septième jour. Cette grossesse s'était compliquée, paraît-il, de pyélonéphrite.

Un an après, 1922, on lui fit une hystéropexie avec ablation de l'ovaire droit pour ovarite scléro-kystique. Une seconde grossesse survint en 1924, compliquée de

que

pyélonéphrite, et terminée par la naissance spontanée d’un garçon vivant de 4.000 gr. Placenta : 750.

En 1926: troisième grossesse, au cours de laquelle un traitement spécifique fut institué; rechute légère de pyélonéphrite. Les dernières règles dataient du 8 au 16 mars, la grossesse a évolué normalement, et on ne constata à aucun moment d’exagération du liquide amniotique. Le 27 octobre (à 7 mois de grossesse environ), à 5 heures du matin, pendant son sommeil, cette femme perd les eaux: le liquide est clair. Pendant les 5 jours suivants, elle accuse de petites contractions douloureuses pour lesquelles on lui fit quotidiennement, et même biquotidiennement (le 28 et le 29 oct.), une injection de morphine, sans grañd espoir d'empêcher l’entrée en travail. Elle perd par intermittence du jiquide amniotique clair, qui commence à se teinter de sang à partir du troisième jour: dès lors, le liquide sera presque constamment coloré par un peu de sang, et ce jusqu’au moment de l’accouchement. Je signalerai que cette femme avait 4 à 5 fois par jour, quelques petites contractions douloureuses.

J’ai voulu me rendre compte de la quantité de liquide perdue quotidiennement du 23 novembre au 1* décembre, c’est-à-dire aux environs de la fin du huitième mois de la grossesse ; les garnitures, tarées à 70 gr. uniformément, étaient pesées quand on les retirait. On put ainsi noter le poids du liquide qui les avait imbibées: il oscillait entre 60 et 90 gr. Mais du liquide, en quantités peu importantes d’ailleurs, était perdu lorsqu’on mettait la femme sur le bassin, en sorte que les poids indiqués ne représentent pas d’une façon tout à fait exacte la totalité du liquide amniotique perdu chacun de ces jours.

Le 1 décembre, soit 35 jours après la rupture des membranes, accouchement spontané d’un garçon vivant de 2.450 gr., derrière lequel il est venu tout au plus une cuillerée à bouche de liquide amniotique. Il n’y avait pas de malformations ni de déformations. Cet enfant s’est

as

très simplement élevé; il pesait 2 kgs 850 le 1° janvier.

Délivrance naturelle trois quarts d’heure après. Le placenta, qui pèse 850 gr., est largement bordé, puisque les membranes se détachent en dedans du bord placentaire (entre 2 à 5 cm., suivant les points considérés). Les membranes sont plissées, les plis allant de l’orifice des membranes vers le placenta. La cavité amniotique aurait seulement pu admettre une tête de fœtus de 3.500 gr.; une bonne partie de cet enfant était donc vue, au contact de la paroi utérine. EC

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