‹ Étude Clinique des Hydrorrhées GravidiquesChapitre 5 sur 30 · MONSIEUR LE PROFESSEUR AGRÉGÉ TRILLAT · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE PROFESSEUR AGRÉGÉ TRILLAT

Introduction

Les cas récents d’hydrorrhées de la gestation présentés à la Société d’obstétrique et de gynécologie de Lyon, les discussions qu’ils ont provoquées, le fait que la Société a inscrit cette question à son ordre du jour, nous ont incité à faire une révision des connaissances actuelles sur ce sujet. ;

Nous ne croyons pas qu’une étude générale en ait été entreprise depuis longtemps, et les traités classiques ne lui consacrent généralement qu’un chapitre restreint. Cependant beaucoup d’obscurité persiste encore à son égard, soit en ce qui concerne sa pathogénie, soit en ce qui concerne son diagnostic.

Nous ne prétendons pas résoudre entièrement tous ies problèmes qui s’y rattachent, mais seulement bien définir les limites de ce que nous connaissons de façon indiscutable, et de ce qui n’est encore qu’hypothèse, et établir en quelque sorte un plan des recherches à faire en présence d’un cas d’hydrorrhée. En effet, si dans les ruptures prématurées des membranes au voisinage du terme, suivies de près par le déclenchement du

Ur

travail, la nature et le mode de production du liquide, ainsi que le diagnostic, sont relativement faciles, en revanche, les écoulements survenant vers le milieu de la grossesse et généralement englobés sous le nom de « déciduaux » prêtent beaucoup à la discussion. L'étude en est fort difficile : ils sont rares, et dans une maternité importante on n’en observe que quelques cas isolés en une année; il s'écoule souvent peu de liquide, et les gestantes, qui n’en sont guère incommodées, se prêtent difficilement à un examen suivi ; le liquide est malaisé à recueillir, mélangé aux sécrétions vaginales ou à l’urine. Enfin la présence ou l'absence d’une poche des eaux pendant j'accouchement ne peut toujours être affirmée ; l’examen du délivre échappe parfois.

Aussi les observations présentées sont-elles malheureusement presque toutes incomplètes et même si nous n’apportons que peu de faits nouveaux, et nous nous excusons de n’avoir pu observer personnellement que très peu de cas, nous aurons déjà fait œuvre utile en donnant une ligne de conduite à suivre pour l'examen d’une hydrorrhée de la gestation et son diagnostic.

Historique

Les écoulements d’eau survenant au cours de la grossesse sont connus depuis fort longtemps, mais jusqu’au xvir siècle on s’est contenté de les signaler sans donner aucune explication de leur mode de formation, ni de leur lieu de production.

Jacques Guillemeau, le premier, distingue les eaux dont l’origine est dans l’effraction des membranes de l'œuf, et celles qui, d’après son expérience, sont contenues entre les membranes, « ou bien qui sont joignantes et attachées à icelles ».

A sa suite, Mauriceau enseigne tout d’abord la possibilité d’écoulements d’eau, qui « viennent d’une hydropisie de matrice contenue hors des membranes de l'enfant » ; puis il revient sur sa première opinion et affirme que les écoulements sont toujours dus à une rupture des membranes.

Fabrice de Hilden et Ruysch invoquaient la rupture d’hydatides.

Au xvur siècle, de La Motte et Puzos admettent que du liquide peut siéger en dehors de l’œuf. Le premier le Jocalise en des membranes particulières, l’autre émet l'hypothèse de la formation d’un sac amnio-

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