‹ Étude Clinique des Hydrorrhées GravidiquesChapitre 6 sur 30 · NP D · texte numérisé non relu

NP D

chorial: il dénomme les écoulements qui en résultent « fausses eaux ».

Levret étudie le liquide formé par ces fausses eaux, et le trouve analogue à du liquidé amniotique débarrassé des produits excrémentiels du fœtus.

Baudelocque pense que les eaux peuvent transsuder entre les pores de l’amnios et du chorion. Quant à Rœderer, outre les possibilités précédentes, il admet aussi la rupture d’un œuf surnuméraire ou d’un vaisseau lymphatique.

Au début du xix° siècle, ces diverses opinions sont encore professées par les uns, attaquées par les autres. Mme La Chapelle ne croit qu’à une sorte d'écoulement, celui de liquide amniotique, par un orifice des membranes. D’autres, comme Capuron, incriminent pour la première fois des émissions involontaires d’urine, ou, comme Boivin et Dugès, créent les mots « d’hydrométrie » et « d’hydrallante ».

Le mot hydrorrhée (hydrorrhea gravidarum ou uteri gravidi) apparaît dans la thèse de Geïil, en 1822, thèse inspirée par Naegelé. Ce dernier donne au mot hÿdrorrhée un sens restreint ; pour lui, l’hydrorrhée se rapporte uniquement aux cas où le liquide évacué s’est accumulé entre les membranes et la paroi utérine. [Il oppose donc l’hydrorrhée à la perte des eaux. Il se base, pour affirmer le siège extra-ovulaire de l’origine de l’écoulement, sur deux observations de Cheston qui vit la persistance de l’écoulement après l'accouchement.

J acquemier émet l'hypothèse que des épanchements peuvent se faire au niveau de la caduque, et Braun les

met le premier sur le compte de l” « endomelrilis serosa ».

Mais c’est Duclos, dans la thèse de Basset, en 1858, qui a établi de façon indiscutable, en se basant sur des données d’autopsie, la formation de liquide entre les parois utérines et le chorion; nous reviendrons sur cette observation unique dans la littérature d’hydrorrhée déciduale avec vérification nécropsique.

La même année, Chassinat publie son mémoire sur la métrorrhée séreuse des femmes enceintes, et discute l’hypothèse d’une transsudation de sérum à travers les vaisseaux de la caduque. Pour Hégar, la sécrétion des glandes de la caduque hypertrophiée serait en cause. Depaul, dans le Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, admet l’épanchement de sérosité par transsudation capillaire dû au décollement prématuré des membranes de l’œuf.

Stapfer, dans sa thèse d’agrégation, insiste aussi sur l’hypersécrétion due à l’endométrite, mais pense également à une hydrorrhée traumatique ; comme Nae- gelé, il exclut les émissions de liquide amniotique du cadre de l’hydrorrhée.

Tarnier distingue l’hydropérione, hydrorrhée des trois premiers mois de la grossesse, avant l’accolement des caduques. Il l’oppose à l’hydrorrhée des derniers mois qui nécessiterait leur décollement. Il étudie aussi, avec Pinard, la question de la perméabilité des membranes.

Depuis la fin du xix siècle, on décrit généralement sous le nom d’hydrorrhée deux types d'écoulement :

Phydrorrhée amniotique, qui est due à une ouverture

CRE SRE

de l'œuf, et l’hydrorrhée déciduale, qu’on s’accorde à mettre sur le compte d’une altération des caduques.

A la suite de Tarnier et de Bar sont décrits les premiers cas d’hydrorrhée amniotique avec grossesse extra-membraneuse; enfin on admettrait actuellement que, dans l’hydrorrhée déciduale, l’endométrite est tantôt inflammatoire, tantôt trophique et sous la dépendance d’actions nerveuses ou endocrines.

Définition

. Nous donnerons au mot hydrorrhée un sens très large, et nous décrirons comme telle, toute perte d’eau venant sourdre par l’orifice interne du col, pendant la grossesse.

Nous englobons ainsi dans notre description tous les écoulements séreux et séro-hématiques d’origine ovulaire ou péri-ovüulaire survenant avant tout début de travail. Mais nous éliminons les écoulements d’ori-

gine cervicale, vésicale ou vulvo-vaginale.

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