CHAPITRE PREMIER
État de la question. Historique.
L’urèthre de la femme est le siège fréquent de tumeurs dont les origines diffèrent.
Dans cette thèse, nous avons uniquement en vue une des variétés, celle qu’on rencontre le plus souvent et qu’habituellement on désigne sous le nom de : polype du méat.
Les polypes du méat sont des tumeurs plus ou moins pédiculées, de grosseur variable, ordinairement petites, formées aux dépens de la muqueuse uréthrale elle-même, ou de ses annexes.
Les anciens connaissaient peu ces tumeurs. Ils les appelaient caroncules, carnosités ou végétations (Ambroise Paré, Morgagnii, et ignoraient leur véritable origine. Clarke et Petit les signalèrent, le premier soUs le nom de tumeurs vasculaires du méat, le
second sous celui de fongosités. Desault en fit également mention dans ses leçons.
Toutefois, la première observation sérieuse est due à Boyer, et elle est rapportée dans la Gazette des Hôpitaux de Paris , 1836.
Peu de temps après, Velpeau étudia ces tumeurs et leur donna le nom de polypes. De 1843 à 1849, le Pr Schutzemberger, de Strasbourg, puis Bavoux, Forget, Thoré et Carru publièrent plusieurs travaux intéressants sur ce sujet. En 1883, Verneuil étudia ces tumeurs sous le nom de papillômes. Alphonse Guérin les décrivit sous le titre d’hypertrophies muqueuses. En 1865, Giraldès les appela tumeurs folliculeuses. Richet et Dupin, en 1872, leur donnèrent le nom d’hémorrhoïdes uréthrales.
Depuis cette époque, MM. Ranvier, Tillaux et plusieurs autres se sont occupés de la question.