‹ Étude clinique des polypes du méat urinaireChapitre 7 sur 10 · chapitre sur ce que nous appellerons le traitement de choix · texte numérisé non relu

chapitre sur ce que nous appellerons le traitement de choix

A. — Citons pour mémoire le traitement médical.

Garru employait un mélange de poudres de sabine et de sulfate d’alumine à parties égales. On saupoudrait de ce mélange les polypes lorsqu’ils étaient extérieurs. La tumeur se flétrissait d’abord, puis, paraît-il, tombait définitivement . Coudmont touchait ces polypes avec un tampon imprégné d’eau blanche.

Bouloumié conseillait l’emploi de l’eau de Vittel à l’intérieur. D’après lui, de grandes améliorations, et

même des guérisons furent obtenues par ce traitement.

Dans certains cas, peut-être, le procédé médical a pu donner de bons résultats, mais en général, nous ne lui accordons qu’une efficacité illusoire.

B. — Le traitement chirurgical des polypes du méat comprend : la torsion, la ligature, la cautérisation et l’excision.

1° L’arrachement, par torsion, de ces polypes, a été rarement employé, si ce n’est pour tumeurs nettement pédiculées et peu vasculaires.

L’hémorrhagie consécutive, les déchirures, les rétrécissements qui peuvent survenir après l’opération, sans compter la récidive fréquente, ont fait de nos

jours abandonner ce procédé.

2° La ligature consiste à enserrer fortement le pédicule de la tumeur au moyen d’une anse de fil solide. Le polype tombe au bout de 3 ou 4 jours.

Ce procédé a été employé avec succès par le professeur Schutzemberger. Il a l’avantage de ne pas effrayer les malades et d’éviter l’hémorragie. Toutefois c’est un procédé lent, qui ne peut s’appliquer qu’aux tumeurs nettement pédiculées, et- qui est difficile à mettre à exécution si :le polype est petit, et surtout si sa base d’implantation est située profondément dans

l’urèthre. De plus, après l’opération, un morceau de pédicule subsiste toujours et peut devenir le point de départ d’une nouvelle tumeur.

Da Gamin, dans la Gazette médicale de Paris, 1843, rapporte l’observation d’une malade, souffrant d’un polype du méat, et qui n’avait voulu se soumettre qu’à la ligature. L’excroissance ne put, malgré deux opérations sucessives, être complètement détruite. Il n’y eut que demi soulagement. Pour tous ces motifs, avecVoillemier, nous considérons la ligature comme un procédé peu recommandable.

3° La cautérisation est une opération à laquelle on a eu beaucoup recours pour enlever les polypes de l’urèthre et qui compte encore plusieurs partisans.

Anciennement, on se servait de l’acide azotique, en ayant soin de protéger les parties environnant la tumeur. Plusieurs chirurgiens ont employé le fer rouge moyen rapide et énergique. Le nitrate d’argent a longtemps été en usage. De nos jours on se sert du thermocautère, de préférence.

M. Tillaux recommande beaucoup de prudence dans l’emploi de ce procédé, car il faut toujours redouter les rétrécissements cicatriciels de Purhètre. Du reste, bon nombre d’observations publiées sur ce sujet ont prouvé que cette crainte n’est pas chimérique.

4<> L’excision est certainement préférable aux trois procédés indiqués ci-dessus. Les ciseaux ou le bistouri sont les deux instruments employés d’ordinaire. Si la tumeur siège à l’entrée du canal, une petite pince tenue ouverte suffit pour maintenir le méat béant : on attire la tumeur et on l’excise. Mais dans le cas de polype circulaire, l’excision devient une opération délicate, car on peut redouter un rétrécissement post-opératoire du méat. C’est également une opération difficile, lorsque la base d’implantation du polype est profondément située dans l’urètre. Dans ce cas, il faut inciser le canal, non sur sa partie inférieure, car là est implanté le polype, mais latéralement, suivant Reliquet, sur la ligne médiane, suivant Demarquay.

Quel que soit la situation du pédicule du polype, le danger de l’excision simple est l’hémorragie consécutive à l’opération, et qui se manifeste presque toujours intérieurement. Pour l’éviter, on peut cautériser la base d’implantation du polype. Toutefois, pour les motifs que nous avons exposés, lorsque nous avons parlé de la cautérisation, il nous semble préférable, pour prévenir l’hémorragie, de placer une sonde à demeure dans l’urèthre, pendant un certain temps, après avoir excisé la tumeur, ou encore de pratiquer le tamponnement du vagin pendant quelques heures après l’opération. Ajoutons que l’excision ne met pas à l’abri

des récidives. Nous avons lu dans la Gazette médicale de Paris, 1843, une observation de Da Gamin, rapportant qu’il fallut une ligature, puis consécutivement deux excisions, pour guérir une femme de 20 ans d’un polype de l’urèthre.

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