‹ Étude Clinique et Expérimentale de la Leucocytose dans l'ÉrysipèleChapitre 31 sur 38 · RÉ MA ON · texte numérisé non relu

RÉ MA ON

notons la proportion élevée des éléments mononucléaires, petits ou grands, des formes intermédiaires surtout, fait que Besredka a déjà signalé à propos de la diphtérie lorsque l'issue doit être fatale ;

Cette polynucléose (leucocytose polynucléaire), a également été observée, et dans des expériences sur des animaux de laboratoire par Courmont et Nicolas, mais ces auteurs notent qu'elle précède de quelques heures, deux ou trois, une hypoleucytose totale et surtout polynucléaire (élective sur les polynucléaires), qui serait le phénomène ultime.

Malgré nos soins, il ne nous a pas été possible de pratiquer un examen moins de quatre heuies avant la mort, et encore n’en avons-nous fait qu'un, dans un cas de mort au cours de Pérysipèle. Mais rien ne nous fonde à conclure qu’il en est de même chez l'homme en dehors de l'observation que nous venons de citer. Par contre, il nous a.été donné de pratiquer un examen au moment même du décès, (dans un cas d'infection généralisé (septicémie) non due au streptocoque) et nous avons pu constater que la proportion des poly atteignait 92 °/.. Considérons d’autre part que nos examens à la chambre humide dénoncent une hyperleucocytose générale, dans tous les cas mortels, et avec une telle régularité, qu'il ne nous semble pas osé, dans notre pratique, de fonder un mauvais pronostic, non pas uniquement sur l'élévation brusque des numérations de la chambre humide, mais elle entre en facteur pour le justifier (ce mauvais pronostic), l'étayer, lorsque la décomposition du pourcentage total. des éléments blancs est telle, par exemple, que celle de l’observation IV au cinquième jour. En d’autres termes, nous considérons la situation comme grave lorsque nous rencontrons plus de 12000, à la chambre humide, avec une proportion de polynucléaires supérieure à 90 °/.. C'est une observation de ce genre qui nous avait fait porter un pronostic très sévère, à propos de la malade de l'observation X, où nous avons trouvé ces chiffres. Mais des observations ultérieures et poursuivies, aujourd'hui encore, nous ont montré que chez le vieillard, l'évolution de la fopaales hémoleucocytaire, est bien diécrehte, comme nous allons l'exposer à propos de notre troisième groupe.

En définitive,

Chambre humide très élevée, 15000.

Poly au-dessus de 02 2}.

Absence de lymphocytes et d’éosinophiles.

Répartition des 8 °/, restant en majorité sur les formes intermédiaires où petits mononucléaires, pronostic grave.

Quant à l'hypoleucocytose terminale signalée dans les trävaux que nous avons parcourus à propos de ce mémoire, il nous semble que : S'il s’agit d’une diminution du nombre total des éléments blancs, elle est peut-êlre réelle, mais cette constatation ne saurait être faite qu'avec le mélangeur Potain et la chambre humide et nous avons suffisamment exposé la délicatesse extrême dé ce mode de numération. Exposons en outre que toutes les conditions qui modifient la circulation du sans, peuvent influer sur la quantité totale des globules blancs qui passent dans une goutte de sang donné, et qu’à l'heure ultime de la vie, les phénomènes nerveux vaso-moteurs sont trop incontestables pour ne pas influer. Ajoutons enfin qu’à eux seuls ils suffisent à modifier le nombre total.

S'il s’agit au contraire d'une hypoleucocytose élective portant sur les polynucléaires (abaissement brusque du taux des poly) il ne nous semble pas que cela soit conforme aux phénomènes qui se passent. En outre que cette constatation n'est acceptable logiquement par l'esprit qu’à la faveur de l'hypothèse de la phagocytose. Dans ces cas, on admet en effet que les phagocytes rebroussent chemin, selon l'expression de Courmont et Nicolas.

Disons incidemment que nous sommes tout à fait ralliés à cette hypothèse, mais constatons qu'elle seule permet d’expliquer lhypoleucocytose polynucléaire terminale, et que cette dernière resterait comme un fait sans raison sans elle; nous, tenons à faire constater qu'elle est le seul fondement logique de ces observations dont la valeur et la sincérité est incontestable et hors de doute. On concoit mal qu'une hypoleucocytose remettant d’un trouble vasculaire (vaso-moteur) soit une hypoleucocytose élective portant seulement sur les polynucléairés, on ne voit pas bien pourquoi les seuls poly seraient retenus dans les vaisseaux. Ceci, pour bien établir qu’en dehors de l’hypothèse de la phagocytose, cette observation n’a pas d’explication

logique, c'est un fait d'observation, certain, mais dont la raison nous échappe.

D'ailleurs, c'est en vue d’un contrôle exp ‘rimental de la phagocytose que ce travail avait primitivement été entrepris et ce n'est qu'ultérieurement qu'il a été localisé à la seule étude de la leucocytose dans lérysipèle, ceci pour bien montrer notre idée directrice ; d'autre part, des études en cours nous permettront, si les loisirs de la profession nous en laissent le temps, d'étudier cette question de l'hypoleucocytose polynucléaire terminale qui ne semble pas très bien posée.

Ajoutons pour terminer que l'état de la circulation périphérique a une influer ce considérable sur le résultat de la chambre humide . Exemple sur une personne normale : voici l'épreuve très simple que nous avons faite : À deux minutes d'intervalle : on fait une prise de sang à un doïgt qui vient de tremper dans de l’eau à 40°, puis sur un autre re roidi par une compresse trempée dans l’éther, on trouve :

Doigt chaud Doigt froid GARE FO 12 GM 11 GM Ch.h. 5050 9 L Ch.h.2550 8 L ral it I OS 0, E

Pour terminer, pourquoi ne pas supposer que c'est au plus chaud de la lutte, au moment où l'engagement est le plus vif, que l’armée des défenseurs succombe ?... Et, dans cette hypothèse, qui nous empêche d'en trouver la raison dans l’insuffisance du nombre des combattants, ou bien dans l'insuffisance de leurs qualités comme éléments de lutte; ce serait, il nous semble, une hypothèse plus satis aisante pour esprit, et si, dans l'avenir, il nous est possible d'effectuer des numérations au moment même de la mort, sans oser croire que nous y trouverons la justification d'une proposition un peu prématurée, au moins espérons-n us y voir la constatation du fait et le contrôle soit de l'hypo soit de l'hyper-polynucléose terminale. Et nous

nous proposons de le rechercher avec la plus rigoureuse impartialité.

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