‹ Etude Clinique et Expérimentale des EntéritesChapitre 22 sur 57 · EG · texte numérisé non relu

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Nous avons poursuivi un certain nombre de recherches sur divers animaux en vue d’élucider différents points particulièrement intéressants de cette élimination microbienne intestinale, à laquelle nous avons donné le nom de dientéropédèse bactérienne (1).

Nos recherches ont porté sur le chien et surtout sur le lapin. Si sa flore mycosique de cet animal est très variée et très nombreuse, sa flore microbienne est au contraire peu complexe. Le duodénum est à peu près stérile, l’iléon ne contient guère que du coli-bacille et du subtilis, le cæcum et le côlon contiennent les mêmes espèces et accessoirement du staphylocoque blanc et de l’entérocoque. Les anaérobies de l’appendice sont assez nombreux mais comme aérobies nous n'avons rencontré que les microbes que nous venons de citer. Une fois Gilbert et Lippmann ont décélé le streptocoque; jamais nous n'avons pu le constater sur un grand nombre d’animaux.

L’intestin du lapin en particulier ne contient ni typhique, ni paratyphique, ni pyocyanique, ni pneumobacille de Friedländer, ni dysentérique, ni véritable pneumocoque, el le streptocoque y est absolument exceptionnel.

Par contre le chien, surtout celui des rues, a une flore nombreuse presque aussi variée que celle de l'homme; en particulier, les paratyphiques y sont fréquents.

Nos recherches ont porté sur le bacille pyocyanique,

(1) De raiôo, je passe, dx au travers, evrépou l'intestin.

ob

le Friedländer, le bacille tuberculeux, le bacille du charbon et surtout le streptocoque, le bacille dysentérique, le bacille d'Eberth etle pneumocoque. !

Le choix de ces agents pathogènes nous a été dicté par différents faits cliniques, et en particulier par la fréquence des entérites typhiques ou pneumoniques et des

appendicites streptococciques.

Elimination du streptocoque.

Nos expériences ont porté sur le lapin. Nous nous sommes servis pour isoler notre streptocoque d’un procédé signalé par Courmont et étudié par Lacomme (156). En bouillon caféiné à 1,/° à peu près seuls, le streptocoque, le subtilis, le bacille d’Eberth (ou du moins la plupart de ses échantillons) et le bacille dysentérique poussent; le coli-bacille ne pousse pas, bien qu'il ne meure point.

Nous avons toujours ensemencé la totalité de la bile ; quand il y en avait nous ensemencions totalité ou partie de l'urine suivant les cas, enfin nous n’ensemencions que 2 ou 3 centimètres cubes de sang.

Dans toutes ces expériences en effet, aussi bien avec le streptocoque qu'avec les autres microbes, seulement une petite quantité de sang a été ensemencée; car, autant en clinique il est important de faire l’hémoculture massive pour dépister la septicémie, autant ce procédé en expérimentation donne des résultats fallacieux.

Il est certain que l’hémoculture totale donnerait tou- Jours des résultats positifs même s'il n'ya que de très

pate. ln

rares bacilles dans le sang, tandis qu'avec ce procéde d'hémoculture « à minima » les résultats quand ils sont positifs indiquentunegrosse septicémie.Négatifs, au contraire,ilsindiquentque la septicémie estminimeoun'’existe pas, ce qui donne ainsi aux résultats positifs obtenus avec des ensemencements d'organes une grande valeur.

Tantôt, nous avons injecté une faible dose de streptocoques dans la veine marginale et nous avons attendu la mort de l'animal ou nous l'avons sacrifié plusieurs jours après l’inoculation (Exp. I à exp. VI inclusivement) ; tantôt (Exp. VIIT à exp. XV) nous avons injecté une dose relativement considérable de microbes par la voie intraveineuse et nous avons sacrifié l'animal un court laps de temps après l'injection. L'emploi simultané de ces deux méthodes est intéressant; il permet de décider en effet si l'élimination est précoce — et dans ce cas c’est un véritable phénomène vital, —ou si elle est tardive — et dans cette dernière occurence ce pourrait n'être qu'un phénomène préagonique.

Nous avons employé deux échantillons de streptocoques. L'un (échantillon A) provenant d'un érysipèle du bastion 29, à nous confié par le D' Lesné, un autre (échantillon B) retiré par hémoculture d’une bronchopneumonie grippale.

L'échantillon A avait subi une série de passages successifs à travers l’appendice du lapin avant que nous fissions nos expériences.

Les deux tableaux suivants résument nos résultats. Le protocole de ces expériences et des suivantes sera placé à la fin du mémoire.

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