CONCLUSIONS
I.— L’Entérite est un phénomène fréquemment observé au cours d'infections et d’intoxications sanguines.
IT. — Les infections qui déterminent l'entérite sont surtout les septicémies éberthienne, pneumococcique et bacillaire, moins fréquemment, la grippe, les maladies éruptives, en particulier la rougeole, les septicémies streptococciques, primitives ou secondaires à l'infection puerpuérale, l’amygdalite, etc., plus rarement enfin le paludisme, la fièvre rhumatismale articulaire aiguë, la mélitococie, la méningococcie, etc. |
III. — Les intoxications qui sont cause d’entérite sont surtout ; l’intoxication mercurielle et l’auto-intoxication urémique, moins fréquemment l'intoxication arsenicale, les auto-intoxications de la goutte, du diabète, des états surrénaux, ec.
IV. — L'origine digestive, canaliculaire, de ces entérites n’est pas prouvée; au contraire, clinique, anatomie pathologique et expérimentation tendent à en démontrer l’origine sanguine.
V. — Les entérites hématogènes observées dans ces états toxi-infectieux sont tantôt étendues (entérites proprement dites), tantôt circonscrites (ulcérations duodé-
, cd +) nales, colites et surtout appendicites,.
VI. — Le tableau de ces entérites hématogènes est cliniquement comparable à celui des entérites d’origine canaliculaire.
Les appendicites des septicémies, par exemple celles de la grippe se présentent en particulier sous le même aspect clinique que les appendicites d'autre nature. Comme celles-ci, elles peuvent être toxiques, gangréneuses, ulcéreuses ou catarrbales. Elles peuvent affecter la même allure chronique et présenter les mêmes poussées soit spontanément, soit à l'occasion d’une nouvelle maladie infectieuse. Leur évolution est comparable; le traitement doit donc être le même.
VII. — La fréquence de ces localisations intestinales au cours des infections et des intoxications générales s’explique par le rôle actif que joue la muqueuse intestinale dans l’élimination des microbes, des toxines, des poisons.
VIII. — Dans les septicémies humaines, l'élimination microbienne, parfois évidente, est pour’des raisons de technique souvent délicate à mettre en lumière; par contre, dans les septicémies expérimentales, elle est sinon constante, du moins très fréquente.
Le streptocoque, 11 fois sur 13;
Le bacille d’Eberth, 6 fois sur 12;
Le bacille dysentérique, 5 fois sur 7:
Le pneumocoque, 4 fois sur 4:
Le pneumo-bacille, 1 fois sur 2;
Le pyocyanique, 1 fois sur 3;
Le bacille de Koch, 1 fois sur 2;
se sont éliminés par la muqueuse intestinale.
rie
IX. — Cette élimination, tantôt est généralisée à tout le tube digestif : c’est l'élimination diffuse que l’on peut rapprocher de l’entérite diffuse; tantôt est localisée à tel ou tel segment :.
Ainsi l'élimination du pneumocoque est diffuse; au contraire,le bacille dysentérique s'élimine exclusivement par le gros intestin, le streptocoque et le bacille d'Eberth surtout par l’appendice.
X. — Plus que tout autre segment de l'intestin, l'appendice possède donc cette fonction d'élimination microbienne; ce fait expliquelafragilité delamuqueuse appendiculaire dans les infections dont elle élimine l’agent eausal.
XI. — L'élimination de toxines microbiennes est difficile à prouver expérimentalement; il semble cependant que les toxines tétanique, diphtérique, coli-bacillaire et dysentérique, la plupart des hétéro-albumines, s’éliminent par l'intestin; au contraire, l’anti-toxine tétanique ne paraît pas s'éliminer par cette voie.
XII. — L'élimination des toxiques est facile à mettre -en évidence.
La muqueuse digestive est la voie d'élimination principale pour la chaux et le fer; c'est une voie d'élmination accessoire à l'état physiologique mais non négligeable dans certains états pathologiques pour les produits azotés, en particulier l’urée, le chlorure de sodium et le glucose. Cette élimination parfois massive détermine de la diarrhée : diarrhée d'élimination que l’on constate parfois chez les azotémiques, les chloru-
rémiques et les glycémiques.