‹ Étude Clinique et Pathogénique des Arthropathies Sérigues (volume 2)Chapitre 17 sur 32 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic des arthropathies sériques est en général aisé lorsqu'on connaît leur durée d’incubation et leur allure clinique. Sans aucune autre manifestation particulière, on peut dire des arthropathies, comme de tout accident sérique tardif isolé, fût-ce même la température, qu’elles sont suffisamment caractérisées par la date à laquelle elles apparaissent. En outre pour le diagnostic positif nous nous baserons sur les caractères de ces arthropathies. Elles sont polyarticulaires, leur début est brutal, elles se localisent le plus souvent au niveau des articulations temporo-maxillaires et vertébrales. Des manifestations cutanées dues au sérum confirment souvent le diagnostic.

Toutefois le diagnostic n’est pas toujours aussi aisé et doit parfois être discuté avec des arthropathies d’origine diverse et que le rhumatisme sérique peut simuler.

Les arthropathies sériques sont trop différentes du rhumatisme gonococcique pour prêter à confusion. Il n’en est pas toujours”de même du rhumatisme articulaire aigu. Romniciano rapporte lui-même une erreur de diagnostic. Dix à quinze jours après une

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injection de sérum survenaient des arthralgies généralisées et il se hâtait de porter le diagnostic de rhumatisme articulaire aigu. Le lendemain les douleurs avaient régressé grâce à deux grammes desahcylate, mais le corps était couvert de taches d’un rouge vif. «Je déclarais aux parents, dit-il, que l'enfant avait la

rougeole ». Vingt-quatre‘ heures après apparaissait

l’urticaire et je vis que j'avais affaire non à la rougeole mais bien à des troubles provenus à la suite des injections de sérum». Cette observation date de 1895, on ne connaissait bien comme accident sérique que l’urticaire. En l’absence de celle-ci bien des erreurs de diagnostic durent être faites. Aujourd’hui il n’en est plus de même. On pense avant tout aux arthropathies sériques. Toutefois il est des cas particulièrement difficiles ; principalement lorsqu’aux arthropathies viennent s'associer des troubles cardiaques, de l’assourdissement des bruits du cœur, comme dans une observation rapportée par MM. Weill Hallé et P. P. Lévy.

I est d’autres cas où le diagnostic peut être délicat. L'affection traitée par le sérum, peut ou se compliquer d’arthropathies: c’est le cas de la diphtérie, dela pneumonie, de l’érysipèle, etc... surtout de la dysenterie bacillaire, — ou se manifester directement par de la douleur, de la contracture articulaire au niveau des articulations temporo-maxillaire, siège habituel des arthropathies sériques : c’est le cas du tétanos.

Nous ne dirons qu’un mot des arthropathies survenant à la suite d’une infection pneumococcique ou streptococcique. Elles sont généralement mono-articu-

RER laires et le plus souvent purulentes. Elles compliquent rarement une infection locale: pneumonie ou érysipèle. Le plus souvent elles accompagnent une septicémie et le diagnostic est évident du fait des symptômes

graves et de la purulence dé règle dans ces cas.

Pour les arthropathies diphtériques, il en est un peu de même. Elles furent étudiées avant l'emploi du sérum et déjà elles étaient rarissimes. M. Comby exprima son étonnement en lisant la thèse de Bernardbeg, consacrée à leur étude, car jamais il n’avait eu l’occasion d’en rencontrer. Depuis lemploi du sérum on ne parlait plus de ces complications quand M. Barbier exprima l'opinion que la fréquence des arthropathies diphtériques était triplée depuis l'emploi du sérum. Dans un mémoire il en rapportait 6 observations. Cinq fois il y avait association d’éruption sérique et nous pensons que malgré la présence de paralysies diphtériques 1l s’agissait au moins quatre fois d’arthropathies sériques. La première et la der-

mière observations sont plus délicates à discuter. Il n’y avait pas de purulence, mais 1l pouvait s’agir d’une forme fruste sans épanchement, ou d’une forme avec épanchement aséptique signalées par Moizard. Depuis, aucun auteur n’est venu en signaler de nouveaux cas. Ces faits rarissimes et douteux ne peuvent apporter une hésitation dans le diagnostic des arthropathies sériques. L'évolution, l’épreuve du traitement apporteront toujours la preuve du diagnostic.

Beaucoup plus fréquente relativement est l’arthropathie dysentérique. Mais ici le diagnostic est en

général aisé du fait de certains caractères de ces accidents. Les arthropathies dysentériques débutent le plus souvent au vingtième jour de la maladie. L’évolution est progressive. Le début est lent : d’abord de la douleur puis après quarante-huit heures apparition de signes physiques. Le genou est toujours intéressé et est souvent la seule articulation atteinte (Klein, Waller). L'évolution se prolonge plusieurs semaines et se termine soit par la guérison, soit par la purulence, du fait d’une infection secondaire généralement colibacillaire (Klein, Dopter). |

Il existe enfin un dernier groupe de cas où le diagnostic peut présenter des difficultés. À la suite d’une blessure un peu suspecte un individu se fait faire une injection de sérum antitétanique. Au cours du deuxième septennaire du trismus et de la raideur de la nuque apparaissent. S'agit-il du tétanos que l’on redoute, ou est on en présence d’une forme pseudotétanique des arthropathies sériques ? Le diagnostic est parfois délicat. Nombreux auteurs rapportèrent | des observations où le doute fut possible; il en est même ou l'erreur fut commise. Parmi ces dernières, les plus classiques sont les observations rapportées par MM. Vennat et Micheleau de deux cas de tétanos développés malgré l'emploi préventif du sérum. Dans ces deux cas comme M. Vaillard le prouve à l’époque où ces observations furent publiées, il s'agissait d’accidents sériques. La première observation est la plus troublante c’est elle que nous nous permettons de

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