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doni, 1889. Charrin, Massion Roger). Une échelle de toxicité fut dressée; le cheval était reconnu fournir le sérum le moins toxique, d’où cette recommandation de M. Roger de s'adresser aux équins lorsqu'on veut faires des essais de sérothérapie. Nous ne rappellerons pas les chiffres de cette échelle de toxicité des sérums car MM. Beclère, Chambon et Ménard démontrèrent que cette échelle applicable au lapin n’était pas directement superposable pour l’homme. Des sérums aux origines les plus diverses furent fabriqués et l’on put ainsi établir pour l’homme une échelle de toxicité. Le sérum de cheval restait pour l’homme parmi les moins toxiques. Les sérums de bœuf et de chien sont à rejeter (Netter, Pehu). Le sérum humain, par contre, était considéré inoffensif. Il n’en est rien toutefois, car MM. Netter et P. L. Marie rapportèrent des cas — rares il est vrai — d’accidents sériques à la suite d’injection de sérum humain par voie intrarachidienne et intraveineuse. En résumé, taux variable suivant les espèces, mais toujours possibilité d'accidents sériques.
Suivant le producteur lui-même. Dans une même espèce animale on rencontre des coefficients très variables de la toxicité du sérum suivant le producteur lui-même. La différence de toxicité de diverses séries de sérum antidiphtérique fut très manifeste au début de la sérothérapie. Tous les auteurs (Moizard, Legendre, etc...) signalent le fait. Cette toxicité, elle tient d'une part à une particularité persistante et individuelle «le sérum de certains chevaux est manifestement hypertoxique sans” cause apparente» (Lesné et Ch.
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Richet). Elle tient d'autre part à des conditions contingentes diverses : question de races, d’âge, d’alimentation, de stabulation. Certains états physiologiques ont une importance particulière très nette. Le sérum d'une jument en rut sera très toxique (Jousset); à la période de reproduction, la toxicité de sérum de certains animaux est très marquée (Bokay). En un mot «il y a pour un même animal des saignées dont les sérums produisent des troubles plus fréquents (Kuss). C’est pour éviter les différences de toxicité dues à ces facteurs que l’Institut Pasteur fait un mélange des divers sérums des chevaux immunisés contre la même toxine, avant de les détailler. (
Préparation. — La manière dont le sérum est préparé à une influence importante sur son degré de toxicité. En Allemagne et en Autriche les médecins se plaignaient d’accidents dont la fréquence et la violence étaient ignorées en France. La raison ne pouvait en être que dans le mode de préparation du sérum employé. Rappelons que le sérum de Behring est un sérum frais additionné d’acide phénique et livré de suite au commerce. Le sérum de l’Institut Pasteur est au contraire un sérum chauffé et employé au minimum trois mois après sa préparation. |
Comme l’a montré M. Besredka, l’addition d’un liquide conservateur tel que acide phénique ou chloroforme n’a aucune action sur la toxicité du sérum. Par contre deux facteurs ont une grosse importance au point de vue tolérance: ce sont le chauffage et l’âge du sérum.
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a) Le chauffage. — C’est M. Hayem qui le premier eut l’idée de chauffer le sérum pour combattre ses propriétés toxiques. Ses expériences furent faites : avec du sérum de chien chauffé à 56 à 570 injecté à des lapins. Il ne voulut pas étendre d’emblée à la clinique les résultats heureux de laboratoire, mais cependant le 29 mars 1895, 1l engage ses collègues à faire des essais du même genre avec du sérum antidiphtémque. Le conseil ne fut pas suivi et l’année suivante ce sont encore des résultats expérimentaux qui sont publiés par MM. Beclère, Chambon et Menard. Ces auteurs prévoient «le parti qu'on pourrait tirer de la constatation de l’action de la chaleur pour la prophylaxie des accidents sériques dans l’espèce humaine ». Ce ne fut que beaucoup plus tard que l'étude do l’action dela chaleur fut définitivement reprise par M. Besredka, | Les résultats de ses expériences sont les suivants. Chauffé à 100 degrés pendant vingt minutes, un sérum (dilué pour empêcher sa coagulation) a perdu toute toxicité. Ce même sérum chauffé seulement à 900 donne des accidents légers, à 75° des accidents assez marqués. Comme l’antitoxine est détruite vers 600 il faut réduire le chauffage, mais on peut répéter la chauffe : tyndaliser. Aussi la méthode française ést la chauffe à 560, quatre jours consécutifs pendant une heure chaque jour. La toxicité de sérum ainsi employé est quatre cent cinq fois plus faible que celle du sérum frais.
b) L’âge du sérum est le second facteur important. M. Chantemesse avait remarqué que le sérum vieilli
dans les flacons produisait moins d’accidents que le sérum récent. Sur ce point c’est encore à M. Besredka que revient l’honneur d’avoir précisé les rapports entre l’âge d’un sérum et sa toxicité. Le sérum de cheval est très toxique le jour de la saignée. Cette toxicité décroit rapidement et est diminuée de moitié le onzième jour. Elle continue à décroître lentement pendant deux mois. Passé ce délai la, toxicité se maintient sensiblement au même niveau; elle diminue mais d’une façon. à peine appréciable. Elle ne disparaît jamais complé- -tement.
Nous ne parlerons pas des expériences nombreuses qui furent faites dans le but d’obtenir un produit non toxique, soit par précipitation des albumines à froid, soit par essai de combinaison des antitoxines à un sel métallique, soit par simple addition d’une substance chimique H CI à la dose de 3,3 p. 1.000 (Carnot et Slavu) (20), elles ne donnèrent aucun résultat. Dans la préparation du sérum seuls le chauffage et l’âge jouent un rôle important, mais 1l faut noter que ce rôle a une action générale sur les accidents et ne paraît nullement avoir une action spéciale sur les arthropathies. Nature spécifique du sérum. — La nature spécifique du sérum fut incriminée. Le sérum antitétanique fut le premier accusé de favoriser les accidents, puis ce fut surtout le sérum antituberculeux. Il faut rechercher les raisons de cette fréquence dans les conditions étiologiques relevant du sujet.
La nature spécifique d’un sérum n’influe en rien dans la production des accidents sériques quels qu’ils soient.