PATHOGÉNIE
Il nous reste maintenant à déterminer le mécanisme des arthropathies sériques. |
Ce que l’on sait certainement et depuis longtemps c’est que le rôle des antitoxines est nul dans la pathogénie des accidents. Certains symptômes souvent
associés : l’adénite et surtout la fièvre, furent les.
bases de la théorie infectieuse. Le streptocoque fut mis en cause par M. Legendre, aujourd'hui cette théorie n’est plus admise; la fièvre n’est plus considérée comme la signature certaine d’une infection; le sérum seul est responsable et sans venir réveiller
un microbisme même latent, il provoque des accidents
en déterminant une intoxication. Cette toxicité primaire est-elle la cause des arthropathies comme celle des autres accidents sériques; en un mot, les arthropathies relèvent-elles directement du sérum; sontelles dues à une intoxication exogène ? Nous ne le croyons pas. Leur rapport si intime avec les modifications urinaires nous oriente vers une toute autre conception. Les arthropathies sériques sont dues à une
auto-intotication; nous en trouvons les preuves dans L AT pa à { Î les données cliniques et étiologiques que nous avons
signalées.
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a) L’incubation. — Elle est de dix à quatorze jours. Or cette incubation correspond exactement au temps où le sérum est dans l’organisme. C’est au moment précis où 1l disparaît de la circulation comme le prouvent les épreuves des précipitines, que les phénomènes articulaires éclatent. Ce symptôme retardé est bien différent des autres accidents sériques; et il ne présente vraiment des analogies qu'avec l'hypotension tardive. Celle-ci survient également après une longue incubation; elle arrive à son maximum au moment où apparaissent les phénomènes articulaires. Aussi pensons-nous avec MM. Jousset et Binet que ces symptômes tardifs sont en relation avecuneréaction humorale, lente, engendrée par l’organisme humain lui-même et dont l'injection de sérum n’est qu’indi- ‘rectement responsable.
b) Les modifications du sang. — Cette hypocoagulabilité qui succède à partir du troisième jour à une hypercoagulabilité est l'indice de modifications humorale. \
c) Les modifications dans le syndrome urologique. — Cette transformation du rapport des bases purines sur les phosphates est instructive. De 0,25 à 0,28 chiffre normal nous arrivons à-1,2 et même 6. Il y a d’une part diminution des phosphates mais le fait est banal et se rencontre dant tout processus fiévreux.
Dans ces cas de fièvre 1l y a conservation du rapports, car les urates diminuent proportionnellement aux phosphates. Or, dans les arthropathies sériques, il y a d’autre part augmentation des urates.