DANSE
Douleurs articulaires avec décharges uratiques et
souvent fièvre: voilà un syndrome qui ne manque
pas d’une certaine analogie avec le syndrome de la voutte aiguë fébrile. Certes les auteurs ne sont pas
d'accord pour savoir si les décharges d’urates dans l'accès de goutte sont seulement antérieures et postérieures à l'accès ou si elles l’accompagnent. Il est plutôt admis qu'il y aurait diminution à ce moment,
mais dans son évolution générale l’accès de goutte
est caractérisé par une élimination organique exagérée d’urates, Peut-être des analyses du sang par les nouvelles méthodes préconisées par M. le PT Chauffard confirmeraient notre hypothèse par la présence d’une hyperuricémie. La non existence de celle-ci ne serait du reste pas une preuve contre notre théorie. Le passage dans le sang peut n'être dû qu’à une intoxication chronique; il pourrait ne pas exister
au cours d’une auto-intoxication analogue mais seu-
lement passagère. | À côté de ces preuves que nous fournit ie labora-
toire par l’étude des précipitines, de la coagulabilité et:
du éyndrome urologique, il existe des preuves cliniques.
d) L’âge et les antécédents du malade. — Les arthropathies surviennent chez les adultes et surtout chez les goutteux, les arthritiques. Les deux observations de M. Jousset de ces crises de goutte, unique
manifestation toxique tardive consécutive à l’injec-
üon de sérum chez des goutteux apportent des preuves cliniques manifestes de l’analogie des accidents articulaires sériques et goutteux.
en"
e) Le froid joue un rôle manifeste dans les arthropathies sériques comme dans la goutte. Nous avons insisté dans la description clinique sur le siège des arthropathies et nous avons montré avec quelle fréquence les articulations des mains, des épaules, du cou et de la mâchoire étaient atteintes. Nous ne pouvons expliquer cette élection particulière pour ces articulations qu’en faisant intervenir le rôle du froid. Les articulations découvertes sont de beaucoup les plus atteintes. Souvent du reste les malades reconnaissent avoir eu froid.
f) Les effets du traitement seront de nouvelles preuves pour notre théorie. Le spécifique de la goutte, la teinture de colchique agit très bien sur les arthropathies sériques. Toutefois il n’est pas ici véritablement spécifique et le salicylate donne de bons résultats. On peut employer la colchique seule; mais il ne faut pas oublier qu'il s’agit d’un médicament toxique, délicat à manier; aussi, dans la pratique courante, il vaut mieux recourir à un médicament plus anodin : nous voulons parler du salicylate. Aussi lui ferons-nous une large place dans le traitement que nous préconiserons. |
Cette pathogénie qui fait du rhumatisme sérique un rhumatisme goutteux, dû à une auto-intoxication par des colloïdes organiques plus ou moins dégradés, nous l’avons appuyée sur des preuves biologiques, chimiques, cliniques et thérapeutiques. Elle s’oppose à la théorie habituellement admise: l’anaphylaxie : qu'il nous reste maintenant à réfuter. L'anaphylaxie
paie
ne joue aucun rôle dans la pathogénie des arthropathies sériques. Anaphylaxie : mot magique dont la fortune fut immense et qui servit à expliquer toute pathogénie un peu obscure. Après les remarquables expériences de M. Richet « l'erreur a été de vouloir trop unifier et de transporter — les conditions n’étant pas égales d’ailleurs — à la clinique les enseignements schéma-
tiques du laboratoire» (Pehu). « Laboratoiré où l’ana-
phylaxie a pris naissance mais d’où elle ne doit pas sortir » (Comby). Au congrès de Médecine de 1912, M. le professeur Chauffard mit en garde contre l’exten-
sion abusive du terme : anaphylaxie. Mais, malgré,ses .
sages conseils, l’anaphylaxie se répandit de plus en plus dans la pathogénie médicale, aussi bien en France qu'à l'étranger. En France, toutefois, l’anaphylaxie
perd du terrain depuis le jour où M. Jousset déclarait :
«En sérothérapie l’anaphylaxie n’existe pas». Elle perd du terrain ou pour mieux dire elle rentre dans son domaine. Reprenons la définition de M. Richet : . (L’anaphylaxie est un état d’hypersensibilité aux
actions toxiques, déterminé après une période d’incu-
bation par l'injection ou l’absorption d’une substance hétérogène ». L’injection de la dose déchaînante amène expérimentalement des accidents constants, immédiats, très graves, généralement mortels; accidents très différents de ceux que ces animaux avaient pu présenter à la suite d’une première injection. En clinique nous trouvons au contraire des arthropathies fréquentes après une première injection alors qu'après réinjection ces accidents sont exceptionnels et toujours