PÉRIODE D'ETAT
Parmi les formes habituelles des arthropathies sériques, 1l est facile de schématiser deux types, l’un d’arthropathies généralisées, l’autre d’arthropathies localisées à quelques articulations.
Type céÉnéraLisé. — C’est un type assez habituel lorsque les arthropathies présentent une certaine intensité. Vers le douzième jour après une injection de sérum, brusquement le malade est pris de douleurs localisées aux articulations et à leur voisinage. Il éprouve une sensation d’impotence et en cherchant à la vaincre il fait quelques mouvements qui sont très douloureux. Il s’agit d’une arthralgie essentiellement polyarticulaire et le plus souvent nettement : symétrique. Toutes les articulations ne sont pas prises d'emblée. Souvent 1l y a comme une marche ascendante du processus. Les douleurs débutent par les membres inférieurs au .niveau des articulations tibiotarsiennes, des genoux puis des hanches. Rapidement elles gagnent les membres supérieurs : les épaules, iles coudes, les poignets et les articulations métacarpophalangiennes. Enfin vers la fin du premier jour elles se localisent aux articulations de la face et du cou : articulations temporo-maxillaires et cervicales. Nous
n'avons cité que les principales articulations, mais il faut savoir que toutes peuvent, être intéressées, aussi bien celles du tarse que celles des phalanges, les radio-cubitales, les vertébrales inférieures aussi bien que les articulations des osselets (c’est aux arthropathies de la chaîne des osselets qu'il faut attribuer la surdité quelquefois rencontrée pendant la
période des arthropathies).
À l'examen, les signes objectifs sont variables. Ils peuvent être nuls et cela se rencontre dans près de la moitié des cas. Dans les autres cas, il y a de l’œdème
périarticulaire, quelquefois une légère hydarthrose. La rougeur des téguments est inconstante.
Comme signe’ fonctionnel : la douleur. La douleur spontanée est plus ou moins vive; les malades éprouvent surtout une sensation de gêne d’autant plus marquée qu'il y a plus de gonflement articulaire ou périarticulaire. La douleur provoquée par le moindre mouvement actif ou passif, ou par la pression est par contre extrêmement intense. Souvent à l’arthralgie se joint de la myalgie. La douleur s’étend aux masses musculaires avoisinantes; tantôt elle est plus marquée au niveau des muscles, tantôt; cas le plus fréquent, elle est maxima au niveau des articulations.
Le second jour ces douleurs polyarticulaires et erratiques sont souvent, principalement dans les cas où il n’y a pas de signes objectifs, atténuées au niveau des membres inférieurs, mais elles présentent leur paroxysme au niveau de la face et du cou. Quelquefois une épaule ou une main est restée très douloureuse. Au niveau des articulations temporo-maxillaires, la myalgie des masticateurs est pour ainsi dire constante : d’où un trismus souvent intense; le malade ne peut ouvrir la bouche, l’alimentation ne saurait être que liquide. Souvent également, myalgie des masses musculaires paravertébrales, d’où contracture et raideur de la nuque. Tout mouvement de latéro torsion aussi bien que de flexion et d’ extension est très douloureux. 4
Ces symptômes persistent avec cette intensité deux ou trois Jours. Le quatrième ils sont déjà atténués et
disparaissent complètement le cinquième jour.
A côté de ce type généralisé on peut rencontrer :
TyPE LOCALISÉ A QUELQUES: ARTICULATIONS. — Cet aspect clinique est plus fréquent encore que le précédent, il est surtout caractéristique des formes discrètes d’arthropathies.
L’affection demeure polyarticulaire et erratique, mais seulement quelques articulations sont prises, généralement les unes après les autres. Le processus saute rapidement d’une articulation à une autre pour venir bientôt se fixer à une ou deux qui resteront particulièrement douloureuses. Le caractère de. bilatéralité ne se rencontre guère qu’au niveau des articulations temporo-maxillaires, quelquefois aux mains, plus rarement aux épaules. Les signes physiques, gonflement et rougeur, peuvent exister mais sont assez inconstants. La myalgie accompagne souvent l’arthralgie, principalement au niveau de la face et du cou.
Toutes les articulations peuvent être touchées; mais certaines sont manifestement beaucoup plus souvent atteintes, Nous citerons les tibio-tarsiennes, les articulations des genoux, des épaules, plus souvent encore les mélacarpo-phalangiennes, les cervicales, enfin et surtout les articulations temporo-maxillaires. Les douleurs sont spontanées mais surtout provoquées par la pression et les mouvements. Elles persistent hors de toute thérapeutique pendant trois ou quatre jours, souvent moins longtemps.
PHÉNOMÈNES LOCAUX Associés. — À côté des phénomènes articulaires dont on ne peut séparer les