AU SÉRUM
Lg Te 3 RL :
#4 Dans les considérations étiologiques se rapportant
au sérum, il faut étudier le sérum employé, la voie
d'introduction des doses et la répétition des injections. 119 Sérum employé. — Pour le sérum lui même 1l faut considérer trois facteurs : son origine, son mode de préparation, sa nature spécifique.
M Origine. — La fréquence et l'intensité des accidents
sériques varient d’une façon évidente suivant l’origine
du-sérum, c’est-à-dire suivant l'espèce du producteur, et
suivant le producteur lui-même. | FSuivant l'espèce du producteur: le fait était reconnu expérimentalement avant que se généralisät l'emploi des sérums (Expériences de Rummo et Bor-
Fe Le?
doni, 1889. en Mona. Rom Une. échelle À de. tORIENE fut dressée ; le cheval était reconnu fournir 4 "4
‘le sérum le moins toxique, d’où cette recommandation
Dre
de M. Roger de s'adresser aux équins lorsqu'on veut
| faires des essais de sérothérapie. Nous ne rappellerons pe pas les chiffres de cette échelle de toxicité des sérums : È car MM. Beclère, Chambon et Ménard démontrèrent que cette échelle applicable au lapin n’était pas directement superposable pour l’homme. Des sérums aux
origines les plus diverses furent fabriqués et l’on put ainsi établir pour l’homme une échelle de toxicité. Le sérum de cheval restait pour l’homme parmi les moins toxiques. Les sérums de bœuf et de chien sont à A rejeter (Netter, Pehu). Le sérum humain, par contre, était considéré inoffensif. Il n’en est rien toutefois, car MM. Netter et P. L. Marie rapportèrent des cas — rares il est vrai — d'accidents sériques à la suite d’in-
jection de sérum humain par voie intrarachidienne et ‘intraveineuse. En résumé, taux variable suivant les espèces, mais toujours possibilité d'accidents sériques. Suivant le producteur lui-même. Dans une même espèce animale on rencontre des coefficients très variables de la toxicité du sérum suivant le producteur | lui-même. La différence de toxicité de diverses séries de sérum antidiphtérique fut très manifeste au début | de la sérothérapie. Tous les auteurs (Moizard, Legen- : | si dre, etc...) signalent le fait. Cette toxicité, elle tient | GA d’une part à une particularité persistante et individuelle «le sérum de certains chevaux est manifestement hypertoxique sans’ cause apparente» (Lesné et Ch.
| gentes en : question de races, vu d’ etat
tion, de stabulation. Certains états physiologiques :
ont une importance particulière très nette. Le sérum : d’une jument en rut sera très toxique (Jousset); à la.
période de reproduction, la toxicité de sérum de certains
pour un même animal des ie Fr les sérums pro. à F EE: duisent des troubles plus fréquents (Kuss). C'est. ve) 4 j pour éviter les différences de toxicité dues à ces. fac | kC ‘teurs que l'Institut Pasteur fait un mélange des divers | à %
- sérums des chevaux i immunisés contre la même toxine,. ES avant de les détailler. Fe | Préparation. — La manière Ho le sérum est.
préparé à une CNE importante sur son degré Fr toxicité. En Allemagne et en Autriche les médecins 22. ixse plaignaient d'accidents dont la fréquence et Lt violence étaient ignorées en France. La raison ne 74 | pouvait en être que dans le mode de préparation du sérum employé. Rappelons que le sérum de Behring est. un sérum frais additionné d’acide phénique et. Cyras de suite au commerce. Le sérum de l’Institut Pasteur Dot est au contraire un sérum chauffé et employé au minimum trois mois après sa préparation. 1) Comme l’a montré M. Besredka, l'addition d'un à M PO conservateur tel que acide phénique ou chloroforme n’a aucune action sur la toxicité du sérum. Par contre deux facteurs ont une grosse importance au point de vue LpAAnCe ce sont le chauffage et l’à ni du
sérum.
ÆT a) Le chauffage. — C’est M. Hayem qui le pre-
mier eut l’idée de chauffer le sérum pour combattre ses propriétés toxiques. Ses expériences furent faites avec du sérum de chien chauffé à 56 à 570 marre à des none lapins. Il ne voulut pas étendre d'emblée à la clinique” te les résultats heureux de laboratoire, mais cependant» le 29 mars 1895, il engage ses collègues à faire des essais du même genre avec du sérum antidiphtérique. Le conseil ne fut pas suivi et l’année suivante ce sont . encore des résultats expérimentaux. qui sont publiés De par MM. Beclère, Chambon et Menard. Ces. auteurs prévoient «le parti qu’on pourrait tirer de la consta- ‘tation de l’action de la chaleur pour la prophylaxie des accidents sériques dans l'espèce humaine ». Ce ne fut que beaucoup plus tard que l'étude do l’action de la chaleur fut définitivement reprise par M. Besredka. Les résultats de ses expériences sont les suivants. Chauffé à 100 degrés pendant vingt minutes, un sérum (dilué pour empêcher sa coagulation) a perdu toute toxicité. Ce même sérum chauffé seulement à 900 donne des accidents légers, à 759 des accidents assez marqués. Comme l’antitoxine est détruite vers 600
la chauffe : tyndaliser. Aussi la méthode française est
la chauffe à 569, quatre jours consécutifs pendant une
heure chaque jour. La toxicité de sérum ainsi employé est quatre cent cinq plus faible que celle du sérum frais.
b) L'âge du sérum est le second facteur important.
M. Chantemesse avait remarqué que le sérum vieilli Fe
, il faut réduire le chauffage, mais on peut répéter
dans les flacons produisait moins aceidente que*le sérum récent. Sur ce point c’est encore à M. Besredka que revient l’honneur d’avoir précisé les rapports entre l’âge d’un sérum et sa toxicité. Le sérum de cheval est
très toxique le jour de la saignée. Cette toxicité décroit . rapidement et “est diminuée de moitié le onzième
jour. Elle continue à décroître lentement pendant deux
moIs. Passé ce délai la toxicité se maintient sensiblement au même niveau ; elle diminue mais d’une façon à peine appréciable. Elle ne disparaît jamais complè-
tement. |
Nous ne parlerons pas des expériences nombreuses qui furent faites dans le but d’obtenir un produit non toxique, soit par précipitation des albumines à froid, soit par essai dé combinaison des antitoxines à un
sel métallique, soit par simple addition d’unesubstance
chimique H CI à la dose de 5, 3 p. 1.000 (Carnot et
Slavu) (20), elles ne donnèrent aucun résultat.
Dans la préparation du sérum seuls le chauffage
et l’âge jouent un rôle important, mais il faut noter que ce rôle a une action générale sur les accidents et ne paraît nullement avoir une action spéciale sur les arthropathies.
Nature spécifique du sérum. — La nature spécifique du sérum fut incriminée. Le sérum antitétanique fut le premier accusé de favoriser les accidents, puis ce fut surtout le sérum antitubereuleux. Il faut rechercher les raisons de cette fréquence dans les conditions étiologiques relevant du sujet. |
La nature spécifique d’un sérum n’influe en rien dans
la production des accidents sériques quels qu’ils soent.