‹ Étude clinique sur l'involution utérineChapitre 8 sur 34 · MÉTHODE DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

MÉTHODE DU TRAVAIL

… Dans nos eXamens des femmes accouchées nous nous sommes toujours efforcés d'employer des procédés non dangereux pour la santé de la femme.

Nous avons pratiqué notre examen quatre fois par semaine. Nous devions mesurer le retrait utérin, Pour faire cette mensuration, on peut procéder de diverses façons; on peut prendre comme point de repère, soit l’appendice xyphoïde, et mesurer Ja distance qui le sépare du fond de l’utérus; ou bien utiliser dans le même but l’ombilic, ou bien encore prendre la hauteur utérine en partant du pubis.

Nous n’avons pas arrêté notre choix sur l’appendice xyphoïde ; il ne présente pas la même longueur chez les différents individus ; l’ombilic ne nous satisfaisait pas non plus comme point de repère; on sait que la cicatrice ombilicale n’a pas une position fixe et qu’elle se déplace avec la distension de la paroi abdominale. Quant au pubis il a une position fixe et ensuite on a généralement l’habitude, en étudiant la hauteur utérine pendant la grossesse, de se servir de ce point de repère. C’est sur lui que nous nous sommes arrêté.

Nous devions maintenant choisir ur instrument Alex. Goldenberg 2

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de mesure, nous n’avons pas voulu faire lhystérométrie interne; quelques précautions d’antisepsie qu’on prenne, la femme court toujours un danger d'infection et de perforation utérine. Pour la même raison, nous avons rejeté le compas de Depaul, qui servait à Autefage pour faire ses mensurations et qui nécessite son introduction dans le vagin sur le col.Le ruban métrique, le plus simple des instruments et le plus facile à employer, ne donne pas de résultats précis ; quand on mesure la hauteur du pubis jusqu’au fond de l'utérus, on suit une courbe qui est en rapport avec l’état de plus ou moins grande distension du ventre. Pour éviter cette fante, nous nous sommes servi d’un mètre rigide en métal, et nous avons projeté sur lui, à l’aide des doigts dirigés à angle droit, le pubis et le fond de l'utérus. Nous avons tâché de corriger la position de l'utérus, s’il y avait lieu, pour le mettre bien au milieu, du corps pendant nos examens.

Toutes les fois, quand ce fut possible, nous avons demandé aux femmes de bien vouloir vider leur vessie avant notre, mensuration ; mais dans la plupart des cas, elles ne purent le faire. Nous n'avons pas voulu avoir recours au cathétérisme, et nous avons pris nos mensurations en notant exactement la date de la dernière miction et de la défécation.

Au début de notre travail, nous avons recherché

la largeur de l'utérus; dans les premiers quatre où

cinq jours de l’involution, il est relativement facile de

faire cette mensuration ; mais dans les journées suis vantes et dans la plupart des cas, il nous fut impossible de limiter exactement les bords de l'utérus. La difficulté s'explique par ces faits : d’une part, l’utérus s'éloigne de la paroi abdominale, d’autre part, celle-ci reprend petit à petit sa tonicité. Ainsi nous avons laissé de côté la mensuration de la largeur.

Nous avons suivi un certain nombre de femmes dès la première journée de leurs suites de couches, el d’autres dès la deuxième journée seulement. Nous avons noté pour chaque femme le nombre de grossesses antérieures, leur âge, leurs antécédents, le poids de l'enfant et du placenta, le terme de la grossesse, la position de dégagement de l'enfant, la durée de travail afin de donner le tableau le plus complet possible. Dans notre thèse nous rapportons 56 observations ; nous avons observé, pendant notre travail, une quantité de femmes plus considérable que ne Findiquent nos tableaux. Nous avons examiné un certain nombre de femmes seulement pendant les premiers huit jours de leurs suites de couches, mais nous n’indiquons ici que les cas où nos examens ont pu se continuer jusqu’au neuvième jour inclusivement.

La plus grande quantité d'observations concerne les femmes qui n’ont pas présenté de fièvre dans leurs suites de couches. Heureusement pour les femmes,

-Félévation de la température, surtout due à l’infection,se présente très rarement dans la clinique Baudelocque, et pendant notre travail nous n'avons pu

rassembler qu'un nombre très restreint de ces cas.

Nous partageons nos observations en deux catégories. Dans l’une nous plaçons les observations dont la courbe de régression utérine s’abaisse d’un jour à l'autre : nous les appelons les observations avec les courbes régulières ; dans l’autre, nous plaçons les observations dans lesquelles la régression ne se faisait pas chaque jour, mais présentait des arrêts et même une élévation de la hauteur, c’est-à-dire une marche en sens contraire (observations avec les courbes irrégulières).

Quelques mots sur la disposition générale de la rédaction de nos observations.

Dans le tableau consacré à la première journée des suites de couches :

La première colonne se rapporte aux numéros de nos observations.

La deuxième colonne aux numéros des mêmes .

observations, numéros qui sont ceux du registre de la Clinique Baudelocque, les numéros de 1 à 100 correspondent à l’année 1911, les autres à l’année 1910.

La troisième à.la hauteur de l'utérus au moment de l'examen ; cette colonne est suivie dans les journées suivantes par une autre qui montre la différence de hauteur sur l'examen précédent.

La quatrième à l'âge de l'enfant, pour montrer à quelle heure après l'accouchement nous a:cns fait notre examen.

La cinquième donne l’intervalle,compté en heures,

compris entre la dernière défécation et l'examen du jour.

La sixième donne le même intervalle, celui-ci se rapportant à la miction.

Dans les tableaux consacrés aux jours suivants, dans la colonne «dernière défécation» il y a deux nombres qui nous ont servi à bien mettre en relief la différence existant entre l’état actuel du rectumau moment de l'examen de cette journée, et celui de l'examen précédent : le premier nombre est relatif à l'examen précédent,le deuxième à l’examenactuel.Par exemple dans l’observation n° r, nous lisons dans le tableau de la deuxième journée «3-27 »; cela veut dire que dans la première journée notre examen a été fait trois heures après la défécation et dans la deuxième journée l'examen a été fait vingt-sept heures après.

La colonne suivante «la dernière miction », dans la deuxième journée comporte les mêmes explications que pour la défécation.

La septième colonne de la première journée donne des séries de nombres: le premier se rapporte au poids de l'enfant, le deuxième à celui du placenta,

Puis une colonne indiquant l’âge de la mère.

Ensuite une autre pour la parité et les suivantes pour la mode de présentation, la durée du travail, et leterme de la grossesse. Enfin une dernière où nous donnerons les remarques diverses.

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