EXPOSÉ DES RECHERCHES
Avant de rapporter nos observations, nous tenons
à montrer comment les différents auteurs présentent
l'involution utérine normale, c’est-à-dire celle qui se produit chez la femme ne présentant pas de phéno-
* mènes pathologiques dans les suites des couches.
__ D’après les observations recueillies, les auteurs
ont calculé des moyennes qu’ils donnent comme un étalon, une règle sensiblement fixe.
Toutle monde est d'accord pour dire qu'après la sortie de l’enfant, l'utérus présente une certaine ascension pendant la période de la délivrance.
« Immédiatement (Pinard et Varnier) après l'expulsion du fœtus, l'utérus représenté par son
segment supérieur et moyen, s’affaisse sur le segment
inférieur et le col. Ceux-ci, amincis par le fait d’une élongation et d’une dilatation plus ou moins consi-
dérable et ayant perdu toute consistance, toute
résistance, sont en état d’impotence fonctionnelle momentanée.
» Puis, lorsque le placenta est décollé et poussé à
travers l’anneau de contraction, c’est-à-dire auniveau où la paroi a conservé sa rétractilité et sa contractilité, il remplit plus ou moins le segment inférieur.
» L’affaissement de la paroi disparaît et le fond de l'utérus s’élève fatalement. à
» D’après ce mécanisme, on comprend comment l’ascension est plus brusque et plus accentuée lorsque le placenta se présente par sa face fœtale que lorsqu'il se présente par l’un de ses bords, la plénitude du segment inférieur élant plus accusée dans le premier cas que dans le second. On comprend aussi comment l’utérus s’abaisse à nouveau et s’affaisse, quand le placenta a quitté définitivement l'utérus et est passé dans le vagin. »
D’après plusieurs auteurs, Autefage, Wieland, Depaul, Serdukoff, Leclerc-Montmoyen, l'utérus après la délivrance fait une nouvelle ascension ; cette ascension est niée par Camacho.
Après cette deuxième élévation commence la régression dont la duréeest différente suivant les auteurs.
D'après Wieland le fond de l'utérus disparait le dixième ou onzième jour derrière Le pubis.
Depaul qui arrive aux mêmes conclusions donne la moyenne de la régression utérine suivante;
Le premier jour le fond se trouve à un travers de doigt au-dessus de l’ombilic ; Le deuxième jour à son niveau ;
Le troisième jour un peu au-dessous ;
Le quatrième jour varie un peu ;
Le cinquième et sixième jours deux doigts au-dessous ; :
Le septième, huitième et neuvième jours, trois à quatre travers de doigt au dessus de la symphyse';
Le dixième, onzième et douxième jours, au niveau ou au-
dessous du pubis. É
Charpentier trouve que dans les dix premières journées de suites des couches, la diminution en moyenne est de 1 centimètre par Jour et que l’utérus disparait le dixième ou douzième jour.
Autefage se basant sur 60 observations donne le tableau suivant :
Le premier jour le fond se trouve à 12 cm. 5 au-dessus du pubis ;
Le deuxième jour à 10 em. 9 ;
Le troisième jour à 10 cm. 09 ;
Le quatrième jour à 8 cm. 8 ;
Le cinquième jour à 9 cm. 8;
Le sixième jour à 6 cm.7;
Le septième jour à 6 cm. 3 ;
Le huitième jour à 5 cm.3 ;
Le neuvième jour à {centimètres ;
Le dixième jour à 3 centimètres ;
Le onzième jour à 2 centimètres.
Il remarque que la décroissance en hauteur est plus marquée dans les premières journées et, à partir dela quatrième journée, elle devient constante.
Milsom, sur 115 observations, a construit ce tableau.
Le premier jour le fond de l'utérus se trouve à 13 em. à au-dessus du pubis :
Le deuxième jour à 12 em. 5 ;
Le troisième jour à 11 centimètres ;
Le quatrième jour à 9 em. 75 ;
Le cinquième jour à 8 cm. 50 :
Le sixième jour à 7 em. 79;
Le septième jour à 5 em. 5o ;
Le huitième jour à 6 em. 75 ;
Le neuvième jour à 6 em. 55 ;
Le dixième jour à 6 centimètres ;
Le onzième jour à 3 em. 5:
Comme dans le tableau d'Autefage, nous voyons la décroissance plus grande dans la première journée : 1 em, 25 ; à partir dela quatrième, la diminution est bien moindre, élantégale en moyenne à © em. 43. Si les deux auteurs sont plus où moins d'accord sur le mouvement de la décroissance, ils donnent cependant des nombres différents.
Ganzinotti classe ses observations en deux catégories; les unes à involution lente (le fond de l'utérus disparait derrière le pubis du douzième au quinzième jour), les autres à involution rapide (le fond disparait du onzième au douzième jour.
Prenons maintenant les tableaux de l'involution, publiés dans les ouvrages plus récents. Nous pré-
WT PT 1
CR de FD
ST
sentons ici les tableaux de Leclerc-Montmoyen, de Camacho et Vallette.
Hauteur du fond de l’atérus du pubis
Jours Leclerc-Montmoyen Camacho Vallette Centimètres Centimètres Centimètres I 15 10,4 13,4 2 13,0 9,3 11,8 3 12,0 8,5 10,7 A 10,0 7,9 9,4 b 9,0 6,8 8,4 6 80 5,8 7,5 Lg) -7,5 5,2 6,9 BU DOCS 4,5 6,2 9 6,5 3,9 5,7 10 5,0 2,9 4,8 II 2,1 3,3 12 1,5
Dans le tableau de Leclerc-Montmoyen,on voit que les nombres donnés par lui sont assez forts. Les nombres de Valilette s’en rapprochent. Dans le tableau de Camacho, les nombres sont les moins forts; ils rappellent ceux d'Autefage.Mais les diminutions journalières se distinguent considérablement de celles d’Autefage ; dans les dernières journées,chez Camacho, elles sont plus accusées.
Nous voyons d’après cestableaux queles moyennes données par les auteurs ne concordent pasenire elles. Comme nous l’avons déjà dit, nous pouvons expli-