OBSERVATION II
Choléra infantile. — Intoxication d’origine alimentaire.
La petite André C.., âgée dlun mois, entre le 5 janvier 1887, salle Vaulpian, lit n° 2, à l'hôpital Saint-Antoine, service de M. le Prof. Hayem. L’enfant a été pris brusquement en pleine santé, la veille à 1 heure, de vomissements et d'un peu de diarrhée. L'enfant est au biberon depuis sa naissance et n’a été soumis à aucune autre alimentation. Il est de bonne constitution et est venu à terme. Les vomissements ont persisté toute la nuit
-(8 à 10 vomissements). L'enfant rejette tout ce qu'il prend. Dans le milieu”
de la nuit est apparue de la diarrhée aqueuse, verte d’abord, puis jaune, puis incolore. Cette diarrhée n’est pas très abondante (4 selles pendant la nuit). Ainsi que le fait remarquer la mère, les vomissements sont plus intenses que la diarrhée.
En effet, le biberon que l’on nous a remis était d’une propreté plus que douteuse : on remarquait sur la paroi du verre, un dépôt épais, acide.
L'’odeur du lait était aigrelette.
Le lait était donc altéré ; d’après les renseignements donnés par la mère, l'enfant avait déjà présenté à deux reprises, quelques jours avant, quelques vomissements. L’altération du lait semble être la meilleure cause à invoquer. Cependant, d’après le dire de la mère, l'alimentation de l'enfant est faite
‘depuis la naissance avec le même biberon et le même lait, et cependant, malgré le défaut de propreté, l'enfant n’a jamais présenté d'affection semblable. Il faut donc admettre, que si le lait altéré dans le biberon, est la cause, ce lait était plus altéré le jour de l’éclosion de la maladie, ou, quoiqu'il ne soit pas plus altéré, il ait été ingéré en plus grande quantité, Cette dernière hypothèse est la meilleure, d’après les renseignements donnes par la mére,
l'enfant aurait bu six biberons remplis, durant les 12 heures, qui ont précéde l’apparition de la maladie.