OBSERVATION I
Notre première observation porte sur le jeune L...
L'enfant a de l'insomnie, crie, refuse toute alimentation, et a présenté quelques convulsions.
La soif est notable.
Vers la fin de la nuit, entre 6 et 8 heures du matin, l’enfant se refroidit et devient pâle, les traits se tirent, les cris diminuent.
Le 5, au matin, il est apporté à l'hôpital.
I! présente le faciès du choléra infantile au début, teint plombé, ongles, lèvres et oreilles un peu cyanosées. Il a maigri depuis la-veille, d’après le dire de la mère. Yeux excavés, entourés d’un cercle bleuâtre, la langue est froide, sèche, rouge, sans enduit saburral. Nous ne trouvons pas de sclérème ; le pannicule adipeux était peu fourni, avant l’éclosion de la maladie.
Les poumons sont normaux, il n’existe pas de dyspnée (38 respirations par minute). Les battements du cœur sont faibles, le pouls est incomptable et d’une grande faiblesse. L'enfant est abattu, l'œil demi-ouvert, conservant cependant un peu de vivacité. -
L’abdomen est normal, sans météorisme, on peut le déprimer facilement. La pression ne réveille aucun cri, aucune”contraction douloureuse sur la figure. L’estomac n’est pas dilaté.
On ne perçoit pas de gargouillement intestinal.
Le foie et la rate sont normaux.
À 9 heures du matin. T. rectale — 370,5.
T. axillaire — 36°, 5. Diète absolue.
Nous le mettons en observation. De 9 heures à 1 heure de l’après-midi, 4 vomissements et 6 selies diarrhéiques.
Les vomissements sont aqueux, ne contenant que quelques parcelles de lait, pris antérieurement à l'entrée à l’hônital. Ils sont d’une acidité faible.
Les selles diarrhéiques sont iacolores, aqueuses, sans grains riziformes, mouillant le linge, sans le teinter. Elles sont d'une légère acidité. Leur odeur est nulle. L’algidité et le collapsus persistent, à un degré peu intense.
À 1 heure de l’après-midi. Diète absolue, acide lactique, une cuillerée à
café toutes lès dix minutes. Rhum, 15 gr. à partir de 4 heures.
De 1 heure à 6 heures, un vomissement et 2 selles diarrhéiques, de même
nature et de même aspect. L'acidité du vomissement est plus notable, l’aci-
dité des selles ne semble pas augmentée. A 6 heures, l'enfant se réveille, l'œil est plus vif, animé, le cri renaît, le refroidissement tend à disparaître.
T. rectale — 378 |
. T. axillaire — 360,8.
De 6 heures du soir à minuit, les vomissements sont disparus. 2 selles diarrhéiques, aqueuses toujours, mais vertes. La coloration est due aux pigments biliaires, qui étaient en très minime quantité, dans les selles antérieures. L'acidité de ces selles est augmentée. À minuit, on cesse l’administration du médicament. Le colapsus est notablement diminué.
État stationnaire pour les autres-viseères. La langue est moins sèche.
T, rectale — 3705,
TT. axillaire — 360,6.
On donne à l’enfant un bain chaud, de dix minntes de durée. L’enfant dort quelques heures, au réveil, la mère donne toutes les deux heures, deux cuillerées de lait,
6 matin. L'enfant n’a plus de vomissements, 1 selle diarrhéique depuis minuit. Le collauaus a complètement disparu. Continuation du rhum. L'enfant est guéri de ceite attente de choléra infantile, cependant durant quelques jours, il est pâle et affaissé.
Réflexions. — Cet enfant a présenté une attaque du choléra infantile, attaque légère, car le collapsus fut léger. |
Quelle est la cause de cette affection ? S'agit-il d'une intoxication d'origine alimentaire ? d’une intoxication par des fermentations intestinales, résultant d’une indigestion ou d’un état dyspeptique ? S’agit-ilau contraire d'un cas d'origine parasitaire ?
L'absence de dyspepsie, le bon état général antérieur, la survenue brusque de la maladie, alors que l’enfant était en pleine santé, sont des arguments, que nous faisons valoir, contre la seconde hypothèse. ,
La 3° hypothèse ne peut être admise. En effet, les vomissements et la diarrhée contenaient, à l'examen microscopique, une notable quantité de microbes, des produits de desquama-
tion bnithéliate, + mais 1 net sur r plaques n ne nous a révélé S dans ces deux liquides, la présence que de microbes normaux des selles, dont la pathogénéité n'existe pas. Le microbe pathogène du choléra nostras et de certains choléras infantiles par
quait. Di Force nous est donc, d'admettre une intoxication par le lait,
-altéré dans le biberon. À