INTRODUCTION
La lenteur du pouls est un symptôme relativement rare, au moins si nous en jugeons par le petit nombre d’observations qu’il nous a été donné de trouver dans les recueils périodiques de médecine. C’est cependant un symptôme facile à constater et qui n’aurait pas manqué de frapper vivement l’attention des observateurs, surtout de ceux qui nous ont précédés, à une époque où L'étude des modifications de quotité et de qualité du pouls exerçait la sagacité des contemporains de Bordeu.
Dans l’affection dont nous nous occupons, une autre série de symptômes devait aussi attirer l’attention; nous vouions parler des accidents de syncope et des convuisions épileptiformes : ainsi donc, le syndrôme, do,ïit nous allons essayer d’esquisser les grandes lignes,
Blondeau. t
est constitué par la réunion des deux symptômes précédents : lenteur exagérée du pouls, accidents épileptiformes et syncopaux.
Nous verrons, plus tard, par l'analyse détaillée de nos observations, qu’à ces deux manifestations apparentes et nécessaires de notre maladie, viendront se joindre, parfois, quelques symptômes plus ou moins accentués, plus ou moins bien décrits par les observateurs, et que c’est de l’étude de ces particularités que nous pourrons peut-être faire naître une hypothèse de physiologie pathologique. Un seul observateur, notre savant maître, M. le professeur Charcot, a signalé dans ses « Leçons sur les maladies du système nerveux », à la page 140 de son second volume, qu’il s’agissait là vraisemblablement de cas particuliers, comparables entre eux, ayant probablement pour origine une lésion irritative bulbaire ou médullaire, en dehors même de toute influence traumatique. C’est en lisant les quelques pages qu’il a consacrées au ralentissement permanent du pouls que nous avons eu l’idée d’entreprendre ce travail. Nous n’aurons qu’à confirmer en tout les principaux points de la description de M. Charcot, qui avait déjà tracé les limites et l’étendue du cadre que nous nous sommes efforcé de remplir.
M. le Dr Bourneville avait également appelé l’attention sur le ralentissement du pouls, sujet qu’il se proposait un jour de traiter. Nous avons obtenu de son excellente amitié la communication des notes nombreuses qu’il avait réunies dans le but de publier un mémoire, et c’est aidé de ses conseils que nous avons fait ce travail, dont il nous a si gracieusement fourni les éléments. Qu’il nous permette de saisir cette ocea*-
sionpour lui affirmer notre dévouement, et le remercier des marques si nombreuses de sympathie qu’il n’a cessé de nous accorder.
Nous prions également notre savant et excellent maître, M. le professeur Charcot, de vouloir bien agréer nos sincères remerciements pour la bienveillance qu’il nous a toujours témoignée pendant le cours de nos études.