‹ Étude clinique sur le pouls lent permanent avec attaques syncopales et épileptiformesChapitre 6 sur 9 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

30 septembre.

3 octobre . . .

On cesse le fer.

On cesse la belladone.

Avant l’exercice.

Id. — ...

Après l’exercice.

J. 0 fut reçu de nouveau à l’hôpital le 24 novembre, il

raconta que après avoir quitté l’hôpital il avait ressenti beaucoup de fatigue et d’anxiété et que, depuis quatre jours, les attaques avaient reparu. Il en eut six la veille et demeura insensible de dix à trente minutes après chacune. Pouls 36, ferme, régulier, et d’une bonne force. Artère radiale droite comprimée à 330 grammes. Température 36°. Une attaque eut lieu presque immédiatement après son admission. Il fut atteint soudainement, devint inconscient et ses membres se raidirent. Il étreignait avec force les deux côtés du lit; la face n’était pas pâle ; le pouls n’était pas arrêté, ou, si cela eut lieu, ce dût être pendant un temps très-court ; la respiration devint pressée et bruyante. Il revint promptement à lui. Diète simple; du fort café deux fois par jour; du bœuf, du thé et du lait. A prendre vingt grains de bromure de potassium, vingt minimes d’esprit composé d’ammoniaque et une once d’eau camphrée, trois fois par jour. — 2 décembre. Température à 10 heures du matin 95,6°; à 2 heures après-midi 36°, 4. — 4 décembre. Pouls 38; température 36°. L’urine ne contient pas de sucre, normale. 11 se sent faible, cependant il peut tenir à bout de chaque bras un poids de 8 livres. — 6 dé-

cemlre. Il déclara avoir manqué d’avoir une attaque la veille au soir, juste après s’ètre mis au lit. Il avait eu un étourdissement et était sur le point de devenir inconscient, lorsqu’il eut l’idée de mettre les couvertures sur sa figure ; l’étourdissement disparut dans moins d’une demi-minute. L’action de se baisser lui donne des étourdissements et il affirme qu’il a eu plusieurs attaques après s’ètre baissé pour ramasser des objets. L’action de lever la tête pour regarder en haut lui donne aussi des étourdissements. Le bromure de potassium a donné de bons résultats; sa figure dénote un grand mieux. Il quitta l’hôpital le 8 décembre. Il était alors tout à fait évident que les attaques étaient véritablement épileptiques et de la variété dite petit-mal. Les faits mentionnés en dernier lieu indiquent que la nutrition du tissu cérébral était instable et facilement dérangée par l’augmentation ou la diminution de la pression du sang intra-crânienne.

Observation XV.

Abaissement du pouls; attaques d'épilepsie et peut-être syncopes;

bruits du cœur faibles; pouls assez faible. (Handfield Jones,

the Lancet, décembre 1876.)

A. S..., Française, âgée de soixante-cinq ans, admise à l’hôpital, le 10 septembre 1871. Elle raconte qu’elle a été trèsmalheureuse. Elle a eu trois évanouissements dans la matinée. Pouls 36, très particulier ; au bout de quelques secondes on entend un battement distinct suivi d'un autre plus faible, puis, une pause. Bruit du cœur faible et distant ; les contractions du cœur correspondent au pouls. Elle se sent trèsfaible, appétit excellent. Pas de bruit à la base, ou à l’extrémité du cœur. Pas d’enflure des jambes. Elle avait des tressaillements pendant que j’examinais sa poitrine, et pendant quelques secondes elle paraissait inconsciente; son visage n’était point pâle. Elle a une contusion sur la paupière gauche provenant d’une chute qu’elle a faite dans lajournée. A prendre ; ammonio-citrate de fer, huit grains ; carbonate d’ammoniaque quatre grains ; teinture de columbo dix minimes, dans une once d’eau trois fois par jour. Vin, six onces, 21 septembre — Faim vorace ; mieux très-prononcé ; urines copieuses, pâles; densité spécifique 1007. Pouls 30, avec trois ou quatre faibles battements après quelques-uns plus forts Lèvres d’une bonne couleur, elle prend son vin avec beaucoup de plaisir. A prendre deux litres de lait et du pudding. 28

septembre mieux. Le pouls donne 28 battements distincts et quatre ou cinq plus légers survenant dans une minute. 5 octobre, pouls à peu près le même, sauf que les battements légers sont deux fois plus nombreux que précédemment, 13 octobre, même état. Pouls 23 avec quelques faibles battements. Artère radiale gauche comprimée d’une pression de 300 grammes. 16 octobre , l’avant-veille, la malade a eu une attaque, elle est demeurée inconsciente pendant environ dix minutes avec de l’écume aux lèvres. Pouls 42 aujourd’hui. 23 octobre, nouvelle attaque la veille; sans connaissance pendant une minute et demie ; pas de convulsions ; écume à la

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bouche, face bleuâtre; tressaillements des paupières. Elle reprit connaissance tout d’un coup sans aucune somnolence transitoire. Elle a eu, dans la matinée deux ou trois évanouissements hystériques. 10r novembre, elle se plaint d’être très-faible; trois faiblesses dans la matinée. Pouls 33. Les tracés exigent une forte pression 114 ou 164 grammes. Envoyée à Wallon; bientôt après, elle est revenue après un court séjour et demandant une nouvelle admission qui lui a été refusée. Elle s’est emportée à la suite de ce refus, et il a fallu employer la force' pour la mettre dans un cab.

Il s’agit encore, dans ces cas, de deux vieillards, chez lesquels la lenteur du pouls et la fréquence des accidents épileptiformes constituaient les seuls symptômes à l’exclusion de toute manifestation cardiaque ; on remarquera le tableau de la température, du pouls, de la respiration qui indique que la calorification était diminuée comme dans l’observation de M. Bourneville.

Nous devons communication à notre ami, M. de Boyer, de l’observation suivante citée en résumé dans sa thèse.

Observation XVI.

Pouls lent , température lasse, accidents épileptiformes, par H. de Boyer (thèse de Paris 1879.)

Un homme de 60 ans, ne présentant aucun antécédent moibide, n’ayant pas d’épileptiques dans ses ascendants, entre salle Sainte-Foy, àBicètre, dans le service de M. Bouchard (mai 1877.)

Ce malade est atteint d’une hémiplégie complète avec contracture du bras gauche ; il' est borgne de l’œil gauche; ce qu'il présente de plus intéressant, ce sont des convulsion:, épileptiformes se reproduisant à de rares intervalles avec tous leurs caractères j suivis d’une période comateuse, mois non précédés d’aura: Le pouls est lent, et bat 33 à 36 fois par minute, la température est assez basse, elle était de 36°7 dans le rectum et ne dépassa pas ce chiffre pendant plusieurs jours ; il n’y a pas de battements de cœur, pas d œdèmes, ni de congestion du foie, pas d’albumine dans les urines. L intelligence du malade est nette. Selon lui ses accès remontent à plusieurs mois, sans qu’il puisse préciser 1 époque exacte de leur apparition: il meurt subitement, après avoir eu des convulsions cloniques.

Autopsie. — Légère atrophie de l’ensemble du lobe droit du cerveau : atrophie du chiasma et de la couche optique à droite; ramollissement cortical festonné. IL n’y avait rien à l’œil nu, au bulbe ou à la protubérauce, rien non plus au cœur dont le tissu était cependant couleur feuille morte ; pas de lésions d’orifice. Athérôme artériel ; rien aux poumons ni au foie.

Nous citerons enfin une dernière observation des plus intéressantes, celle de M. Rotureau.

Observation XVII.

Maladie du cœur ; — Pulsations artérielles remarquablement lentes: — Ischémie cérébrale ; — Mort ; par A. Rotureau (obs. lue à la Soc. Med. de l’ Elysée. Union Médicale , mars 1870).'

M. le docteur S.... ancien inspecteur des eaux de Néris et de Plombières, âgé de 72 ans, avait toujours eu une santé excellente jusqu’au moment où ses fonctions administratives lui furent retirées. Il conçut alors un violent chagrin qui lui fit perdre le sommeil pendant un temps assez long, durant lequel les fonctions digestives furent très-difficiles. La force de caractère et l’humeur habituellement enjouée de notre confrère lui firent assez promptementsinon oublier, au moins accepter avec philosophie un retrait d’emploi qu’il était persuadé ne pas avoir mérité. Il passait ses hivers à Paris, et la belle saison dans une maison de campagne qu’il s’était fait bâtira St-Amand (Cher).

Je ne connaissais pas M. S... et pourtant nous habitions la même maison. Le 21 février dernier, à dix heures du matin, M. S.... perdit tout à coup connaissance. Etant en tournée matinale, je ne pus voir notre confrère qu’à 11 h. 1/2. M. le docteur Rigaudin fut appelé, prescrivit des révulsifs sur les membres inférieurs, qui firent revenir M. S... à une connaissance complète et à la perception exacte des objets extérieurs. Je n’eus donc qu’à remonter le moral d’un malade qui ne se dissimulait pas la gravité des accidents qu’il venait d’éprouver. Il m’apprit que déjà 3 ou 4 fois, l’été dernier, il avait eu des syncopes: il m’instruisit de la lenteur habituelle de son pouls radial, qui n’avait jamais plus de 48 pulsations par minute. Il me dit ne pas avoir de palpitations ni de douleurs à la région précordiale, ni d’oppression, et que son appétit était ordinairement assez bon. Je percutai et j’auscultai M. S... qui avait les poumons parfaitement sains, le cœur d’un volume normal; aucun bruit extraordinaire n’était perçu pendant la systole ou pendant la diastole, à la pointe où à la base de l’organe central de la circulation. Le pouls était régulier, les battements de l’artère radiale, assez résistants et assez larges, indiquaient 44 pulsations à la minute. M. S... ajouta que les évanouissements étaient précédés d’une aura, bientôt suivie de bourdonnements d’oreille, de vide dans la tête, de rougeur delà face et de perte de connaissance. Je quittai notre con-

frère dans un état assez satisfaisant pour qu’il pût faire son déjeuner.

Tout alla bien jusqu’à deux heures du matin, le 22 février. M. S... eut, à ce moment, une nouvelle syncope. Je me rendis auprès de lui ; je le retrouvai ayant perdu ses sens; conservant une grande rougeur de la face et de la partie supérieure du corps ; ses yeux étaient larmoyants, mais les traits du visage n’étaient nullement déviés, la parole et l’intelligence étaient parfaitement nettes, les battements du cœur présentaient un trouble tel que les pulsations se faisaient sans ordre et sans rhythme, le pouls était intermittent et ne battait que 28 fois par minute. Persuadé qu’il fallait craindre une congestion cérébrale, quoiqu’il n’existàtd’autres symptômes que la rougeur de la face et une céphalalgie légère, je proposai l’application de 8 sangsues au siège qui furent mises immédiatement. Lorsqu’elles eurent saigné pendant une demi heure, la circulation se fit plus aisément, le pouls redevint régulier et battit 46-48 fois par minute. M. S ... n’éprouva rien d’extraordinaire, le lendemain 23, mangea et digéra bien. Le 24, il prit une bouteille de limonade au citrate de magnésie à 45 gr., eut six selles, et redevint aussi calme et aussi gai qu’en santé complète. Pendant les 8 jours qui suivirent, c’està-dire du 24 février au 4 mars, je ne revis pas M. S... qui reprit à peu près son genre de vie habituel. Il sortit en voiture le 4 mars , dina de bon appétit, se coucha et dormit comme d'ordinaire. Le 5 mars, il se leva se portant bien, quoique ayant toujours un sentiment d’assez grande faiblesse. Il s’habilla, marcha dans son appartement, chanta même, passa dans son cabinet, commença la lecture du journal, voulut prendre un objet dans une commode, mais, en ouvrant son compartiment, il eut un malaise subit, fut projeté la tète en avant et perdit connaissance. Sa chute sur un tapis fut entendue par sa femme, qui descendit me prévenir. Je trouvai M. S.... assis, les pieds élevés et étant revenu à lui, son visage était pâle, mais son intelligenceétait très lucide. Lemalade me raconta en détail comment son évanouissement était arrivé : pas plus que les autres fois l’embarras de la parole, la perte du mouvement ou de la sensibilité n’étaient survenus, le cœur ne présentait ni matité ni impulsions anormales. Il n’y avait point de mal de tète, mais un léger étonnement et une impossibilité absolue de se rendre compte de la façon dont la syncope s’était produite. Le pouls était de beaucoup ralenti ; il ne battait que 24 fois par minute, mais il avait une parfaite régularité. Des sinapismes furent appliqués sur les membres inférieurs, et, au bout de dix minutes, le malade déclara se trouver dans son état normal. Il se mit à table à 41 heures

et fit un repas qu’il digéra très-bien. Je constatai, à 6 h. et à 9 h. du soir, que rien de nouveau n’était arrivé, seulement M. S.... ne pouvait avoir la tète élevée sans être menacé d’une syncope. Il se coucha, resta étendu sur un plan presque horizontal et dormit comme à son habitude. — Le 5 mars, la journée se passa sans accidents, le malade mangea, prit des préparations de quinquina et ne se plaignit que d’une assez grande faiblesse.

6 et 7 mars. Continuation du même état.

Le 8 mars , je dus m’absenter. M. S.... eut uneperte de connaissance. M. le docteur Laguerre père, ami de la famille, fut appelé. Il constata, comme moi, que le cœur n’indiquait rien d’anormal, ni par son volume, ni par ses bruits ; il fut frappé, comme je l’avais été, de la lenteur extraordinaire du pouls (28 pulsations par minute d’une régularité parfaite). M. Laguerre crut aussi à une menace de congestion ou d’hémorrhagie cérébrales occasionnées parle mauvais fonctionnement du cœur; il prescrivit un vésicatoire à la nuque. M. S..., conservant une grande difficulté à se soulever dans son lit, et une lipothymie étant toujours près de se produire à la suite du moindre mouvement, M. Laguerre fit continuer une bonne alimentation et l’usage des toniques.

M. Laguerre et moi nous vimes deux fois M. L.... dans la journée du 9 mars ; nous constatâmes que le pouls, au lieu de s’être relevé, ne battait plus que 24 fois par minute et était régulier. Nous fîmes continuer l’alimentation, nous prescrivîmes une potion antispasmodique et le repos sur un lit horizontal.

Le 10 mars , à 9 heures du matin, nous trouvâmes le malade très-bien, très gai, quoique couché et forcé de garder une position inclinée.

Il est décidé que je visiterai seul le malade le soir. Le pouls était cependant toujours à 24 pulsations régulières, mais il semblait qu’après chaque pulsation cardiaque on percevait deux ou trois ondulations fugaces. Le 1 1, M. Laguerre et moi nous trouvons le malade moins bien. Le pouls a encore baissé, il est descendu, en effet, à 22 par minute ; il conservé sa régularité. M. S. ... est plus faible, il a surtout conscience que l 'aura précédent les pertes de connaissances est moins éloignée et le menace d’accidents prochains. Sa crainte était fondée, car vers 3 heures du soir, deux ou trois lipothymies revinrent. La faiblesse augmenta encore après qu’elles eurent cessé.

Le 12 mars, à 9 h. du matin, les pulsations artérielles sont encore moins fréquentes, il n’est plus possible d’en compter plus de 18 par minute, la faiblesse fait des progrès et les syn-

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copes sont imminentes. Un vésicatoire est appliqué à la région précordiale, nous copseillons l’usage d’une gelée de viande aussi nutritive que possible, nous donnons du café noir et du vin généreux. La joürnée se passe sans accidents, mais sans améliora tion. Je suis réveillé pendant la nuit pour des pertes de connaissance, suivie d’une décoloration profonde de la face et précédée de tintements d’oreilles, d’éblouissements et surtout d’une aura très-marquée.

Le 14 mars , au matin, le malade est content de son état et cause avec plaisir; il accepte cependant avec réserve les encouragements que nous lui donnons ; il nous apprend que lui aussi consulte son pouls et que sa lenteur ne lui a pas échappé : il constate que sa régularité n’est plus aussi absolue et qu’il présente des pulsations intermédiaires. Nous allions nous retirer après avoir prescrit la continuation des toniques de la gelée de viande et du bouillon, lorsque le malade est pris devant nous, et après nous l’avoir annoncé, d’une syncope complète, accompagnée de mouvements cloniques des muscles de la face, de convulsions des yeux, qui deviennent fixes ou attirés en haut et eu dehors, absolument comme dans les attaques d’éclampsie des femmes en couche. La durée de cet état spasmodique n’est que de 25 à 30 secondes, après lesquelles M. S.. . recouvre ses sens, plaisante ou s’inquiète de son mal, mais n’a aucune conscience du temps exact que durent les crises. Nous assistons à onze attaques successives espacées par une et quelquefois deux minutes, et toujours accompagnées de phénomènes identiques. Le pouls, lorsqu’elles sont finies descend à 16 pulsationspar minute. Une potion musquée est prescrite, et nous continuons l’usage de l’infusion de café, du vin et de la gelée. La faiblesse faisant de nouveaux progrès, nous donnâmes de la viande crue pilée avec des confitures de groseille.

Le 15 mars au matin, le malade s’affaiblit déplus en plus, son pouls continue de battre 16 fois par minute, la pâleur des tissus est excessive, les attaques éclamptiques se rapprochent, et M. S après être tombé dans un état de somnolence

comateuse, s’éteint, sans agonie, à 11 h. 15 minutes du soir.

L’autopsie n’a pas été faite.

Les chagrins dont il est fait mention au cours de cette observation et l’âge du malade, paraissent être les seules circonstances étiologiques que l’on puisse invoquer : notons que les accès paraissaient calmés par la position horizontale, qu’il y avait une aura bien facile à reconnaître pour un malade qui avait exercé la profession médicale.

L’intérêt de cette observation consiste principalement dans les détails donnés à propos de la marche des accidents et dans les intéressantes modifications du pouls survenues pendant l’attaque même. L’examen cadavérique ne fut malheureusement pas pratiqué, mais l’examen clinique a montré que le cœur ne présentait aucune modification de volume et que son auscultation n’indiquait aucun phénomène morbide.

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