‹ Étude Clinique sur les Formes Pseudo-Phymiques de la GrippeChapitre 18 sur 41 · LLE · texte numérisé non relu

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abondantes d'oxygène employées contre la dyspnée sans cesse croissante restent à peu près sans résultat,

21 avril. — Le malade meurt par asphyxie progressive sans avoir présenté de nouveaux signes d’auscultation ou de nouveaux phénomènes généraux intéressants à noter.

Autopsie. — L'autopsie a été pratiquée trente-six heures après la mort.

A l'ouverture du thorax, on constate que les plèvres ne contiennent pas de liquide et ne présentent aucune adhérence ; les sommets notamment sont absolument libres et se laissent facilement détacher. Les deux poumons sont augmentés de volume; ils présentent une teinte rouge sombre uniforme et la base est sillonnée par des dépressions correspondant à l'empreinte des côtes. A la coupe on constate que du haut en bas des deux poumons il existe un œdème énorme ; la pression du couteau fait sourdre un liquide Spumeux abondant. En certains points le tissu cependant paraît plus sec, plus rouge, et semble sinon hépatisé, tout au moins en état d'engouement ou de splénisation. Ces lésions, très certainement congestives, sont manifestement plus marquées au sommet qu’en tout autre point. Cependant il n’y a pas, on peut l’affirmer, de foyer de pneumonie véritable, car le tissu pulmonaire, malgré la grande densité apparente, flotte encore bien à la surface de l’eau, Un examen des plus attentifs ne révèle en aucun point des sommets des traces de tuberculose ancienne, telles que cicatrices fibreuses, nodules fibreux ou crétacés, adhérences pleurales.

À l'œil nu il est également impossible de découvrir rien qui ressemble à des foyers de bronchopneumonie, ou de pneumonie caséeuse, ou à des granulations grises récentes.

L'examen attentif des séreuses, plèvres et péritoine ne révèle pas la moindre granulation. Les ganglions trachéaux et bronchiques sont sains et ne présentent aucun foyer caséeux ancien ou récent. Enfin nulle part le tissu pulmonaire n’est creusé de cavités rappelant les ulcérations précoces d’une tuberculose à forme suraiguë. Les crachats purulents ne peuvent s'expliquer que par un catarrhe purulent bronchique d'une extrême intensité ; la pression du couteau sur la coupe pulmonaire fait d’ailleurs sourdre des bronches

de gros et de moyen calibre des gouttes de pus. Les signes de gargouillement constatés aux sommets s'expliquent d’ailleurs très bien par l'existence de la congestion formant aux bulles liquides un milieu dense capable de leur communiquer ce timbre particulier rappelant les signes cavitaires.

Le cœur est de volume et de dimension normeaux, sans hypertrophie ni dilatation. Les valvules auriculo-ventriculaires sont absolument saines et satisfont très bien à l'épreuve de l'eau, quand on a débarrassé les cavités cardiaques des caillots fibrineux très adhérents et très durs qui les encombraient.

Ces caillots préagoniques, dus sans doute à la stase pulmonaire, devaient contribuer à la production de la cyanose si marquée des derniers jours de la maladie. Les valvules sigmoïdes sont normales, On ne trouve en aucun point des végétations pouvant se rapporter à une endocardite récente. Les artères sont saines, nullement athéromateuses.

La rate est grosse, tendue, manifestement hypertrophiée.

Les reins sont un peu congestionnés, mais présentent dans l’ensemble un aspect plutôt pâle rappelant celui du gros rein blanc.

Le foie est un peu gras et présente un certain degré de congestion qui lui donne un peu l'aspect du foie muscade, congestion due sans doute à la stase veineuse des derniers jours.

« En résumé, concluent MM. Chatin et Collet, début brusque en pleine santé d’une affection thoracique aiguë qui, en quelques jours, se traduit par des signes stéthosco piques rappelant une fonte purulente des deux sommets, avec infitration des deux poumons. Expectoration purulente dès les premiers jours, = a nummulaires. L’examen hbactériologique de ceux-citpratiqué deux fois n’a pas révélé de bacille de Koch. Température élevée avec de grandes oscillations et type inverse. Grosse rate. Etat général grave. Dyspnée continue. Cyanose progressive et mort par asphyxie.

Di « L’autopsie frévèle de l’œdème pulmonaire généralisé et de la congestion des deux sommets, mais pas de tuberculose. »

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