‹ Étude Clinique sur les Formes Pseudo-Phymiques de la GrippeChapitre 17 sur 41 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Extrait du Lyon médical du 14 octobre 1894 : Deux cas de grippe à forme pseudo-phymique : par MM. Chatin et Collet. Clinique médicale de M. le professeur Bondet.)

Grippe à début brusque. — Bronchite généralisée avec congestions des sommets prédominant à droite. — Signes et marche d'une tuberculose aiguë. — Crachats purutents et nummulaires ; absence du bacille de Koch. — Autopsie: Absence de lésions tuberculeuses.

R... (Adrien), né à Rampenat (Haute-Vienne), âgé de vingt ans, exerçant la profession de maçon, entré à l'Hôtel-Dieu le 20 avril

Antécédents héréditaires. — Le père et la mère du malade sont bien portants ; il a trois frères ou sœurs également en bonné santé et n’en a point perdu. On ne trouve aucun antécédent tuberculeux dans sa famille.

Antécédents personnels. — Le malade jusqu’à cette année a toujours joui d’une excellente santé : c’est un robuste garçon très bien développé et fortement musclé pour son âge. Il ne présente aucun stigmate de rachitisme ou de scrofule ; il n’a jamais eu de bronchite ni d’hémoptysie.

L’affection actuelle a débuté il y a vingt jours seulement brusquement en pleine santé, sans aucun prodrome. Le malade est très afirmatif à ce sujet. C'est au moment où il se mettait à table qu’il

— Dore.

fut pris d’un malaise subit caractérisé par une céphalée violente, des vertiges, quelques frissons et une anorexie complète. Il n’a pas eu d’épistaxis, pas de vomissements, pas de diarrhée. Depuis cette époque, le malade tousse et crache d'une façon abondante. Il n’a pas eu de point de côté ; ses crachats n’ont jamais été souillés ou teintés de sang, mais dès les premiers jours semblables à ceux de maintenant, c’est-à-dire franchement purulents.

Au moment de son entrée, le malade ne présente pas l'aspect d’un tuberculeux chronique, mais rappelle au contraire fort bien certains cas de tuberculose suraiguë. En effet, le malade est assis sur son lit, le corps baigné de sueurs, en proie à une dyspnée très marquée. La respiration est courte, rapide, superficielle, sans que le malade souffre beaucoup de cet état ; le visage est pâle, les lèvres et les extrémités des doigts sont légèrement cyaniques. Les crachats sont très abondants, franchement purulents, nummulaires ; la toux est fréquente. La température est de 39% le soir de l'entrée ; le pouls est régulier, de tension normale, non dicrote et bat 100 par minute,

Si l'on ausculte alors les poumons, on trouve les signes suivants : La percussion révèle un peu de submatité aux deux bases, mais sans autres signes d'induration pulmonaire ou d’épanchement, Aux deux sommets, la percussion ne présente rien de particulier, pas plus en avant qu’en arrière. L’auseultation révèle du haut en bas des deux poumons, et ceci sur la face antérieure comme sur la face postérieure du thorax, des râles ronflants et sibilants, et des râles sous-crépitants éclatant par bouffées inspiratoires, La réunion de ces bruits anormaux répond bien à ce que certains cliniciens décrivent en séméiologie sous les noms de bruit de tempète, ou encore de bruit de friture.

Cependant les râles humides ont deux foyers, où ils paraissent plus confluents et plus fixes, ce sont les régions des sommets et particulièrement du sommet droit, Mais même à droite, on ne perçoit pas de signes d’induration. Il n’y a pas de souffle, pas de retentissement de la toux, pas de pectoriloquie aphonc. Il semble que d’après les signes d'auscultation, le diagnostic de la lésion

DD

doive être : bronchite généralisée avec congestion des sommets prédominant à droite.

L’auseultation du cœur ne révèle rien d’anormal: les bruits sont un peu sourds, mais il n’existe ni souffle, ni galop, ni frottement. Les battements sont réguliers. La pointe n’est pas déplacée.

L’examen de l’abdomen ne révèle rien de particulier. Il n’y a pas de dilatation de l’estomac. Le foie n’est ni gros, ni douloureux ni abaissé. Pas d’empâtement, ni de gargouillement dans la fosse iliaque. La rate est un peu grosse. Pas de taches rosées. Le malade n’a pas de diarrhée et, sauf un peu d’état saburral de la langue et d’anorexie, ne présente rien de particulier du côté du tube digestif.

Le malade ne manifeste non plus aucun trouble important du côté du système nerveux. La céphalalgie n’a pas persisté. Le malade n’a pas de points névralgiques douloureux à la pression au niveau des trous sus et sous-orbitaires. Il n’a pas eu de délire ni aucun phénomène de paralysie des différents nerfs crâniens. Pas de troubles de la vue ni de l’ouie. Le malade présente seulement une asthénie profonde qui a fait suite à la courbature musculaire des premiers jours de la maladie.

Les urines renferment de l’albumine.

15 avril. — Depuis son entrée, le malade à été ausculté tous les jours avec le plus grand soin. Les signes d’auscultation n’ont que peu changé. Cependant au sommet droit les râles humides sont de plus en plus abondants et confluents. Il existe une respiration soufflante, un peu de retentissement de la toux et de la voix.

De plus les symptômes généraux deviennent des plus alarmants : la dyspnée a augmenté dans de très fortes proportions et la cyanose devient de plus en plus manifeste. Le malade présente tous les signés d’une tuberculose aiguë. Les crachats sont toujours abondants, franchement purulents et nummulaires. L’examen bactériologique pratiqué à deux reprises différentes n’a pas révélé le bacille de Koch. Le tracé de la température présente depuis le début de grandes oscillations de type inverse.

Des applications répétées de ventouses sèches et des inhalations

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