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Rien de particulier dans ses antécédents héréditaires.
Il y a trois semaines, le malade eut froid, il ressentit le lende main un violent point de côté à la base du poumon gauche, et fut pris en même temps de frissons qui durèrent plusieurs jours. La toux devenant plus fréquente et plus violente, il fut obligé de s’aliter et, huit jours après l’apparition du point de côté, il cracha un peu de sang.
À son entrée à l'hôpital, la douleur siégeant à la base du poumon a disparu ; le malade tousse beaucoup ; la température, le soir du 2? février, est de 39°2 et le lendemain matin 38°4.
L’inspection de la poitrine ne présente rien d’anormal et la sonorité est normale à la percussion des deux poumons.
Les vibrations thoraciques sont diminuées au sommet gauche en avant et à ja base du même côté en arrière.
A l'auscultation, on constate une respiration rude, des râles ronflants et sibilants du côté gauche en avant ; en arrière à gauche il y a également de la rudesse respiratoire et de gros râles ronflants et sibilants dans toute la hauteur du poumon ; mais en outre à la base, on entend nettement dans une étendue, comme la paume de la main, un souffle caverneux avec un peu de gargouillement. Du côté droit, on perçoit en arrière et au sommet des râles sous-crépitants, de la pectoriloquie aphone, mais pas d'égophonie, Les crachats sont abondants et nummulaires, ils contiennent des staph\locoques et des streptocoques, mais pas de pneunocoques et de bacilles de Koch.
Etat stationnaire pendant plusieurs jours, la température s'élève à un maximum de 39°6 le soir du 5 février pour redevenir normale le 8 et les jours suivants.
L: 9, on ne retrouve plus que des râles sous-crépitants et quelques râles sibilants. Le souffle et le gargouillement qui persistent avant la toux, disparaissent quand le malade a toussé.
L'amélioration va s'accentuant jusqu'au 21 février, époque à laquelle on constate encore les symptômes cavitaires avec des ràles de congestion et de la pectoriloquie aphone très marquée ? gauche.
Le 5 mars, on s'aperçoit qu'il existe de petits râles de conges-
tion dans les deux tiers supérieurs du poumon droit, il yen a toujours à gauche.
Le 9 mars, à l'examen des crachats, même résultat.
En arrière : Vibrations thoraciques normales partout, sauf à la base gauche, où elles sont diminuées. — Submatité au sommet droit dans la gouttière costo-vertébrale droite ; submatité aux deux bases surtout à gauche. — Murmure vésiculaire diminué, respiration rude au sommet droit avec de la bronchophonie sans pectoriloquie aphone ; à gauche, respiration rude à l'angle de l’omoplate. — À la base droite, râles muqueux très nombreux, — A la base gau-— che, gargouillements et pectoriloquie aphone voilée : râles souscrépitants autour du foyer de gros râles.
En avant : Sonorité normale, signes d’emphysème et quelques râles sibilants aux deux sommets.
L'état général est excellent, le malade a plutôt engraissé depuis son entrée à l'hôpital.
Le 14 mars on trouve aussi des gargouillements à la base du poumon droit.
Le 16 mars le malade sort présentant les mêmes symptômes.
Le début par une bronchite unilaiérale, les signes caverneux dus à une dilatation bronchique de la base gauche, la poussée congestive au sommet du même côté, puis, quelque temps plus tard, une poussée fluxionnaire dans les deux tiers du poumon droit, ces Symptômes ne peuvent-ils pas faire suspecter la nature tuberculeuse de la maladie? Si l’on y ajoute encore que le malade dit avoir craché un peu de sang au début, si on note le caractère nummulaire des crachats, ainsi que l’amaigrissement du malade, on à le syndrome complet de la phtisie pulmonaire. Mais alors que l’expectoration était purulente, ct les crachats nummulaires, les recherches bactériologiques sont toujours restées négatives quant à la présenc: du bacille de Koch.
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OBSERvVATION XXI
(Extrait de la thèse de Mizon. Obs."communiquée par M. le D' Gardillon, de Saint-Amand.)
Surmenage. — Grippe à début nerveux. — Pneumonie du sommet droit. — Pleurésie à la base droite. — Phlébite du membre inférieur gauche. — Pneumonie du lobe moyen du poumon droit. — Absence du bacille de Koch.
M. X..., ingénieur, vingt-huit ans.
Aucunetare héréditaire ni personnelle de nature tuberculeuse. Surmenage intellectuel, nourriture insuffisante, débililation.
Il était en bonne voie de guérison quand, le 21 mars, il fut brusquement pris de la grippe ; celle-ci revêtit la forme nerveuse, avec très peu de toux ; il y eut une amélioration notable pendant trois ou quatre jours à la fin du mois, puis une rechute avec prédominance des phénomènes thermiques, à ce moment apparut de la bronchite congestive grippale.
Celle-ci était en voie de défervescence quand, le 10 avril, survint brusquement un point de côté à droite et des frissons répétés. En même temps l’état général s’aggravait, la fièvre augmentait et l’auscultation montrait la formation d’une pneumonie au sommet droit. Cette pneumonie se limita à ce sommet, ses signes très nets en arrière étaient moins perceptibles en avant. — Le 20 avrilil existait encore du souffle et des râles sous -crépitants, des crachats rouillés et un léger point de côté ; on pouvait à ce moment espérer que la défervescence allait se faire et que des râles de retour allaient apparaitre.
Il n’en fut rien et cet état persista sans grande modification jusque vers le milieu de mai. À ce moment il existait du gargouillement et du souffle dans le tiers supérieur droit. L'examen des crachats montrait l’existence de micro-organismes divers, staphylocoques et streptocoques, mais pas de bacilles de Koch.
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L'état général commençait à s'améliorer quand, le 22 mai, survinrent de nouveau des frissons et un violent point de côté à droite avec épanchement modéré. Presque en mêmetemps se produisait une phlébite du membre inférieur gauche. Disons tout de suite que cette phlébite se résorba peu à peu sans accident et qu'il n’en restait à peu près plus aucune trace au bout de trois semaines.
La pleurésie évolua lentement, l'épanchement se résorba peu à peu en même temps que les signes de pneumonie du sommet s’a mendaient. Le 20 juin il ne reste plus rien de la pneumonie qui avait occupé le sommet droit, qu’un peu d’obscurité respiratoire dans cette région. Quant à l'épanchement pleurétique il a disparu complètement pour ne laisser à sa suite que des signes de pleurésie sèche, L'examen des crachats est négatif en ce qui concerne les bacilles de la tuberculose, De nouveau, l’état général s’améliore et la température baisse un peu lorsque, le 30 juin, apparaît un nouveau point de pneumonie dans le lobe moyen du poumon droit. Ce noyau est limité et son évolution se fait assez régulière ment. À l'heure actuelle il persiste encore, ainsi que quelques frottements à la base droite,
Les localisations unilatérales de toutes ces manifestations grippales sur les organes respiratoires, chez un individu surmené, doivent nécessairement attirer l'attention sur la probabilité de l'existence d’une tuberculose pulmo naire, et cela d’autant plus que la première atteinte a été une pneumonie du sommet chez un sujet jeune chez lequel on n’a pas signalé l'alcoolisme. Or nous voyons que le microscope là aussi à démontré l'absence du bacille qu’on était en droit d’incriminer.