‹ Étude Clinique sur les Formes Pseudo-Phymiques de la GrippeChapitre 32 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Clinique

Qu'on n’attende pas ici le détail complet de tous les symptômes de la grippe, et même des formes pulmonaires. Pour la grippe simple, nous ferions une redite bien inutile; quant aux symptômes pulmonaires, nous serions obligé, en répétant le détail de la plupart de nos observations (puisque peu d’entre elles se ressemblent), de décrire séparément avec quelques variantes, tous les symptômes généraux et locaux, fonctionnels et physiques de la bronchite, de la congestion pulmonaire, de la pneumonie franche et tuberculeuse, de la broncho-pneumonie, de la pleurésie, des différentes formes de phtisie. Le cadre restreint de ce travail ne nous le permet pas. D'ailleurs le pointimportant denotre thèse estprécisément de démontrer l’analogie qu’affectent certaines formes thoraciques avec la phtisie. Nous nous bornerons donc, dans ce chapitre, à faire la synthèse des observations qui précèdent, en insistant seulement sur Les points essentiels constituant la res -

semblance de ces grippes avec les formes spéciales dont nous nous attacherons plus loin à les distinguer.

Chez la plupart des malades, le début est celui de la grippe normale, avec les différentes modalités qu’il présente dans les cas ordinaires. Il est plus où moins brusque, avec où sans causeappréciable, s'accompagne le plus souvent de frissonnements multiples, bien qu’on puisse observer (obs. VII) un frisson intense avec vomissements. Puis succèdent, dans un tiers des cas environ, un ou plusieurs points de côté localisés assez régulièrement dans les régions où l’auscultation décèlera l’existence des lésions. Dès l’apparition du frisson, survient le cortège habituel de toute maladie infectieuse ; malaise général, courbatures, inappétence ; la céphalalgie n’a été notée que deux fois. Nous devons insister sur trois cas (obs. VII. VIT, IX) qui s’accompagnèrent des le début, de sueurs abondantes, quelquefois avec prédominance la nuit.

Tel est le début lorsque la grippe frappe un individu sain, mais si le sujet est déjà malade, on comprend que l'invasion d’une nouvelle maladie puisse se manifester de différentes façons. Ainsi le cas IV, atteint de bronchite depuis plusieursmois; vit son affection subir une brusque recrudescence lors de l’invasion de l’infection grippale; de même la malade de observation IIT, atteinte de catarrhe et emphysème. Chez la malade de l'observation V, ce n’est qu’en faisant l’examen clinique complet d’une personne entrée à l’hôpital pour des phénomènes nerveux, ne se plaignant ni de toux, ni d’expectoration, qu’on trouve des signes d'infiltration tuberculense du sommet droit. La femme de l'observation IL est une albuminurique qui est prise dans le service, pendant une épidémie de grippe,

nes — de frissons, courbature, etc., avec douleur du sommet droit, toux, fièvre.

Nous éluderons les phénomènes nervenx tels que ver tige, stupeur, que nous avons constatés, mais qui rentrent plutôt dans la forme nerveuse de la grippe.

A la période d'état, outre l’abattement d’une intensité presque spéciale à la grippe, on peut observer suivant les individus et la forme de la maladie un facies plus ou moins congestionné, une peau plus ou moins couverte de sueurs, quelquefois des érythèmes variés sur lesquels nous n’avons pas à insister. Le malade peut présenter tous les degrés des troubles cérébraux, depuis l’insomnie jusqu’au délire même violent, et simuler ainsi la méningite. Des organes des sens, c’est celui de l’ouïe qui paraît le plus fréquemment atteint.

Passons rapidement sur la symptomatologie banale du tube digestif. De la langue saburrale, blanche, de l’inappétence, de la constipation ou de la diarrhée, nous pourrions passer par tous les degrés pour arriver aux formes gastro-intestinales les plus graves; cependant nous devons avouer que, dans les cas qui nous occupent, nous n'avons jamais vu signaler des troubles digestifs sérieux. L’hypertrophie de la glande hépatique a été notée une fois.

La rate, dans la majorité des cas, lorqu’elle est percutée à temps, est hypertrophiée. Mais on saitque cette augmentation de volume n’est pas de longue durée; aussi ne fautil pas s’étonner si elle n’a pas été signalée toutes les fois.

Du côté du cœur, on n’a rien observé de particulier qui ne soit déjà connu, Le pouls est souvent fort et accéléré.

Les urines sont habituellement rares, foncées, uratiques et quelquefois albumineuses.

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