Étude clinique sur les ulcérations anales
Pendant noire séjour à l'hôpital de Loiircine, plusieurs cas de rétrécissemenls dits syphilitiques du rectum se sont présentés à nous; nous avons voulu étudier à notre tour cette question de pathologie si importante et cependant si peu connue, malgré tout le talent de ceux qui s'en sont occupés. C'est qu'en efTet, le respect humain, souvent même l'incurie, portent les malades à cacher le début de ces affections alors qu'elles sont supportables, et le médecin n'est appelé à les soigner que lorsqu'elles sont arrivées à leur dernière période ; aussi, ne voyant que le point d'arrivée, et ne sachant pas quel a été le point de départ, il lui est impossible de se rendre un compte exact de ce processus morbide.
Quant à nous, nous étant trouvés sur un théâtre d'observation où ce genre de recherche était plus facile, ayant du reste l'esprit mis en éveil par les travaux de nos devanciers, nous avons pu assister au début du mal, voir des altérations moins graves en engendrer de plus graves, et
renouant alors par la pensée les divers anneaux de celte chaîne, en former un tout continu.
Mais notre tâche n'était pas encore finie ; il nous fallait comparer les ulcérations amenant le rétrécissement aux affections de même espèce ne l'amenant pas ; il fallait, avant tout, bien distinguer les rétrécissements dits syphilitiques de ceux qui ne l'étaient pas; et c'est ainsi que noire cadre s'est trouvé singulièrement agrandi, et que, ne voulant étudier tout d'abord que les rétrécissements dits syphilitiques, nous avons été amenés à nous occuper, et des ulcérations anales et des rétrécissements du rectum en général.
Nous donnons ici les ulcérations anales ; les rétrécissements du rectum paraîtront plus tard.