‹ Étude clinique sur les ulcérations analesChapitre 2 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les ulcérations anales ont été signalées par les anciens. Celse et Galien parlent des rhagades. Les satiriques latins Martial et Juvénal y font allusion dans plusieurs de leurs ouvrages, à propos des vices romains. Paul d'Egine en donne quelques linéaments de description sous le nom de u Ulceraliones sedis » et de « Inflammaliones ani et exuberanliœ. »

Albucasis, cité par Boyer, parle d'une maladie connue sous le nom de fissure à l'anus; il ne la décrit pas, mais il conseille comme traitement a de gratter ces fissures avec l'ongle et l'instrument tranchant, jusqu'à ce qu'elles se gonflent et s'excorient; il ajoute que par ce moyen et la grâce de Dieu, la maladie cessera. »

Quatre siècles plus tard, on il'ëlîiit guère plus arancé :

« Khagftdies, dit Ambroise Paré (1), sont ulcères creuasséos, failes d'vn humeur acre et salé qui fait quelquefois stricture du col de la matrice... Ce mal ne vient seulement au col de la matrice, mais au siège et à l'extrémité du prépuce et la bouche. »

Mais, quand la syphilis fil invasion en llahe, l'allention des médecins fut appelée de ce côté. C'est ainsi que Benedetli, un des premiers observateurs de la maladie nouvelle, recommande de ne pas la confondre avec les « uîcerationes ani B des anciens. Brassavola, qui vivait à la même époque, écrit dans son Aphrodisiacus que le «morbus galUcm » i)eut se gagner par l'anus. C'était depuis l'antiquité, le premier pas fait en avant. Celte fois, la science ne s'arrêta plus.

Lieutaud, dans un article sur le ténesme(-2), dit que ce symptôme peut appartenir à différentes maladies de l'anus, et entre autres à a l'ulcération de l'anus ou à sa fistule. » Puis, dans un autre chapitre (3), il décrit tout au long les différentes affections de l'anus. — Dionis, dans son Cours d'opération., J. L. Petit, dans ses Œuvres chirurgicales, continuent les progrès commencés. Mais c'est aux chirurgiens du commencement de ce siècle, aux Desault, aux Lisfranc, aux Cullerier, aux Boyer (4.) que revient l'honneur d'avoir fait le jour sur cette importante question de pathologie.

Depuis, il a été fait de nombreux travaux qu'il serait trop

(H Ambroise Paré, ëdit. Malgaigne, tome I, page 1700.

Çl) Lieutaud, Précis de médecine pratique, tome I.page 489.

(3) Idem, tome II, page 271.

(4) Desault, Œuv. chirurg., 1798 ; Lisfranc, Clin chirurg., 1842; Boyer, Traité des mal . chirurg., 18]4-22.

long d'énumérer ici. (Ou en trouvera la mention à rarlicle Bibliographie.)

Cependant, il est à remarquer que la plupart ont trait à la fissure spasmodique et névralgique de l'anus. — Huguier (1) nous semble être le premier qui soit sorti de cette voie étroite en décrivant Testhiomène de la région vulvoanale (1849). Curling (2) deux ans plus tard découvre une nouvelle espèce d'ulcération anale qu'il appelle « chronic ulcération of the rectum. » Gosselin (3) parle des chancres de l'anus dans son mémoire sur les rétrécissements syphilitiques du rectum. Desprès (4) a publié dans ces derniers temps, (1868) une étude sur des ulcérations qu'il regarde comme des chancres phagédéniques du rectum. Citons enfin les articles « Anus » dans le Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales et dans celui de Médecine et de Chirurgie pratiques.

El maintenant, nous venons continuer le mouvement d'analyse commencé, et appeler l'attention des observateurs sur quelques espèces d'ulcérations encore inconnues ou tout au moins peu étudiées.

(1) Huguier. Mémoires. Académie de médecine, 1849,

(2) Curling, Diseases of the rectum, 2e édit. London, 1864.

(3) Gosselin. Archives de médecine, 1864.

(4) Desprès. id., 1868.

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