CHAPITRE IV
Parallèle entre la symphyséotomie et l'opération césarienne conservatrice.
Nous venons d'étudier dans les deux chapitres précédents, les résultats fournis par la symphyséotomie et l'opération césarienne conservatrice. Nous avons connaissance de la mortalité maternelle et de la mortalité infantile qu'elles fournissent. Nous allons donc pouvoir maintenant, en nous appuyant sur les statistiques, essayer de déterminer laquelle des deux opérations doit avoir la préférence de tout accoucheur impartial.
Nous allons nous placer successivement sur le terrain :
Le De la survie des enfants ;
2° De la survie des mères.
En nous plaçant d’abord à un point de vue général, nous énoncerons cette proposition : que les intérêts de l'enfant sont tout aussi sacrés que ceux de la mère. N'y a-t-1l pas tout avantage à sauver l'enfant pour sauver la mére ? Ou doit-on laisser disparaitre une existence fragile pour conserver une existence plus solide ?
Evidemment l'opération mutilatrice sur un enfant
vivant est toujours une intervention de pénible nécessité. Il est du devoir de tout accoucheur d'éviter ce que M, Pivarp a très bien appelé un « fœticide thérapeutique. » Dans le cas où une femme se présente avec une grossesse à terme, le médecin doit prévoir, par un examen attentif, ce qui pourra se passer au moment de l'accouchement. A lui alors, après avoir jugé en connaissance de cause, de décider l’opération qui, tout en ne compromettant pas la vie de l'enfant, ne fera pas courir de trop grands dangers à la mère.
A ce point de vue, il nous semble que l'opération césarienne doit avoir la préférence de l’accoucheur. La mortalité infantile dans la symphyséotomie est de 16,45 °/, le triple de la mortalité infantile fournie par la césarienne qui ne donne que 5,1 °/, de mortalité.
Cela tient à ce que, par l'opération césarienne, on peut créer à l'enfant à travers l’utérus une voie artificielle aussi grande que l'on voudra pour que cet enfant soit extrait sans aucun traumatisme.
Il n’en est pas de même pour la symphyséotomie, En effet, lorsque la section a été faite, c’est-à-dire lorsque l'obstacle a été levé, du moins partiellement, l'enfant doit encore trouver une voie étroite avant d'être extrait complètement. Le bassin seul n’est pas rétréci, les parties molles également ont dans une certaine mesure été arrêtées dans leur développement. Le défaut de souplesse du vagin, du périnée, de la vulve et des tissus pelviens continue en effet à entretenir la dystocie après la section du bassin, et fait perdre à la symphyséotomie la plus grande partie
de ses avantages. D'ailleurs ces tissus insuflisamment