INTRODUCTION
Depuis 1777, moment où BAUDELOGQUE combattait éner-
giquement, devant l’Académie de médecine, l’opération nouvelle inventée par Sicauzr, la question des avantages respectifs et des indications de la symphyséotomie et de l'opération césarienne conservatrice est encore à l’ordre du jour. On a discuté à perte de vue; on a fourni de nombreux arguments pour ou contre : en réalité, on a le plus souvent fait œuvre de parti pris.
Nous n'avons pas la prétention, dans ce travail, de poser d’un seul coup la solution d’un problème en suspens depuis plus d’un siècle et pour lequel tant de nos maitres ont combattu. Notre but est plus modeste. Nous avons voulu seulement, en consultant les statistiques de symphyséotomieet d’opéretion césarienne, en comparant les résultats que ces opérations ont donnés et pour les mères et pour les enfants, en montrant leurs diflicultés et leurs suites opératoires, essayer de faire faire un pas à cette question :
En présence d’une femme à terme, avec enfant vivant, et ayant un rétrécissement du bassin,
Dee ne
avec diamètres conjugués inférieurs à 80nn, à laquelle des deux opérations, césarienne ou symphyséotomie, aura-t-on recours ? Laquelle des deux sera opération de choix, laquelle sera opération de nécessité ?
Jusqu'à ces dernières années, et sous l'influence de MM. PINaRD, FARABEUF et VARNIER, la symphyséotomie avait seule bénéficié des recherches anatomiques précises. Sa technique opératoire avait été modifiée et renouvelée ; elle avait profité, dans une très large mesure, des progrès de l’antisepsie. Cela explique la préférence marquée dont elle jouissait, surtout si l’on considère que l'opération césarienne avait conservé la sombre renommée qu elle avait avant l'apparition de l’antisepsie.
Mais l'opération césarienne, à son tour, connaît une période nouvelle, dans laquelle elle profite des progrès de la chirurgie actuelle.
L'application rigoureuse de l’antisepsie et de l’asepsie, es modifications apportées à sa technique opératoire, les nouveaux moyens d’hémostase, l'emploi des sutures, etc., ont modifié du tout au tout son pronostic,
C’est dire que nous allons pouvoir comparer entre elles des opérations qui, toutes deux, ont profité d’une façon à peu près égale des s progrès modernes, et que, par suite, nous pourrons juger d’après les résultats qu'elles ont donnés.
Mais, avant de commencer cette étude, qu'il nous soit permis, puisque l'usage l'a si heureusement consacré,
d'adresser l expression de notre plus vive gratitude à tous
Ji Te,
les maitres qui nous ont guidé dans le cours de nos études avec tant de bienveillance.
Nous voulons tout d’abord rendre hommage à notre maître M. le docteur Boissarp, qui nous a fourni l’idée de ce travail, nous a prodigué ses savants conseils et a bien voulu que nous mettions à profit les observations recueillies soit par nos camarades d’externat, soit par nous-même, dans son service si recherché de la Maternité de l’hôpital Tenon. C’est dans ce service si estimé des malades et des élèves que nous terminons, non sans regret, notre externat et nos études médicales officielles ; c’est au meilleur de nos maîtres, M. le docteur BoïssarD, que nous sommes redevable de nos solides connaissances en obstétrique ; son précieux enseignement au cours des consultations de la Maternité de l'hôpital Tenon, nous fera garder pour ce maître une inaltérable reconnaissance.
Nous devons également des remerciements aux savants maîtres dans lé serviee desquels nous avons accompli nos années de stage et d’externat :
Auprès de M. le professeur agrégé Scuwarrz, chirurgien de l’hôpital Cochin, nous avons trouvé un enseignement particulièrement précieux au début de nos études médicales.
Nous avons fait une année de stage dans le service de M. le professeur agrégé CHAUFFARD, médecin de l'hôpital Cochin; c’est grâce à ses excellentes leçons au lit des malades que nous avons appris la elinique interne. Qu'il veuille bien recevoir ici l'assurance de notre profonde reconnaissance. |
Nous avons eu comme maître dans notre première
année d’externat M. le docteur Aup’nour, médecin de l'Hôtel-Dieu ; il s’est surtout appliqué à nous inculquer les leçons et les préceptes des anciens maitres de la médecine ; nous garderons de M. le docteur Aur'rour un reconnaissant souvenir,
M. le Professeur TERRIER nous a fait l'honneur de nous prendre comme externe, Son enseignement a laissé sur nous une empreinte profonde : c’est à lui que nous devons d’avoir été initié aux secrets de l'asepsie : l'éducation chirurgicale que nous avons reçue de lui restera ineffaçable ; son dévouement envers les malades, la façon de les traiter avec la douceur et les égards que leur situation mérite, nous feront garder pour cet illustre maître un attachement respectueux et profond.
Nous ne pouvons oublier dans ces lignes de gratitude les noms de MM. Gosser, professeur agrégé, BANzET, chef de clinique chirurgicale, VEAU, prosecteur, BERNARD, Laroy, VINSONNEAU, internes, dont les conseils et l’amitié nous ont été si précieux.
Que M. Coupnerr, interne, reçolve ici tous nos remerciements pour les précieux conseils dont il nous à entourés pendant la rédaction de ce travail.
M. le professeur Bunix nous a fait l'honneur d'accepter la présidence de cette thèse : qu'il veuille bien agréer nos respectueux remerciements : c'est dans ses ouvrages que nous avons pris goût à lobstétrique : puisse ce travail en fournir quelque preuve.