‹ Étude comparative de la symphyséotomie et de l'opération cézarienne conservatriceChapitre 6 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Nous ne reprendrons pas l’histoire de l'opération césarienne dont les débuts remontent aux temps les plus reculés. Nous avons seulement l'intention de raconter les vicissitudes par lesquelles elle passa, ses périodes de faveur et de discrédit, depuis le jour où apparut la symphyséotomie.

La césarienne était en faveur avec LEVRET et SMELLIE, quand SiGauzr pratiqua pour la première fois en 1777 la symphyséotomie sur la femme Souchot. La Faculté de médecine combla d’éloges le jeune étudiant en chirurgie et pendant quelque temps ce fut une véritable période d’en-

gouement pour cette opération nouvelle, qui venait essayer

de détruire la « vieille » césarienne. Mais, sous l’influence

des insuccès et des désastres, la réaction ne tarda pas à se produire et BAUDELOCQUE, prenant en main la cause des césariens, entrait en lutte ouverte avec les symphysiens. Les coups portés de part et d'autre furent terribles, les discussions furent des plus violentes. La brutalité du langage

et la passion devinrentle caractère habituel des polémiques.

tire

C'est le moment où Sacomse dans « la Lucine française » couvre d'insultes Baudelocque: « Baudelocque, vous dis-je, il est des dieux ! le sang de la femme Marville rejaillira sur vous : vous êtes l’auteur de sa mort, de la mort de la femme Vasseur, de la mort de la femme Bourgeois, de la mort de toutes les femmes tombées depuis l'an II sous le couteau césarien.… C’est vous qui avez dicté l'arrêt qui déshonore la société de médecine, c'est vous qui vous opposez au bien que je peux faire, et que je ferai malgré vous. L'erreur n’a qu’un temps, la vérité est éternelle : elle va sortir du nuage ; Son triomphe est certain. »

Le ton de la polémique, on le voit, n’était pas des plus courtois. Les discussions ne devaient cesser qu'à la chute d'un des combattants. Ce fut la symphyséotomie qui succomba. BAUDELOGQUE, N&GELE et bien d’autres étaient venus apporter à la césarienne l’autorité de leur nom et de leur expérience. BAUDELOGQUE en effet citait des statistiques où sur 41 femmes opérées il y eut 14 insuccès pour les femmes, et 28 insuccès pour les enfants dont 13 seulement sont venus vivants.

La césarienne recouvrait donc ses anciens droits, mais pour peu de temps ; car en 1829 apparaissait une nouvelle méthode, la céphalotripsie, découverte par BAUDELOCQUE neveu, et qui de nos jours, mais sous un nom différent, a encore ses indications. La mortalité fournie par la césarienne était en effet elfrayante, à cette époque où l’on ne connaissait pas l’antisepsie : et Guéniot, publiant en 1866 les diverses statistiques parues jusqu'alors, arrivait à une mortalité moyenne de 60 pour 100. Aussi les accou-

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