‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 32 sur 96 · I. — Division et description · texte numérisé non relu

I. — Division et description

Sur les feuilles de La Roche-sur-Yon, de Fontenay-le-Comte et de Niort, MM. Wallerant et Welsch ont signalé des porphyroïdes, dont les gisements situés en ligne droite s'étendent sur une soixantaine de kilomètres depuis Saint- Vincent-Sterlange au Nord-Ouest jusque dans les environs de Champdeniers au Sud-Est (").

Ce sont des roches schisteuses, fibrillaires, de couleur claire généralement dans les tons roses ou gris verdâtre, où l’on distingue à l'œil nu des cristaux de quartz et de feldspaths. Ces cristaux ont, en général, de 1°" à 3wn de section, jamais plus. Les quartz semblent étirés dans le sens de la schistosité de la roche.

Un rapide examen microscopique met en évidence les efforts dynamiques subis par la roche : les quartz sont

(1) Ces porphyroïdes constituent une partie du granite signalé par Elie de Baumont à Puybelliard, près de Chantonnay, et à La Châtaigneraie (Explic. de la Carte de France, 1843).

brisés et présentent des extinctions onduleuses ; les feldspaths sont tronçonnés.

D'après l'examen des différents échantillons qui m’ontété communiqués par M. Wallerant, par M. Welsch, ou que j'ai pu recueillir moi-même, j'ai été conduit à distinguer trois types :

1° Type de Saint-Vincent-Puybelliard. — On y trouve des phénocristaux de quartz très corrodés. Les individus feldspathiques sont constitnés par de l’albite, de cette albite à facies spécial qui est une pseudomorphose du feldspath potassique et sur laquelle je reviendrai en détail. Exceptionnellement l’albitisation du feldspath potassique est incomplète. À l'œil nu, il est impossible de préciser si le feldspath est ou n’est pas albitisé ; il a toujours la même couleur rosée, et les macles de l’albite y sont trop fines pour qu'on puisse les apercevoir autrement qu’au microscope.

La pâte de ce type offre en lumière polarisée l'aspect d’une grisaille ; à de forts grossissements on y reconnaît une structure très finement grenue, mais elle est surtout caractéristique par ce fait qu’elle contient par endroit des plages de sphérolites à croix noire. Parfois ces sphérolites bordent des cavités dont la section a la forme d’une boutonnière ; ce sont des litophyses. Intérieurement celles-ci sont remplies par de la séricite. Il y a souvent dans ce cas continuité entre le sphérolite et la pâte, c'est-à-dire qu'à partir d’un point on observe une orientation dans les éléments de la pâte qui s'étirent, puis divergent de façon à dessiner un secteur de Sphérolite. Dans certains cas, le sphérolite homogène en sa région centrale se résout à sa périphérie en un mélange de filaments de réfringences différentes et rappelle alors certaines micropegmatites très fines. La pâte étant d'ailleurs de réfringence intermédiaire entre le quartz et le feldspath, nous

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sommes conduits à la considérer comme un mélange de quartz et de feldspath.

Il n’y a pas de rapport entre la répartition des phénocristaux et la position des sphérolites.

Les actions mécaniques subies par la roche sont mises en évidence par l’écrasement et la déformation des sphérolites.

2° Type du Busseau. — Au Busseau, l’albitisation des feldspaths potassiques est faible. On trouve à côté de ceux-ci des cristaux d’albite automorphe (albite libre), mais plus de sphérolites. On observe encore des lithophyses, mais elles sont bordées de cristaux d’albite.

3° Type de La Châtaigneraie. — L’albitisation est toujours très forte ; on trouve aussi un peu d’albite libre. Il n'y a plus de lithophyses.

Dans tous ces types on trouve de la séricite. Cette séricite est répartie dans la pâte à l’état de fines lamelles généralement disposées parallèlement à la schistosité de la roche. En lames minces la séricite est légèrement verdâtre et faiblement polychroïque. Quand elle est abondante, elle donne à la roche une couleur verte caractéristique, mais souvent, par suite de son inégale répartition, les échantillons sont composés de zones alternantes vertes et roses.

La séricite dont il est ici question est postérieure à l’époque où les phénomènes dynamiques se sont produits. On peut, en effet, constater qu'ils ne l'ont pas atteinte et qu’elle affectionne de cristalliser entre les morceaux des phénocristaux tronconnés.

Cependant il est des cas où l’on observe des traînées de séricite suivant les ondulations et flexions des plans de schistosité de l'échantillon considéré. On ne peut alors dis-

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tinguer aucune lamelle isolée de séricite, mais seulement une plage sériciteuse dont la bérifringence et par conséquent l'orientation est variable d'un point à un autre; de plus, alors que la séricite qu’on trouve à l’état de lamelles isolées est brillante et parfaitement pure, toute la traînée est trouble et ponctuée de petites inclusions assimilables à des fragments de rutile. Il est très probable que ces traînées sériciteuses sont d'anciennes biotites complètement transformées par voie d’altération et qui naturellement ont eu à souffrir des actions mécaniques subies par la roche.

Tous les échantillons considérés sont à peu près identiques et ont toujours possédé leur structure porphyrique ; comme de plus ils sont constitués par les éléments des roches granitiques, ce sont des microgranites.

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