I. — Porphyroïdes de Gouarec (Bretagne
On a signalé en France bien d’autres porphyroïdes. Toutes peuvent être rattachées à l’un destypes précédents. M. Barrois en a pour sa part décrit un grand nombre en Bretagne, parmi lesquelles l’une des plus intéressantes est la porphyroïde de Gouarec.
Autrefois, M. Barrois avait émis l'idée que cette porphyroïde était une roche schisteuse modifiée par injection d'éléments du granite (1). Depuis, il a fait remarquer que cette roche était interstratifiée à la façon d’une coulée de rhyolite (?).
Et c’est bien en effet une rhyolite qui s'est épanchée au début du Carbonifère.
Comme la blaviérite du bassin de Laval, la porphyroïde de Gouzrec est située à la limite du Dévonien et du Carbonifère de la région.
Les gisements sont trop restreints pour qu’on puisse tirer des conclusions de la situation même de la roche : on constate seulement qu’elle est en couches interstratifiées, mais nulle part on n’a trouvé jusqu'ici des produits de projection ou des tufs en rapport avec elle qui permettent de conclure immédiatement à son origine volcanique. On n’a donc pour seul guide que l'examen minéralogique.
Les échantillons qu'on peut recueillir sont généralement fort altérés. Ils sont gris ou jaunâtres, parfois de toucher
(') Ann. de la Soc. géol. du Nord, t. XII, r884. (*) Livret-guide des excursions du Congrès de 1900 : Bretagne.
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doux et d'éclat lustré. Ils contiennent des cristaux, visibles à l'œil nu, de quartz et de feldspaths roses. La roche est très schisteuse ; elle n’est pas très sériciteuse.
On reconnaît au microscope que les feldspaths sont des plagioclases acides. Les quartz sont en morceaux brisés et attestent que la roche a subi des efforts mécaniques.
La pâte est très siliceuse et composée de quartz et de produits chloriteux ct sériciteux. Elle est riche en tourmaline et en apatite.
La tourmaline se trouve souvent en grande abondance dans des noyaux de la roche. Ce fait est à rapprocher de ce que nous avons déjà observé dans la blaviérite de la Mayenne. Ici, la forme de ces noyaux donne à penser qu'ils sont le résultat d’une transformation pneumatolitique d’un feldspath.
Dans certains échantillons on trouve encore au sein de la pâte des sphérolites atteignant parfois 1"® de diamètre. Ces sphérolites sont feldspathiques et les radioles qui les constituent sont allongées négativement. Bien entendu, ils n’ont pas échappé aux actions mécaniques qui se sont fait sentir sur la masse de la roche, et sont souvent aplatis et brisés. Ces actions mécaniques sont encore mises en évidence par l’étirement d'anciennes biotites actuellement transformées en produits chloriteux.
Les sphérolites dont nous venons de parler sont tout à fait semblables à ceux des pyromérides.
La schistosité de cette porphyroïde est donc secondaire et, comme nous l'avons déjà constaté, elle à été favorisée par des actions mécaniques. Celles-ci se sont fait sentir sur une rhyolite, un porphyre pétrosiliceux voisin d'un pyroméride, comme on aurait dit autrefois, actuellement dévitrifiée.
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