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III. — Origine de la séricite

La séricite est un produit de décomposition des feldspaths. Ce fait est connu depuis longtemps et les différents auteurs qui l’ont signalé ont cherché à l'expliquer chimiquement,.

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Clarke, dans son Ouvrage The data of Geochenustry, l'un des derniers en date, considère que la séricite dérive communément de l'orthose et du microcline et aussi des plagioclases.

La transformation de l’orthose se ferait, d’après lui, suivant l’une des deux réactions :

3 K ÂISi8 08 + H20 = KH2ABSi5 012 + K2Si03 + 5Si02 ou bien 3KAISi8 08 + H20 + CO? = KH2ABSi3 012 + K2C03 + 6Si02

Dans les deux cas, il y aurait élimination de potasse.

Les anciens auteurs ignoraient ce fait, aujourd’hui admis, de la transformation de l’orthose en séricite :

Delafosse signale que, sous l’action lente et continuelle de l'eau et de C0}, l’orthose se décompose en matière argileuse appelée kaolin, perdant ainsi toute sa potasse.

Des Cloizeaux fait une remarque analogue. Il juge que, de tous les feldspaths, l’orthose est celui qui se décompose le plus facilement sous l'influence de l’eau et de CO*.

Quant à l’albite, elle lui paraît beaucoup moins susceptible de s’altérer ; mais cependant, dit-il, elle éprouve parfois une kaolinisation semblable à celle de l’orthose (‘).

Les auteurs actuels admettent, en général, la possibilité de la transformation des feldspaths en séricite ou en kaolin par voie d’altération.

Rosenbuch considère que l’altération de l’orthose en muscovite (séricite) ou en kaolin ne se distingue pas toujours microscopiquement avec certitude. Dans les deux cas, dit-il, il se forme, dans les fissures du feldspath, un agrégat en fines tablettes d'une substance qui, dans le cas de la musco-

(!) Manuel de Minéralogie, 1862.

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vite, est très biréfringente et l’est peu dans le cas du kaolin (1).

Pour ce savant, la transformation de l’albite est rare; mais, quand elle a lieu, ilse produit, comme dans l’orthose, soil du mica incolore, soit du kaolin.

L'observation d’un grand nombre d'échantillons de roches altérées m'a amené à tirer des conclusions qui se sont trouvées en contradiction avec une partie des faits énoncés plus haut.

Considérons le cas d’une roche d’altération moyenne, c'est-à-dire celui d’une roche dans laquelle les feldspaths potassiques et les feldspaths sodiques sont bien déterminables à l'œil nu (généralement les premiers ont une teinte rosée, les seconds sont verdâtres). La séricite apparaît à l’intérieur du feldspath sodique ; elle se produit en n'importe quel lieu de ce feldspath, sous forme de lamelles isolées les unes des autres ou réunies en groupes. Le feldspath potassique ne contient aucune lamelle de séricite. S'il renferme des cristaux d’albite, la séricite est localisée dans l'albite, mais le feldspath du pourtour en est exempt. De même, les veinules d’albite des cristaux de microcline de la plupart des granites deviennent sériciteuses alors que le microcline ne l’est pas.

Quand de l’orthose forme avec de l’albite de très fines microperthites, il pourra se faire, bien que la séricite se produise dans l’albite, que l’orthose paraisse elle-même mouchetée de séricite ; mais il est rare qu'en d’autres points de la roche on ne puisse mettre en évidence l'association minéralogique qui explique cette anomalie.

Dans le cas d’une roche très altérée, on trouve encore des lamelles de séricite à l’intérieur des cristaux de feldspaths sodiques, mais on constate en plus que la roche est traversée

(') Mikroskopische Physiographie, Band, I, zweite Hälfte, p. 307.

par des canaux plus ou moins larges remplis de séricite.

Ces canaux traversent l’orthose et le microcline aussi bien que les cristaux de quartz, et la séricite joue, dans ce cas, par rapport aux feldspaths potassiques, le même rôle qu’elle joue par rapport aux quartz. Ces canaux pourront absorber complètement la place du quartz, ils pourront absorber de la même façon la place du feldspath potassique : l'édifice cristallin est dissous et à sa place vient cristalliser autre chose qui, dans le cas étudié, est de la séricite.

Les îlots d’orthose et de microcline, isolés par ces canaux sériciteux, ne contiennent eux-mêmes aucune lamelle de séricite, il arrive parfois que de la séricite se loge dans leurs plans de clivage, mais on reconnaîtra toujours dans les sections convenables la disposition en réseau des lamelles de séricite; les rangées de ce réseau sont les canaux précédents qui ont naturellement frayé leur chemin dans les directions de moindre résistance du cristal.

Si la roche est extrêmement altérée les canaux pourront prendre une ampleur telle qu’elle paraîtra complètement sériciteuse.

De tous ces faits on peut conclure :

1° Que la séricite est avant tout un produit de transformation des feldspaths sodiques ;

2° Qu'elle peut se produire en dehors de ceux-ci et prendre la place d'autre chose qui a été éliminé dans la roche ;

3 Qu'elle n’est pas un produit de transformation des feldspaths potassiques.

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