‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 46 sur 96 · IV. — Réponse à quelques objections · texte numérisé non relu

IV. — Réponse à quelques objections

Le dernier point de nos conclusions est en opposition avec les idées généralement admises. On peut objecter à ces conclusions :

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1° Que le mica blanc produit dans le feldspath sodique est un mica sodique ;

2° Que les orthoses ou microclines résistent plus aux altérations que les plagioclases et que leur transformation en séricite, plus longue à apparaître, finira nécessairement par se produire.

A priori, en effet, rien n'empêche d'admettre que le mica blanc, formé au sein des surfaces sodiques, soit un mica sodique, c'est-à-dire de la paragonite, la séricite ne pouvant pas en général se distinguer par ses caractères microscopiques de ce mica. Mais des analyses chimiques ont été faites sur des albites pures et sur leurs produits de décomposition dans les laboratoires de l'Université d'Upsal : une albite contenant 0,32 de K?0 et 11,50 de Na?0 fournit un produit de décomposition Contenant 10,18 pour 100 de K?0 et 3,19 pour 100 de Na?0. Il y a perte de soude et enrichissement en potasse. Le mica formé est donc bien un mica potassique (!).

D'autre part, on a pu voir dans un des Chapitres précédents, d’après les résultats de quelques dosages de potasse et de soude, que plus une roche en voie de décomposition perdait en soude plus elle gagnait en potasse, et constater que le nouveau minéral formé était un mica (séricite).

Il y a d’ailleurs un caractère assez précis, bien qu’empirique, qui permet de prévoir à l'œil nu le résultat de la transformation : c’est que la séricite est toujours plus ou moins verdâtre, tandis que la paragonite est blanche. Or on constate toujours que les albites verdissent en s’altérant.

(!) Ces analyses sont citées par Garl Benediks dans un article : Umrvandlung der Feldspaths in Sericit (Kaliglimmer), paru dans le Bulletin of the Geological Institution of the University of Upsala, t. VIL, 1904-1905, n° 13, 14. Benediks est frappé de la production de la séricite dans un minéral sodique, mais il admet que ce minéral puisse se produire aussi dans un feldspath potassique.

On peut donc conclure avec certitude que le mica blanc formé dans les plagioclases est bien de la séricite.

Il est incontestable que les feldspaths potassiques résistent plus à l’altération que les plagioclases. Il est cependant des cas où l’on peut observer côte à côte un plagioclase et un microcline altérés tous deux; par exemple, dans certains échantillons des microgranites de la vallée de la Meuse. On constate alors que le plagioclase, ici de l’albite, se charge de séricite, tandis que le microcline se trouble, devient opaque, se remplit de granulations iaunâtres et se charge de calcite, sans qu'il se produise de séricite à ses propres dépens ; et alors que dans les portions non sériciteuses d’un cristal d’albite tous les caractères optiques decelles-cisont conservés, le microcline les perd complètement dans ses parties altérées.

J'ai dit plus haut que, si la roche est extrêmement aitérée, elle peut être complètement sériciteuse ; mais de ce qu’il n’y a plus de feldspaths potassiques on ne peut conclure que ceux-ci ont été transformés en séricite, car, d'une part, il arrive que la séricite prend la place du quartz aussi bien que celle des feldspaths, et l’on ne peut pas plus penser à une transformation du feldspath qu’à une transformation du quartz, mais bien à une dissolution et à un remplacement subséquent de l’un et de l’autre, et d'autre part on peut trouver ‘des échantillons altérés où le feldspath potassique tombe complètement en poussière, réduit à l’état de poudre argileuse, bien qu'autour de lui il y ait abondance de séricite.

D'ailleurs, si la séricite est bien uniquement un produit de décomposition des feldspaths sodiques, on doit s'attendre à n’en point trouver dans les roches uniquement orthosiques, et c’est effectivement ce qu'on constate : par exemple, traversant le microgranite de Genis, en Corrèze, ou celui de La Châtaigneraie, en Vendée, on trouve des filons d’une aplite à

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