‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 48 sur 96 · ITS OR · texte numérisé non relu

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raux potassiques du voisinage sont l’orthose ou le microcline et la biotite.

Quand la biotite s’altère, son premier produit d’altération est une chlorite : la chlorite n’est pas, à proprement parler, un minéral potassique ; néanmoins, toutes les fois qu’on a fait une analyse complète d’une chlorite on y a décelé de la potasse, parfois plus de 1 pour 100. Nous ignorons complètement si dans les chlorites qui résultent de l’altération des biotites la potasse s’en va en totalité ou partiellement; néanmoins, on peut admettre qu’il est des cas où la potasse des biotites servira à l'édification de la séricite dans les feldspaths sodiques; en particulier, dans une roche uniquement composée d’albite et de biotite, comme c’est le cas de certains types de microgranites de la vallée de la Meuse, si l’albite est sériciteuse on ne pourra pas imaginer que la potasse vienne d’ailleurs que des biotites avoisinantes, qui sont précisément transformées en chlorite (). Mais, dans ce cas, la transformation en séricite est peu importante, ce qui s'explique, d’une part, par la faible teneur en potasse des biotites et, d'autre part, par la surabondance de l’albite.

On constate, au contraire, que dans une roche contenant de la biotite, des feldspaths potassiques et des feldspaths sodiques, la transformation en séricite de ces derniers est beaucoup plus forte. Or, dans ce cas, il est fréquent que les biotites ne soient pas altérées, c'est-à-dire qu’elles conservent tous leurs caractères de biotites. S'il en est ainsi, on ne peut trouver à la potasse de la séricite d'autre origine que le feld— spath potassique lui-même.

On peut d’ailleurs constater d’une façon générale que plus

(:) Il faut cependant, pour qu’on puisse aflirmer le fait, que la stratification soit telle que des sels de potasse venant d’ailleurs n'aient pas pu circuler dans les parties de la roche considérée.

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les feldspaths potassiques sont altérés, plus la transformation en séricite des feldspaths sodiques est intense.

Nous avons vu que, dans certains cas, un échantillon de roche très sériciteuse est plus riche en potasse que la partie de la même roche non altérée : on peut en conclure immédiatement que la potasse qui sert à la production de la séricite ne vient pas toujours du voisinage immédiat des parties sériciteuses. Cela explique d'autre part pourquoi l’on peut observer des plagioclases très sériciteux à côté d'orthoses intactes. Il faut admettre que la potasse vient, en grande partie, d’autres régions du massif où l’on ne devra plus trouver ni plagioclases ni orthoses.

Ces régions ayant dû se trouver dans les parties hautes des gisements ont élé les premières soumises à la désagrégation par les agents atmosphériques, et l’on conçoit qu’elles n’existent plus que rarement aujourd’hui. Néanmoins, on les retrouve parfois sous forme d’amas siliceux, où l’on ne distingue plus que le squelette des cristaux de feldspaths (1).

Les sels de potasse qui circulent dans la roche et motivent la formation de la séricite peuvent être soit un résidu de kaolinisation des feldspaths potassiques, soit un produit de dissolution de ceux-ci.

On peut penser que le second cas doit être le plus favorable à la production de la séricite, car, avec la potasse qui sort de l'édifice chimique du feldspath potassique, sort aussi toute l'alumine, tandis que s’il y a kaolinisation l’alumine du feldspath potassique reste fixée à l'état de kaolin; or, nous avons vu que la séricite contenait trois fois plus d'alumine que les

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() Gette silice, dans los cas que nous avons observés, est fournie par des bancs gréseux qui surmontent la roche en place.

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feldspaths alcalins pour le même nombre de molécules d’alcalis ; il faut, par conséquent, que de l’alumine cireule dansla roche et qu’elle circule le plus abondamment possible, ce qui ne peut être réalisé que si l’orthose ou le microcline se dissout dans la totalité de ses éléments.

Et précisément il est intéressant de constater que dans les roches en voie de devenir sériciteuses, soit l’orthose, soit le microcline est souvent chargé de calcite; cette calcite n’a pu venir cristalliser au sein de ces feldspaths qu’en en chassant tous les éléments.

Quand le feldspath potassique se trouble, se charge de granulations jaunâtres et perd ses caractères optiques, il est impossible de se prononcer entre une kaolinisation ou une dissolution.

Ces remarques sur la décomposition des feldspaths sont d'accord avec les idées récemment émises en géologie agricole.

Quoi qu'il en soit, la production de la séricite exige que les éléments de l’orthose se trouvent en présence des éléments de l’albite : la soude est éliminée et la potasse reste fixée.

La séricite ne cristallise pas nécessairement à la place même où a lieu la réaction; elle peut être entraînée et venir cristalliser en dehors de l’albite, et c’est pourquoi on la trouve dans les fissures des quartz et dans les druses ou les cassures des roches.

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