‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 8 sur 96 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les géologues ont appelé porphyroïides des roches schisteuses à texture porphyrique contenant des cristaux de quartz et de feldspath.

Ces roches sont le plus souvent interstratifiées dans des massifs de schistes.

Par la structure et la composition de leur pâte, les porphyroïdes se rapprochent des terrains sédimentaires ; par la présence des éléments cristallisés qu’elles contiennent, elles ont des affinités avec les terrains éruptifs. Aussi bien, les différents observaleurs, suivant les caractères qui les frappèrent, ont fait des porphyroïdes les uns des roches sédimentaires, d’autres des roches éruptives ; quelques-uns ont indiqué la possibilité de leur origine métamorphique.

Toutes ces roches d’ailleurs ont donné lieu à de très lon-

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gues discussions. Sur les plus célèbres d’entre elles, celles qui du moins constituent le type des porphyroïdes françaises, les porphyres de la vallée de la Meuse, la sagacité individuelle ou collective des géologues s'est émoussée sans que leurs controverses les aient amenés en fin de compte à une entente complète.

C'est que à première vue toutes les porphyroïdes ont des caractères d'étroite parenté. Elles ont toujours la même structure, une Composition minéralogique très analogue, presque toujours le même mode de gisement. Aussi ne peut-on s'étonner que les preiniers observateurs aient été tentés de les réunir en une classe spéciale de roche et de chercher une explication commune de leur origine.

S'il existe actuellement une question des porphyroïdes, c’est probablement parce que la question s’est trouvée posée aux débuts mêmes des recherches pétrographiques, alors que l'étude des caractères extérieurs n’était guère que le seul mode d'investigation à la disposition des pétrographes. Aujourd’hui la facilité de la détermination au microscope permettant la différenciation rapide des échantillons, lés caractères extérieurs paraissent secondaires ou tout au moins ne sont plus considérés comme un élément suffisant de classification. C’est maintenant un fait admis que des roches d'origines différentes peuvent offrir le mème aspect, et c'est précisément cette constatation, si elle avait été faite autrefois, qui eût empêché l’éclosion de la question.

D'un autre côté, la localisation des études des observateurs et leurs idées théoriques différentes ont contribué à créer dans la classification des porphyroïdes une véritable confusion.

Il y a toujours eu plusieurs courants d'opinion très marqués au sujet de l’origine des porphyroïdes ; et maintenant encore toutes les opinions émises ont leurs partisans.

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En Allemagne, où la question a été traitée il y a longtemps léjà avec une certaine ampleur par Lossen, qui voyait dans les porphyroïdes des roches métamorphiques, on considère généralement maintenant avec Rosenbuch que ce sont le plus souvent des roches éruptives de la famille des porphyres quartzifères, laves ou tufs modifiés par actions mécaniques.

En France, beaucoup d’observateurs tiennent pour l'origine métamorphique : les porphyroïdes étant, à leur avis, le résultat du métamorphisme produit sur des schistes par des venues profondes de microgranites (de granophyres, comme on dit parfois). Le dernier terme de ces roches métamorphisées serait la blaviérite.

Quelques autres observateurs ont, au contraire, des idées voisines de celles de l’école allemande.

Enfin, pour beaucoup de géologues de notre époque, la question porphyroïde ne se pose pas. Des roches qu’on aurait, il y a quelque temps, classées comme porphyroïdes sont immédiatement rapportées aux types dont elles dérivent.

Toutes les roches dont il est question dans ce travail sont depuis longtemps connues; presque toutes ont été décrites, au moins succinctement, soit dans les Notices explicatives des Cartes géologiques sur lesquelles elles sont signalées, soit dans des études d'ordre stratigraphique relatives à leur pays d’origine.

Je n'ai donc pas cherché de nouvelles porphyroïdes; je me suis borné à étudier les plus typiques d’entre elles, dans des régions différentes, uniquement en France cependant.

Déterminer avec autant de précision et de simplicité que possible leurs caractères d'identité, exposer en quoi elles diffèrent, conclure sur leur origine d’après l'examen pétrographique et l'observation géologique, rechercher la cause de leur similitude extérieure, tel à été tout d'abord mon but.

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La première Partie de ce travail étant avant tout consacrée au caractère porphyroïde des roches étudiées, je me suis occupé dans la seconde Partie de l'étude pétrographique et chimique de quelques-uns des types considérés, laissant de côté toute question de modifications secondaires.

Mon attention ayant surtout été attirée par un phénomène spécial commun à beaucoup de porphyroïdes, mais qui ne résulte pas cependant de ce caractère, j’ai cru devoir diviser ainsi mon travail. Bien qu’il y perde en unité, cela m'a facilité l'essai synthétique que j'ai tenté de faire.

Outre l’idée même de ce sujet d'étude, je dois à M. Wallerant la possibilité d'avoir pu l'entreprendre. Une très grande liberté de travail jointe à une direction éclairée toujours discrètement donnée sont d’inappréciables avantages dont j'ai pu, grâce à lui, profiter pendant 4 ans déjà au Laboratoire de Minéralogie de la Sorbonne. Qu'il me permette de lui en exprimer ici toute ma respectueuse gratitude.

Sur bien des points, M. Lacroix a facilité ma tâche en mettant à ma disposition, avec son inlassable complaisance, les ressources de son Laboratoire du Muséum, ce dont je ne saurais assez le remercier.

M. Michel m'a obligeamment guidé dans mes premiers essais d'analyse chimique des roches.

M. Barroiïs et M. Welsch ont bien voulu venir l’un et l’autre à mon aide en me communiquant d'intéressants échantillons.

Enfin, je prie M. et Me OEhlert, qui m'ont fait visiter euxmêmes les principaux affleurements de la blaviérite de la Mayenne et qui savent joindre tant de connaissances approfondies à une si large hospitalité, d’agréer l'expression de ma bien vive reconnaissance.

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