‹ Étude comparative de quelques porphyroïdes françaisesChapitre 86 sur 96 · III. — Nature de la roche mère de l’enclave · texte numérisé non relu

III. — Nature de la roche mère de l’enclave

Cette roche est assez modifiée par le microganite pour qu'on n’y retrouve aucun des éléments qui auraient dû s’individualiser en dehors de l’action de celui-ci; mais l'étude chimique éclaire singulièrement la question.

Je donne ci-après trois analyses correspondant aux trois types précédemment décrits et en plus l'analyse de la roche doléritique à albite qu’on trouve au contact de la diabase et du microgranite des Dames de Meuse, et dont l'aspect est identique à celui du deuxième type.

au feu. SiO0?, Al203%. Fe?03%, FeO. CaO. MgO. K?0. Na°0O. AVPE RO SPAM 0-21 ,8 0 6:02 MO CEE 1261480

0. SIype A 0 AT, | 19,6,7.9,0 » 12022 10:26 5820 CS ET DC CR OO TO 4 7 0 » 1,0%, 1j0N 49,02 More PROS 2010 200 > 1,4 F4:098 0 67

a — Enclave dans la roche analysée en D (type à albitisation très faible). Ravin des Dames de Meuse, gîte 13.

b — Enclave dans la roche analysée en K (type à albitisation forte), gîte 13.

c—Enclave dans la roche analysée en A (roche grise à muscovite), Mairus, gîte 3.

d— Roche doléritique au contact du microgranite et de la diabase, gîte 13.

Ce qui frappe avant tout, c'est la basicité du premier type et sa forte teneur en magnésie et en fer.

On sait qu’au point de vue de la composition chimique, la biotite peut se comprendre comme la combinaison d’un orthosilicate tel que l’olivine et d’un élément feldspathique.

D'autre part, une expérience célèbre de Fouqué et Michel Lévy a montré que la fusion d’un mélange de biotite et de feldspath en certaines proportions fournissait un verre dans lequel, par recuit, peut cristalliser de l’olivine.

De sorte que nous sommes conduits à cette idée qu'une enclave telle que & était primitivement une roche à olivine. Le magma du microgranite, réagissant sur cette roche, lPaurait complètement transformée et par l'introduction de quantités variables d’alcalis et de silice aurait fourni les types tels que à, b, c, d.

On peut remarquer l'importance de la perte au feu qui résulte de lateneur en eau des biotites. Cette eau, qui estun des facteurs du métamorphisme de l’enclave, réagit dans

certains cas sur le microcline primitivement formé de facon à le transformer en muscovite.

Il existe un certain nombre de roches dont la composition chimique a quelques rapports avec la roche mère de ces enclaves. J’en donne ci-dessous trois analyses empruntées au Petrographisches Pracktikum, de Reinisch :

SiO02. AlO5. Fe’0. FeO. Ca0. MgO. K?0. NaO. H°0. Total. 49,40 13,80 » ut Oh) 10,07) » 4,38 99,10 42,80 » » 9,40 » A7 AS SR) » 057 T00 F0 DO OSRO C0 22 IS NOT ULO, O0 200 170 28001

1° Sordawalite (Sordawala sur le lac Ladoga) — Verre de diabase à olivine ;

2° Dunite (Dun Mountains, Me Zelande);

3° Péridotite à mica (Kaltes Tal, près Harzburg).

Ce qui rend nécessairement difficile l'assimilation de ces roches aux enclaves des microgranites ardennais, c'est l'absence complète de l’olivine dans celles-ci.

Il faudrait admettre que la digestion des enclaves a été telle que pas un grain d'olivine n’y a échappé; mais il n’est pas nécessaire de supposer que le magma ait réagi sur de l’olivine cristallisée. Il suffit que l’enclave ait eu la composition chimique de l’olivine. Elle pouvait se trouver à un état — de fusion complète quand le microgranite a commencé à la transformer, la différence de viscosité des deux milieux suffisant à empêcher leur mélange, de même qu'il n’y à pas eu mélange de la diabase non consolidée et du microgranite des Dames de Meuse ou des forges de Mairus.

Il est très difficile de dire d’où viennent les roches ayant produit ces enclaves : suivant les idées théoriques qu’on peut avoir sur l’origine des magmas éruptifs, on les considérera soit comme issues d'un magma différent de celui qui a produit le microgranite, soit comme un pôle de différenciation d'un magma dont le microgranite serait l’autre pôle.

Mais, quelque idée qu’on puisse avoir, il est intéressant de noter la grande parenté de ces enclaves avec les lamprophyres, et, s’il fallait leur donner une place dans une classification, nous les considérerions volontiers comme des lamprophyres non calciques.

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