II. — Place de ces microgranites dans la classification
Nous avons déjà dit qu’il y avait grande analogie entre nos microgranites et les kératophyres quartzifères des auteurs allemands.
Au point de vue minéralogique, les kératophyres contiennent toujours des phénocristaux d’albite.
Au point de vue chimique, ils sont alcalins et surtout riches en soude.
C’est Gümbel qui, le premier, a employé le nom de kératophyre pour une roche du Fichtelgebirge. Depuis, les kératophyres ont été définis d'une façon ou d’une autre, suivant les auteurs, mais toujours cette définition s’est appliquée à des roches qui possédaient les caractères que je viens d’indiquer.
Beaucoup de microgranites ardennais sont assez alcalins et particulièrement riches en soude, et à ce titre pourraient être considérés comme des kératophyres; mais d’autres microgranites tels que le microgranite de Genis (Corrèze) ne sont pas très alcalins et contiennent moins de soude que de
potasse; ils ont même leneur en alcalis que nombre de microgranites franchement calciques. Cependant leur composition minéralogique, en particulier la présence de l’albite et du microcline, la forme spéciale de celui-ci et sa possibilité d'être albitisée les rapprochent des microgranites ardennais.
De sorte qu'il m’apparaît que l’exemption de chaux de ces microgranites est un caractère beaucoup plus important que l’alcalinité de certains d’entre eux, et je suis par cela même amené à répudier cette classe des kératophyres allemands, incomplètement définie chimiquement, et à la remplacer par celle des microgranites non calciques, qui comprendra la plupart des kératophyres, mais aussi un grand nombre de porphyres quartzifères.
Les microgranites non calciques sont donc des microgranites à phénocristaux de feldspaths potassiques, presque toujours des microclines à un seul système de macle, et à phénocristaux d’albite, dont la teneur en chaux est à peu près nulle.